Les foires de Saint-Yrieix, années 50, 60

Les foires

La foire avait lieu et a toujours lieu le deuxième et quatrième vendredi du mois. La semaine où il n’y a pas de foire, il y a marché le samedi. J’ai connu la foire qui occupait toute la rue du marché, la place du marché, la rue montant au foirail, le foirail dont la partie basse où était le marché de agneaux et des cochons. La foire occupait aussi la place de la nation, où il y avait les ventes de vêtements, des tout à 100 francs (le 1 franc d’aujourd’hui, pardon, de hier) etc. C’est là que j’ai acheté mon premier couteau à cran d’arrêt avec son anneau, ma première chaîne pour couteau, mon premier « poignard » pour faire des cabanes. Et bien sûr, la foire c’était surtout le foirail qui occupait la place devant la gendarmerie et l’hôpital qui n’était pas aussi étendu qu’aujourd’hui. Il y avait des barres auxquelles les bovins étaient attachés. Le spectacle avait lieu à la bascule où il fallait, après les avoir pesés, faire monter les animaux dans les bétaillères. Les marchands utilisaient force coups de bâtons et plus tard des appareils tenus à la main et disposant de deux pointes qui devaient envoyer un courant électrique dans la couenne des bestiaux. Les paysans et les marchands de bestiaux portaient une blouse noire, sans ceinture. Les marchands faisaient des propositions de prix, qu’en général le paysan refusait. Le marchand quittait le paysan en lui glissant un papier en main, papier où je pense il devait écrire sa proposition de prix. Il revenait un peu plus tard et si l’affaire se faisait, cela se marquait par un top dans la main. Les marchands avaient des sacoches en cuir pendues à leur épaule. Je me souviens des liasses de billets qui changeaient de main et des portefeuilles ventrus. Les camions conduisaient les veaux de Saint-Yrieix à la gare SNCF. Ils partaient pour l’embouche vers Saint-Etienne, Lyon et l’Italie. Il y avait aussi des concours. A cette occasion, les prix distribués consistaient en plaques de fonte moulée de forme ovale, peintes en rouge ou en vert avec le nom du prix. Ces plaques étaient clouées sur les portes des granges et des étables. On peut encore en voir en place. Les restaurants faisaient salle comble. Je pense par exemple à La Bonne Cave, derrière chez nous. Il n’y avait pas grand monde le reste du temps. Mais pour la foire, il y avait la queue. Le restaurant qui faisait aussi café était tenu par madame Bayle, une forte femme. Et on pouvait voir quelques personnes qui avaient manifestement bien arrosé leurs ventes qui, tard dans la journée, étaient encore à déambuler dans les rues.

C’est en 1979 que la municipalité a fait construire un marché couvert au lieu-dit Bourdelas sur la route de Limoges.

Une réponse à “Les foires de Saint-Yrieix, années 50, 60

  1. Pingback: Ceux qui m’aiment prendront le train pour aller à St-Yrieix | saint yrieix la perche·

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s