L’élevage bovin en Limousin au XVIIIe siècle

Jean-Pierre Delhoume « L’Élevage bovin en Limousin au XVIIIe siècle », Histoire & Sociétés Rurales 2/2004 (Vol. 22), p. 65-101. 

URL : www.cairn.info/revue-histoire-et-societes-rurales-2004-2-page-65.htm.

 

extraits :

« Limousin qui est à la fois pays naisseur, pays d’usage et pays d’engrais. Les bovins nés sur place y sont en effet élevés, la plupart d’entre eux sont ensuite utilisés pour les travaux de l’agriculture dans la province et ils y sont enfin engraissés. Cependant, tous les bovins nés en Limousin n’y passent pas toute leur existence. Certains sont achetés jeunes par les provinces voisines ; les agriculteurs du Périgord, par exemple, »

« Une fois terminée leur carrière d’animaux de trait, ces bœufs « périgourdins » reviennent dans leur région de naissance pour y être engraissés, comme l’attestent des transactions réalisées dans deux domaines situés à Aixe-sur-Vienne, près de Limoges. En 1769, 12 bœufs sont achetés à Miallet, en Périgord, situé à une trentaine de kilomètres de ces deux exploitations. En 1770, la même opération est effectuée pour 10 bœufs. En 1773 et 1774 quelques bœufs sont achetés encore plus loin, à Thiviers, en Périgord, à 45 km des domaines. Ces mêmes animaux sont revendus ensuite aux foires de Limoges : « 29 juin 1773 : acheté 2 bœufs à Thiviers, 341 livres. 1er juillet : vente à Limoges des 2 bœufs achetés à Thiviers, 379 livres »[51] [51] Livres de comptes de deux domaines situés au Mas du Bost…
Les achats en Périgord ont toujours lieu en mai et en juin et les ventes à Limoges en juin et juillet, période où les bœufs commencent leur engraissement. Chacune de ces doubles transactions « achat-vente » procure généralement un bénéfice de quelques dizaines de livres. »

 

« Second fournisseur de viande bovine de la capitale derrière la Normandie durant la période de charnage, le Limousin devient quasiment la seule province à alimenter Paris pendant le carême. Malgré l’interdit religieux sur la consommation de viande, son commerce n’est pas totalement interrompu, car malades, vieillards, femmes enceintes, jeunes enfants et nourrices peuvent manger de la viande pendant cette période après en avoir obtenu l’autorisation. Dans la capitale, ces personnes ne peuvent s’approvisionner qu’auprès de l’Hôtel-Dieu, lequel a obtenu le privilège exclusif d’acheter et de vendre de la viande pendant le carême par un arrêt du Parlement de Paris du 2 mars 1575. Au milieu du XVIIIe siècle, c’est dans neuf boucheries de la capitale que l’Hôtel-Dieu commercialise la viande à son seul profit durant la période d’abstinence »

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