Quand le député de St-Yrieix devint ministre (1981-1984)

http://www.humanite.fr/francois-mitterrand/il-etait-une-fois-quatre-ministres-communistes-dan

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« MARCEL RIGOUT.

 La nomination de quatre ministres communistes au gouvernement a, effectivement, été le fruit d’un long combat. Le programme commun avait commencé avec Waldeck Rochet et quand il fut signé, une immense espérance est née dans le pays. L’élection de Mitterrand, en 1981, a suscité chez les camarades un grand espoir mais aussi une grande attente. Moi, je ne m’attendais pas du tout à être ministre. J’ai failli prendre le train en jean ! C’est ma femme qui m’a conseillé d’y aller avec mon costume plutôt que ma tenue de travail… Je dois rappeler aussi que nous avons connu un semi-échec : 15 % des voix pour Marchais et la perte de très nombreux députés. Quatre ministres sur 40, 44 députés sur 285 : nous avions conscience que le combat serait dur. Mais nous avions aussi la conviction qu’il fallait prouver que nous étions capables d’être des hommes de gouvernement et de conduire les réformes. Je crois que nous nous y sommes employés tous les quatre. Une anecdote me revient lors de notre arrivée dans la cour de l’Élysée. Anicet, lui, était sénateur. Il est entré par la grande porte, tout seul. Mais nous, avec Charles et Jack, nous voulions arriver ensemble. Nous sommes donc montés tous les trois dans la même voiture et avons débarqué ainsi au pied des marches. On m’a raconté, par la suite, que c’était la première fois qu’on voyait ça. Du covoiturage avant l’heure ! »

«  Comme je m’occupais des questions agricoles au sein du groupe communiste à l’Assemblée, tout le monde pensait que j’allais être ministre de l’Agriculture. On m’a finalement confié le ministère de la Formation professionnelle. Moi, je n’en avais aucune, de formation professionnelle. J’ai grandi dans une famille de 10 enfants où j’étais le plus jeune. Je suis sorti de l’école à douze ans. J’ai travaillé dans le bâtiment. Et ce n’est que lorsque j’ai été licencié de l’arsenal de Limoges, où j’étais manoeuvre, que j’ai suivi un stage à l’Afpa. Mon premier titre professionnel a été le certificat de tourneur sur métaux et je n’oublierai jamais mon directeur de formation et mon moniteur. Même si je n’en étais pas un spécialiste, j’étais donc très sensible à cette question de la formation professionnelle en arrivant à ce ministère. Mon objectif numéro un a été de m’occuper de tous ces jeunes qui sortaient du système scolaire à seize ans sans aucune formation professionnelle, avec un bagage culturel très léger. Il fallait les rattraper. C’était un combat de solidarité nationale. Nous avons réussi à faire travailler ensemble des gens habitués à se tirer dessus : des patrons, des syndicats, les élus. Au final, nous avons réussi à mettre en formation 600 000 jeunes, dont 300 000 ont trouvé du travail à leur sortie. »

Sur le site de l’Assemblée Nationale Marcel Rigout n’a pas de notice biographique (alors que Jacques Boutard a une longue notice)

http://www.assemblee-nationale.fr/histoire/trombinoscope/Vrepublique/Legis06/rigout-marcel-10031928.asp

Est-ce que l’histoire communiste est passée par là dans la grande tradition stalinienne ? Je n’ai pas oublié mon premier séjour à Moscou vers 1971. J’y ai constaté que les seuls journaux étrangers en vente étaient les « organes officiels » des PC. Et j’y ai vu l’Humanité caviardée (en fait le caviar était blanc, de grands aplats blancs diraient l’aquarelliste). 

Sachant que l’auteur du livre à succès « L’Albine », Fernand Dupuy fut le responsable du secrétariat de Thorez, je me suis mis à lire le « Maurice et Jeannette, Biographie du couple Thorez » par Annette Wieviorka, chez Fayard.

 

Une réponse à “Quand le député de St-Yrieix devint ministre (1981-1984)

  1. Merci de nous parler de Marcel Rigout et de rappeler son action émérite : « C’était un combat de solidarité nationale. Nous avons réussi à faire travailler ensemble des gens habitués à se tirer dessus : des patrons, des syndicats, les élus. Au final, nous avons réussi à mettre en formation 600 000 jeunes, dont 300 000 ont trouvé du travail à leur sortie. »
    J’avoue que je ne connaissais pas Jacques Boutard. Maurice et Jeannette ? Gros livre, des personnages pas trop sympas a priori… J’attendrai de te lire sur le sujet.

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