Ma lecture de Jean Giraudoux

Je suis passé bien des fois par Bellac devant la maison de Jean Giraudoux. Aujourd’hui, on évite le centre de Bellac et ses embouteillages de camions, qui étaient pour moi l’occasion d’apprendre la géographie des pays de l’Est.

Je ne connaissais de Jean Giraudoux que la pièce de théâtre La folle de Chaillot, une merveille. Un texte qui n’a pas pris une ride. Un humour que j’aime. Je l’avais vue à Nantes.

Ma position de rentier de l’Education Nationale (pourquoi ne revient-on pas à  « L’Enseignement Public » puisqu’on n’y fait guère plus d’éducation?) me permet enfin d’apprécier notre Limousin (mêrme si il n’a pas beaucoup vécu à Bellac, ayant fait ses études à Châteauroux et à Sceaux, puis Normal Sup)  Giraudoux.

« le style de Jean Giraudoux, virtuose, claquant d’humour et de fantaisie, s’aventurant assez loin dans l’invention poétique » (préface de Adorable CClio)

Je vous conseille pour commencer, ce petit livre délicieux :

« Les contes d’un matin », L’imaginaire, Gallimard, 113 pages

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Comme nous commémorons la guerre de 14-18, lisez le petit livre de nouvelles « Adorable Clio« , réédité dans la collection Les cahiers rouges, chez Grasset (Grasset était l’ami de Giraudoux)

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Ensuite, bien sûr, il faut lire Siegfried et le Limousin. J’ai eu de la peine à le trouver. Maintenant on ne trouve facilement que quelques unes de ses œuvres théâtrales, je pense que ce sont celles qui sont au programme du bac. En France, on aime les directives nationales ! Mes amis britanniques étaient étonnés de nos programmes nationaux qu’ils considéraient comme des béquilles pour handicapés du cerveau (Perfide Albion !)

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 Extraits :

 

« Cette révélation du règne en France de la petite propriété, qui laisse les banquiers américains sans voix aux fenêtres de l’express de Cherbourg. Chacun a la sienne, et conduit des disputes de murs mitoyens avec les âmes voisines. Chacun a sa loyauté, son mensonge, sa mort à soi. Toutes les machines modernes à ensemencer ou à moissonner les peuples sont chez vous inutilisables. Jamais nation n’a eu moins de risques de disparaître que la tienne, avec ses quarante millions de lots étanches, et il faut bien avouer qu’aucune jamais ne l’égalera en sagesse et en équilibre, puisque chacun de vous, atrocement isolé des autres, arrive d’instinct aux mêmes conclusions, qui sont l’amour de la paix, du bien-être, et d’une éternité mitigée. » (page 39)

« Tous les syllogismes et les démonstrations qui ratent dans le reste de l’Europe continuent à éclater en France par des pétarades.  » (page 45)

« Puis on cria le nom de la première gare limousine, et, soudain, ce département que j’avais quitté à deux ans et que je croyais ignorer me reçut comme son enfant. Mon père l’avait habité toute sa jeunesse, tous les noms propres que l’on prononçait chez moi avec amour et respect étaient pris dans les almanachs, les annuaires, les journaux de ce pays, et jamais noms n’avaient contenu pour moi plus de nostalgie et d’aventure que ceux qu’appelaient maintenant à toute voix les employés, ou que je voyais collés au flanc des gares comme des colis précieux laissés pour moi en consignes, entre des arbres et des troupeaux dont mon cœur aussi reconnaissait la race, par mon père adolescent. »

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