Saint-Yrieix dans le JOURNAL DES DÉBATS DU DIMANCHE 29 MAI 1927

JOURNAL DES DÉBATS DU DIMANCHE 29 MAI 1927 

     Choses de Province 
 

     Saint Yrieix est l'un des personnages de la 
phalange céleste dont l'histoire est !a moins 
connue. Essentiellement Limousin, il a donne 
son nom à six communes Saint-Yneix-la-Perche 
et Saint-Yrieix-sous-Aixe dans la Haute-Vienne, 
Saint-Yrieix-le-Déjalat dans la Corrèze. 
Saint-Yrieix-la-Montagne et Saint-Yrieix-les-Bois 
dans la Creuse; il y a aussi, dans la Charente, 
un Saint-Yrieix tout court. C'est de Saint-Yrieix-Ia-Perche, 
ville de 7.000 habitants et sous-préfecture de la Haute-Vienne,
que nous voulons parler aujourd'hui. 

     Et d'abord, pourquoi " la Perche "? C'était, 
à l'origine, un simple bourg fortifié, pressé autour 
de son église dans un petit enclos; il 
s'aUongea peu à peu du nord au sud, par suite 
de l'extension de ses faubourgs, en forme de 
perche. C'est là une heureuse disposition 
topographique. Grâce à elle, presque chaque 
maison a son jardin et sa vue sur la campagne. 
Grâce à elle, l'air est pur et la ville salubre. 
Nos lecteurs ont deviné que l'éloge de cette 
curieuse forme de ville n'a pu être écrit que 
par un enfant de cette ville. Il est signé, en 
effet, de M. Michel Gondinet, avocat à la cour 
d'appel de Paris, né, à Saint-Yrieix, d'une famille 
où l'esprit est héréditaire, fondateur et 
président de l' "Association des amis de Saint-Yrieix "


     Cette association, née en 1909, a pour objet 
l'embellissement de la ville et la conservation 
de tous les souvenirs qui se rattachent à son 
histoire, et, depuis dix-huit ans, elle a beaucoup 
et très heureusement travaillé, comme le 
montre t'intéressant historique que son président 
a publié l'année dernière. 

     A peine fondée, elle s'est occupée d'établir 
des trottoirs, des bancs, un beau lavoir et des 
vespasiennes, car Saint-Yrieix ne possédait rien 
de tout cela. Taine a esquissé un pittoresque 
tableau de ce qu'était cette petite ville il y a 
un siècle environ, dans le discours de réception à 
l'Académie française qu'il prononça en 
1878. Il succédait à Louis de Loménie, l'historiographe 
de Beaumarchais et des Mirabeau, 
qui était Arédien de naissance (ainsi se nomment 
les habitants de Saint-Yrieix), et, pour 
composer l'éloge de son précédésseùr, il était 
allé visiter la ville et avait interrogé de vieux 
habitants. !1 a donc décrit  ces bourgades qui 
n'étaient guère que de grands villages des 
rues tortueuses, étroites, pavées de petits cailloux 
pointus, entrecoupées de cloaques; sur la 
voie publique, des enfants déguenillés indisciplinés 
qui cherchent leur pâture, toute la malpropreté 
et toute la monotonie des habitations 
rurales. Il y a vingt ans, Saint-Yrieix n'était 
certes plus la cité primitive qu'indiquerait 
ce passage, cité par M. Joseph Nouaillac dans 
son intéressante anthologie du Limousin et de 
la Marche (librairie Laurens). Cependant, il y 
avait encore beaucoup à faire pour l'embellissement 
de la ville sous l'impulsion de M. Gondinet, 
les Amis de Saint-Yrieix se sont mis au 
travail avec ardeur. 

     Grâce à leur zèle et à leur générosité, Saint-Yrieix 
est aujourd'hui une des petites villes 
les mieux éclairées de France ; plusieurs avenues 
ont été percées ou embellies ; le perron 
de la belle église collégiale du Moûtier a été 
réparé ; la vieille Tour du Plô, qui était menacée 
de destruction, a été classée avec 
l'appui de M. André Hallays parmi les monuments 
historiques ; les façades de nombreuses 
maisons se sont habillées de rosiers grimpants, 
un guide-itinéraire de la ville a été publié, 
d'autres travaux d'utilité ou d'agrément 
ont été accomplis, et il y en aurait eu plus encore 
si l'Association avait toujours reçu du 
conseil municipal le concours qu'elle était en 
droit d'espérer. 

     Pour l'avenir, elte a de nombreux projets, 
tels que la création de places nouvelles, d'un 
jardin public, d'un terrain de sports et d'un 
bassin de natation, l'amélioration du régime 
des fontaines, la fondation d'un musée régional, 
la restauration du clocher de l'église, qui 
a été amputé il y a cinquante ans et couvert 
 provisoirement d'un éteignoir. Ainsi les 
Amis de Saint-Yrieix pratiquent à la perfection, 
non pas l'égoïste devise Pro domo mea, mais 
cette maxime, qui est celle de tous les bons 
citoyens Pro domo nostra. ` "

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