Mais d’où vient le « Perche » de Saint-Yrieix-la-Perche, ce que nous dit Yves Lavalade

Et comment Arédius s’est-il transformé en Yrieix ?

J’ai les ouvrages d’Yves Lavalade sur mon bureau. Je regrette de ne pas avoir profité de mon père pour apprendre le limousin. Je ne dispose que des limousinismes que j’ai découverts en quittant le Limousin. On ne connaît bien son pays qu’en allant dans un autre ! Et c’est avec grand plaisir que j’ai lu les réponses d’Yves Lavalade à cette interrogation qui date de mon enfance. Il a accepté que je les diffuse. Merci pour tous les curieux.

Sur Yrieix :

« A présent (depuis lundi dernier) je viens de recevoir le premier exemplaire de trois
livres que j’ai commis sur la toponymie de trois cantons, dont celui de Felletin, en
Creuse.
Parmi les neuf communes qu’il inclut se trouve St-Yrieix-la-Montagne (Sent Iriés la
Montanha).
Je vous recopie ce qui concerne le nom de la commune, valable pour
St-Yrieix-la-Perche, bien entendu :
ST-YRIEIX-la-MONTAGNE

Yrieix fut abbé en Limousin au VIe siècle et fonda le monastère d’Attane, auprès duquel se développa St-Yrieix-la-Perche (Sent Iriès lo Junchat, Haute-Vienne). Sa réputation fit qu’il porta sur les fonts baptismaux les localités de St-Yrieix-sous-Aixe (Haute-Vienne), St-Yrieix-le-Déjalat (Corrèze), St-Yrieix-sur-Charente, St-Yrieix-les-Bois (Creuse) et St-Yrieix-la-Montagne. Son nom latin était Aredius comme cela se retrouve dans les mentions Sanctus Aredius (1228), sancti Aredii prope Valeriam (près de Vallière ; en 1234). Un certain Guillelmus de Saint Yrier est nommé en 1388. Et la commune connaît une graphie inconstante : Yrieis en 1400, Irieix en 1462, Hiryeys en 1555. La palatalisation probable de sanctus (sanch) ferma la voyelle initiale en -i- ; le -d- sonore intervocalique tomba de façon très normale et le -e- étymologique tonique forma diphtongue. La résultante occitane est sous nos yeux (se réalisant parfois en Sen-Triés).

Vallière est une commune du canton de Felletin.  »

Sur « la Perche » :

 » En 1989, lorsque je faisais l’enquête toponymique sur la commune de St-Yrieix-la-Perche, l’on m’avait parlé de Sent Iriès lo Junchat (c’est-à-dire “le perché“; probable variante de l’occitan juchat, perché, grimpé). Je n’en avait tiré aucune conclusion, car ce peut être une interprétation a posteriori.
Une attestation datée de 1455 parle de la ville en ajoutant … la Percham.
Si l’allusion à ce faux diplôme de Charlemagne est en cause, en passant par le latin pergamena (charta), soit la feuille de papier de Pergame, cela aurait dû aboutir à *perjame(n). C’est l’origine du français parchemin; qui aurait dû être *pargemin, en toute rigueur linguistique. L’occitan limousin est plus normal et dans la ligne qui
dit lo perjamin (le parchemin).
L’on a avancé un mot latin pertica (rejeton), avec le sens de “bois de jeunes arbres“. Le latin classique pertica signifie “perche, gaule, long bâton, échalas, fléau“ et “perche d’arpenteur, mesure de longueur avec laquelle on mesurait les terres données aux soldats“. Il est passé en latin médiéval sous les formes percha, perchia ou parchia. Ce mot percha se trouve assez fréquemment en toponymie limousine. “Percher“ ne se dit pas *perchar en bon occitan limousin; sauf par francisation récente. On peut difficilement tirer un mot féminin la percha du latin pergamena, à cause de l’évolution philologique et de la place de l’accent tonique d’origine; détail capital. Par contre pertica avait un accent tonique bien placé.  »
Y.Lavalade (Limoges; décembre 2014)

Rappel :

https://saintyrieixlaperche.wordpress.com/2013/04/09/vers-1090-les-moines-de-saint-yrieix-fabriquent-un-faux-diplome/

https://saintyrieixlaperche.wordpress.com/2013/04/09/le-faux-diplome-de-saint-yrieix-la-perche-suite/

https://saintyrieixlaperche.wordpress.com/2014/12/08/le-faux-diplome-de-charlemagne-fabrique-a-labbaye-de-saint-yrieix/

et ce qu’on peut lire dans le Répertoire de noms de personnes et de lieux dans les chansons…

« Dans un diplôme, falsifié vers 1090, de l’abbaye de Saint-Yrieix (Haute-Vienne) on lit que Charlemagne se rend en Espagne et s’arrête à l’abbaye et confirme les donations faites par ses prédécesseurs »

Les faux diplômes, ce n’est pas nouveau ! autant que de fausses reliques ?

et puis dans les romans on peut tout se permettre. Ainsi :

 »

En l'abbaye Saint-Martial, à Limoges, un monument 
commémoratif de Gaifier d'Aquitaine, devenu dans les romans 
l'un des vassaux de Charlemagne "

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