Miss porc « cul-noir » a été élue à Peyrat-le-Château ce dimanche

http://www.lepopulaire.fr/limousin/actualite/2015/07/26/les-eleveurs-au-rendez-vous-de-la-3e-edition-de-l-ile-aux-cul-noir_11532577.html
Mais que fait St-Yrieix ! Il devrait avoir son mot à dire !

L’été c’est le temps de la lecture (nous dit la pub), alors voici un éloge du porc.

Éloge du porc par Philippe Sollers

Contrairement à sa légende impure, le porc est une merveille de netteté,
de charme et de complétude. Sade, en prison, a envie d'en manger, il écrit
donc à sa femme en l'appelant « porc frais de mes pensées ». Mozart était
très amateur de « carbonade », et c'est peut-être l'une d'elles qui l'a
empoisonné à Vienne. Claudel, enfin, dans son apologie Le Porc, n'oublie
pas de rappeler que le sang de porc « sert à fixer l'or ».

Le dictionnaire nous dit que « porc », appliqué à un être humain, veut
dire « homme sale, débauché, glouton ». Quelle erreur ! La viande de porc
est la variété et la délicatesse mêmes. Voilà un animal alchimiste qui
transforme toute ordure en or. Le comportement pig est un ratage de ce
processus d'une finesse extrême. J'ai peu à peu abandonné le bœuf pour le
porc, en ne gardant, comme viandes, que la tête et le ris de veau. D'une
certaine façon, j'allais vers la Chine qui, comme on sait, a son Année du
Cochon.

Le porc, cette perle. Tout est bon, chez lui, rôti, côtelettes, jambon,
jambonneau, saucisson, saucisses, travers, pied. Le féminin de porc,
«truie», ne convient pas. Il faut dire porce. Dans Une saison en enfer,
Rimbaud dit qu'il « a aimé un porc ». Je peux exprimer, sans me vanter
exagérément, que j'ai aimé bien des porces, je veux dire des femmes
vraiment mangeables, ce qui n'est pas si courant.

Demandez à ma femme, Julia Kristeva, de vous préparer une palette de porc,
avec des rondelles d'ananas et des clous de girofle. Ce plat est une
splendeur. Vous buvez en même temps un margaux, et la perfection est là.
Le rôti de porc, selon moi, doit se manger froid, et le choix de la
moutarde compte. Pour les amateurs impénitents de mayonnaise, c'est le
moment de l'employer savamment.

Le saucisson va avec le whisky, ils s'appellent.

Et maintenant vous allez nous dire que vous aimez la choucroute en hiver ?

Évidemment.

Avec le porc, vous êtes d'emblée dans la grande culture occidentale, en
France, en Allemagne, en Espagne, en Italie. Comment ne pas évoquer le
jambon très fin (le San Daniele), et le mot d'entrée, prosciutto, avant le
dîner? Le jambon de Parme vous fait penser à Stendhal ? Vous avez raison.
Le porc, enfin, se marie on ne peut mieux avec les pâtes : goûtez-moi
cette carbonara.

On m'a compris : le porc est rejeté ou haï à cause de son infini. Je garde
quand même le poulet, mais il faut qu'il soit préparé, une fois par an,
dans l'île de Ré, par Valérie Solvit. Sinon, poisson, et encore poisson.

Mais ceci est une autre histoire.

			

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