Saint-Yrieix-la-Perche, le service des urgences du Centre Hospitalier J. Boutard et le rapport Grall

http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2015/08/31/20002-20150831ARTFIG00013-urgences-un-service-sur-dix-menace-de-disparition.php

Ce matin sur France-Culture…on a parlé de Saint-Yrieix-la-Perche ! Future capitale européenne de la culture ? ben non. C’était au sujet d’un article du Figaro annonçant qu’un service d’urgence sur dix est menacé de disparition.

Le Popu de ce matin :

« Ces 67 services en France ont comme point commun une affluence inférieure à moins de 10.000 passages par an. A ce titre, les urgences de Saint-Yrieix ont enregistré, en 2014, 9.000 patients et celles d’Aubusson, pas loin de 5.600. Les deux services seraient donc pleinement concernés…

Sauf que le rapport Grall précise qu’il n’est pas question de supprimer un service situé à plus de 30 minutes des urgences les plus proches. « C’est notre cas, rappelle la directrice de l’hôpital de Saint-Yrieix, Fabienne Guichard. Que ce soit pour des questions d’accessibilité aux urgences ou de démographie médicale, nous ne sommes pas menacés. »

J’ai lu qu’il fallait de « gros » services des urgences. Je ne sais si les Arédiens ont vécu un gros service. Je ne leur souhaite pas.

http://www.chu-nantes.fr/urgences-407.kjsp

Et quand on sait le nombre d’heures faites par les internes, on peut s’inquiéter. Certains m’ont dit qu’ils tenaient en se droguant (oh mais pas au cannabis ou autres substances qu’on vend sous le manteau…là j’exagère, je connais des endroits où on ne prend pas de manteau).

Et quand on calcule combien un médecin des urgences gagne par heure d’urgence, on se dit que l’échelle des valeurs en France est étonnante.

A noter que le rapport date de juillet.

http://social-sante.gouv.fr/IMG/pdf/2015-07-06_Rapport-Territorialisation_des_Urgences.pdf

Les médias à l’heure de l’info à la vitesse de la lumière sont à la vitesse de l’escargot parfois. Et qu’on en parle en même temps que de l’immigration est cocasse quand on lit dans ce rapport :

« Le premier niveau d’accueil dans les services d’urgence était effectué quasiment exclusivement par des internes DES ou DIS, mais majoritairement par des résidents ou des faisant fonction d’internes (FFI). Ces FFI étaient la plupart d’origine étrangère (3/4 postes) et près de la moitié des postes d’internes dans les services d’urgences 7 étaient occupés par ces FFI. Le recrutement était très souple dans les établissements et la compétence médicale de qualité inégale. Ainsi les intervenants aux urgences sont abusivement réunis sous le même vocable « d’interne » amenant à évoquer « une grande confusion ». Ces « internes », souvent laissés livrés à eux-mêmes, étaient amenés à prendre des décisions difficiles, sans rapport avec leur position d’internes. Ceci était source de prescriptions abusives, d’hospitalisations excessives et surtout de conséquences médicales avec erreurs diagnostiques, de traitements inadaptés, d’accidents thérapeutiques voire de complication de haute gravité »

Ah les FFI, Forces Françaises de l’Intérieur,faisant fonction d’internes; composés de combattants étrangers !

Nota il s’agit de la situation il y a 20 ans. Il nous est dit que maintenant,

« Ainsi l’étude DREES de juin 2013 montre-t-elle que dans 70 % des services d’urgence les effectifs médicaux sont entièrement constitués de médecins urgentistes. Par ailleurs les textes rendent obligatoires le fait que tout patient passant dans les services d’urgence soit « vu » par un médecin senior. »

Un constat qu’on lit dans le rapport :

« Plus de 18 millions de passages dans les services d’urgences en 2013 soit 1 français sur 3,5 contre 1 français sur 8 en 1990 ;

Une proportion d’urgences graves qui reste identique, voire diminue, parmi l’ensemble des demandes de soins non programmés prises en charge par les structures d’urgence. »

Un cas :

Visite chez le médecin traitant, qui déclare que le panaris est une urgence médicale (avec raison). Départ aux urgences. Entrée à 9 heures. Sortie à 17 heures. Nous ne vous racontons pas ce que le patient a pu y voir, le personnel faisant au mieux.

Le patient N’A pas décidé du passage aux urgences. Mais le médecin n’a pas voulu opérer. Il n’a pas trouvé de clinique acceptant le patient.

On lit dans le rapport :

« De la même façon, le déport massif de ces demandes vers les services d’urgence déresponsabilise de facto la médecine libérale, généraliste et spécialiste, pour la prise en charge de ces demandes inopinées, qui sont cause de désorganisation d’un planning 12 déjà tendu chez des praticiens souvent surchargés dans un contexte de diminution des installations en médecine générale. ; »

Enfin, sur les préconisations du rapport, on lit :

« L’organisation territoriale de la prise en charge des « urgences » doit reposer sur plusieurs fondamentaux :

 adapter la prise en charge des soins à la demande exprimée par les patients, avec le souci impératif de qualité et de sécurité sur l’ensemble du dispositif ;

garantir un accès aux soins urgents à 30 minutes maximum en tous points du territoire ;

porter une analyse pragmatique de la notion de territoire ;

 optimiser les ressources médicales qualifiées dans l’ensemble du dispositif ;

 prendre en compte l’application des nouvelles modalités d’organisation du travail dans les structures d’urgence. »

Il faut lire ce rapport dans son entier. 

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