» « Disem sovent lo contrari de çò que pensam per afortir nòstre biais de veire ». Nous disons souvent le contraire de ce que nous pensons pour mieux l’affirmer. »

Nous nous permettons (nous demandons l’autorisation) de publier cet excellent texte de Martial Perouny dont le blog est malheureusement maintenant inactif.

http://dictonsoc.blogspot.fr/2008/08/qu-es-pas-meschent-prononc-cow-i-pa.html

 »

« Quò es pas meschent » (prononcé [co’w èi pa mèïssein])- littéralement : ce n’est pas mauvais.

Sans vouloir faire l’ethnolinguiste il faut bien reconnaître que toute langue est la marque d’un mode de penser et de comportement spécifiques à une population. Chaque langue exprime le caractère du peuple qui la parle. « Qu’es entau », c’est ainsi qu’en langue d’oc, nous avons l’esprit étrangement tourné, « virat ». « Disem sovent lo contrari de çò que pensam per afortir nòstre biais de veire ». Nous disons souvent le contraire de ce que nous pensons pour mieux l’affirmer. Des exemples ? « De segur », bien sûr, « ne’n veiqui quauques uns ». Vous êtes invités chez des autochtones du Périgord, au milieu du repas ne dites pas c’est bon mais dites plutôt « Quò es pas meschent », ce n’est pas mauvais. De même ne formulez pas qu’il fait beau temps mais plutôt que « lo temps es pas meschent per la sason ». Si vous m’en croyez vous ne direz plus noir, mais « blanc coma la coá d’un merle », blanc comme la queue d’un merle. Ne dites plus c’est cassant, dites «qu’es sople coma un veirre de lampa », c’est souple comme un verre de lampe. De l’idiot, « de la babòia, dau bimbaud, dau bicòi, dau birlaud, dau conilh, de la conifla, dau baboier », ne dites plus de lui qu’il est bête, mais dites « qu’es fin coma lo sent esperit », qu’il est intelligent comme le Saint Esprit.

Et oui, les périgourdins sont ainsi faits : pleins d’un pessimiste raisonné ou d’un optimisme tempéré, ils rechignent à se montrer totalement positifs. Peuple de croquant, nourris de mille ans de coups de pieds au c.., ils retiennent leur enthousiasme, au cas où, on ne sait jamais.ils sont les rois de la litote. Cela leur donne un humour plein de périphrases. Ils sont toujours prompts à des comparaisons moqueuses, « mocandieras o trufandieras », et cela peut parfois les faire passer pour un peuple de moqueurs. Mais ceci n’est qu’une apparence faite pour cacher une vraie pudeur. »

C’est dans ce texte que j’ai trouvé l’origine du mot employé par mon père pour désigner les « bandes dessinées » :

les babouillés

Il vient de dau baboier.

J’avais compris que le terme était péjoratif. Alors je lisais les « illustrés » chez les copains qui en avaient.

 

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