Lettre ouverte à Monsieur Jean-Vincent Placé, ministre de la simplification

Lettre ouverte à Monsieur Jean-Vincent Placé, ministre de la simplification

Monsieur le Ministre,

Je considère que la simplification vaut bien le titre de ministre et non celui de secrétaire d’Etat. Je suis un tenant du rasoir d’Occam.  » Entia non sunt multiplicanda praeter necessitatem « . Il ne faut pas multiplier les entités au-delà du nécessaire.

Vous allez me répondre que vous aussi. Il est nécessaire d’avoir plein de bidules administratifs afin de fournir des plaçous, des planques, à certains citoyens. Sur ce point, tous les partis politiques sont d’accord. On ne peut attirer les militants avec seulement des seaux de colle et des pinceaux. Jacques Chirac, que vous avez certainement écouté, vous l’a dit. En Limousin, sur les foires et marchés, on vous nomme Jean-Vincent Plaçou. Il vous faut réagir !

Vous représentez maintenant la simplification.

Est-ce que vous avez lu l’excellent rapport  » Rapport de  la commission de lutte contre l’inflation normative » établi par Alain Lambert et Jean-Claude Boulard, excellent non seulement dans son contenu mais aussi dans sa forme. Un modèle qui devrait être enseigné dans nos universités. Vous le trouverez ici : http://missionnormes.fr/ (1)

Il y a aussi le rapport Mandon,
http://www.thierrymandon.fr/sites/default/files/docs/rapport_de_synthese-_t._mandon.pdf. Un  rapport qui est un exemple de pratique de la zéphologie et de la pipeautique, au discours arnacologique qui sidérera sûrement le citoyen.

C’est de l’enseignement Postérieur, pardon, Supérieur, dont je voudrais vous entretenir.

Là encore, beaucoup dans le Postérieur considéreront que toutes ces nouvelles entités administratives qui voient le jour actuellement sont nécessaires. Nécessaires pour fournir des planques pour que les professeurs d’université puissent éviter de faire des cours et des travaux dirigés aux nouveaux bacheliers. C’est que, même avec les stages, les projets bidons, etc, il reste encore des séances en amphi et en salles de td. Et que, même si le Wifi dans les amphis permet aux présents de jouer en réseau sur leurs tablettes numériques, il n’est pas toujours facile de se faire entendre.

Positivons, il est une simplification réussie. Les notes maintenant ne sont données que dans la plage 13..20. Cela simplifie énormément la notation des copies et évite les injustices des enseignants sadiques. Il faut compter aussi sur l’intelligence pratique des responsables de formations. Par exemple, l’idée géniale suivante se doit d’être généralisée. Au lieu de demander aux étudiants un rapport de stage puis une soutenance orale, il vaut mieux tout simplement, leur demander de faire un « poster » (une affiche, nous sommes dans la semaine de la francophonie). Une université de pointe se doit d’avoir un service de posterologie.  Mais il reste encore des améliorations. Au lieu d’exiger que l’étudiant vienne afficher son poster et signer un registre, vous conviendrez qu’il faut utiliser la technologie moderne. Un envoi par l’Internet, un affichage sur écran vidéo. Et vous, l’écologiste, pourrez vous prévaloir d’avoir amélioré le bilan carbone des universités et grandes écoles.

Connaissez-vous « la très, très longue circulaire n°2016-025 du 4-3-2016 (qui) est un modèle du genre dans la mise en œuvre du management public accompagnant la déconcentration de l’État dans les nouvelles régions académiques  » dont parle ici
https://histoiresduniversites.wordpress.com/2016/03/10/mutualiser-davantage-de-chefs/
un connaisseur de l’organisation universitaire ? et le décret du 10 décembre 2015 ? Et les communautés d’universités et établissements (souvent abrégé sous le sigle COMUE ou ComUE)  et même les super-ComUE, fusionnant des ComUE ?

Vous avez fait preuve d’une remarquable obstination pour être chargé de la simplification. Nous sommes nombreux à espérer vous voir  simplifier plus vite que votre gouvernement  complique. De votre côté, vous pouvez espérer être connu dans les universités trois points zéro, par l’expression « rasoir de Placé ». Peut-être même qu’un futur Umberto Eco, fera de vous un personnage de roman comme ce fut le cas de Guillaume d’Occam, sous le nom de Guillaume de Baskerville. L’ordre des Franciscains conviendra tout à fait à l’écologiste que vous êtes.

Veuillez recevoir, Monsieur le Ministre, l’expression de nos respectueuses salutations.

(1) c’est avec plaisir que nous y avons lu la contribution du député-maire de St-Yrieix, Daniel Boisserie.
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