Je me souviens des blouses (blauda)

Boutineau.jpg

J’ai porté la blouse grise au moins à partir de la sixième. Je devais la porter aussi en primaire, comme l’instituteur. On voit sur la photo d’une classe de CM1/CM2, qu’il y avait aussi des blouses noires.

J’ai presque toujours connu mon père avec sa blouse grise. J’ai conservé la dernière. Et je m’en sers.

blouse grise

Ma mère portait la blouse à la maison pour les travaux ménagers. Et à la maternité, la blouse blanche, pour son travail de sage-femme.

La blouse avait comme avantage de cacher les pulls raccommodés. Elle offrait aussi le confort de ses poches. Par exemple, pour mettre les blanchies bien chaudes. Nous ne connaissions pas « les marques ». C’est qu’il n’y avait pas eu encore la révolte contre la société de consommation ! ah ah ! la bonne blague ! On voit ce qu’elle a donné.

Sur la blouse et son nom limousin, voici ce que m’écrit Y. Lavalade :

« A propos de la blauda (on dit aussi belosa, en Corrèze; mais ce terme me paraît bien moins intéressant que le précédent) :

j’ai pu remonter la piste, qui est bien lointaine. J’avais trouvé l’information dans un tome 3, consacré à la Langue des Celtes et des Gaulois, p. 54, d’une édition faite par le Centre Régional de Documentation Pédagogique de Paris; 2e édition, de 1985; auteur Jean-M. Ricolfis.
Si blautha est fondé, le limousin est dans la droite ligne et d’une clarté limpide. Le mot blauda est (était) très familier. On l’emploie aussi en dérivés : blaudon, blaudassa. La blauda est la toile sous le manteau d’une cheminée qui empêche efficacement la fumée de se répandre dans la pièce, la cuisine (la maison).
Il y a encore peu d’années, l’on voyait à Limoges, aux restaurants populaires des Halles (l’Ala) un accordéoniste qui jouait pour son seul plaisir (et celui des convives) des bourrées et autres airs limousins. Il portait blauda bleu clair nouée autour du cou, foulard rouge et chapeau. On lui donnait quelque pièce.
La blauda n’était portée que par les hommes, lors des jours de foire ou pour aller à l’extérieur.
Un correspondant du Croissant  la dit « biaude », comme dans le reste du Berry; où l’homme au travail ne la portait pas, mais la remplaçait par un « bourgeron », veste en gros velours côtelé, épais, ne craignant rien, ni l’eau ni la terre. »
Je me souviens des blouses que portaient les paysans à la foire. Et celles des marchands de bestiaux…ainsi que leurs grandes sacoches en cuir où ils fourraient les billets de banque. Le chèque n’était pas pratiqué à l’époque sur le foirail de St-Yrieix, qui a laissé la place maintenant au centre hospitalier.
Embarquement des bestiaux années 50 St-Yrieix
Bestiaux à St-Yrieix années 50
Sur le commerce des bestiaux, lire :
« La traditionnelle blouse bleue, tombant avec ampleur sur le pantalon (…et la ceinture) de flanelle n’est plus de mise. Non plus que le chapeau à large bord, non plus d’ailleurs que la casquette à pont qu’on voyait jadis aux toucheurs sur les marchés normands. Aujourd’hui, le costume est sobre, presque austère. La blouse villette noire ou bleue est de mise pour se protéger des éclaboussures et éviter que les habits s’imprègnent de l’odeur des animaux et selon les saisons, le complément d’une doudoune à brassière et d’une écharpe de laine enfouie dans le col. Dans la poche haute, le portable bien sûr, et encore le cornet à souche, qu’on noircit d’un crayon à mine grasse pour confirmer l’achat d’une bête avant de l’identifier de quelques coups de ciseaux ou du crayon gros. Ne cherchez plus le portefeuille à soufflets, il y a quarante ans qu’il n’a plus d’utilité. La casquette a presque partout supplanté le chapeau, mais on ne déteste pas les modèles un peu chics, vaguement british. Le blue-jean a conquis une grosse clientèle: à ne regarder que les jambes, impossible de savoir si vous êtes à la sortie du cours Fénelon ou sur un marché de broutards. Ce n’est pas tout à fait vrai : de ci de là, une pièce de coutil, un tweed, une serge, et la cravate ne sont pas si rares. Au pied, on ne chausse les bottes de caoutchouc que pour s’enfoncer dons la boue ou patauger dans les flaques. On lace plus volontiers de bonnes chaussures de cuir, confortables en toutes saisons et chaudes en hiver. On citerait bien une ou deux grandes marques à consonance anglaise: cirées au chiffon de laine avant d’entrer sur le marché, c’est la grande classe !
Et puis, la canne, elle est l’épée, le sceptre, la crosse pastorale du marchand de bestiaux. Elle sert à trier une bête dans un lot, à tapoter un arrière-train, à orienter une vache qui descend du camion, à stimuler celle qui y monte; mais aussi à rythmer une conversation d’un geste significatif, à s’appuyer un instant dans une travée pour prendre l’air méditatif de celui qui n’a pas dit son dernier mot. Bref, sans canne pas de commerçants, et pas de commerce. »
Voir aussi sur Blauda :
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