Un livre d’Eric Chauvier sur Saint-Yrieix-la-Perche

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89ric_Chauvier

Quand je banturle à St-Yrieix, je lis toutes les affiches. Et à la Maison de la Presse je suis tombé sur des affiches présentant 4 ouvrages dont un d’Eric Chauvier

« Une ville sans qualité », Editions Amsterdam

ISBN 9782354801571
10 euros
108 PAGES
Paru le 21 Août  2017

Et il s’agit de St-Yrieix. L’auteur est né à St-Yrieix.

Voici la présentation de l’éditeur :

« L’anthropologue porte un regard nostalgique sur la petite ville de Saint-Yrieix-la-Perche, située en Haute Vienne, où il a passé sa jeunesse. A travers plusieurs portraits, il ranime les souvenirs d’une commune désertée depuis la fermeture de sa mine d’or et de ses usines, et met en cause les évolutions du capitalisme »

Une ville sans qualité
 Et le résumé fourni :

« Depuis la fermeture de son abattoir, de sa mine d’or et de ses usines, la petite ville de Saint-Yrieix-la-Perche, située en Haute Vienne, connaît une déprise démographique et économique.Jadis objet de toutes les attentions municipales, la rue marchande est devenue atone.  La population décline et vieillit ; le chômage et la part des emplois précaires augmentent ; l’ennui et l’anomie étendent leur domaine. Les mutations du capitalisme ont produit une ville sans qualité. Dans une enquête anthropologique où se mêlent mélancoliquement l’histoire intime du narrateur et l’histoire sociale des habitants de Saint-Yrieix, Éric Chauvier revient sur les traces de son enfance. À travers de multiples portraits, il tente de faire affleurer les vestiges d’un monde disparu et les fragments urbains d’une vie mutilée. »

 »

Depuis la fermeture de son abattoir, de sa mine d’or et de ses usines, la petite ville de Saint-Yrieix la Perche, située en Haute Vienne, connaît une déprise démographique et économique. Les mutations du capitalisme ont produit une ville sans qualité. Dans une enquête anthropologique où se mêlent mélancoliquement l’histoire intime du narrateur et l’histoire sociale des habitants de Saint-Yrieix, Éric Chauvier revient sur les traces de son enfance.

« C’est ici, sur une carte mentale, la mienne probablement, dans un nœud de mémoire, à Saint-Yrieix la Perche, petite ville française du sud du département de la Haute-Vienne, que je suis né (Une nuit de neige et de vent, je m’en souviens comme si c’était hier), le 17 novembre 1971, dans une chambre de la maternité de la ville. Tout au long du xxe siècle naissent en ce lieu des milliers ­d’Arédiens – le nom donné aux habitants de Saint-Yrieix la Perche, étymologiquement référés à Arédius, le saint qui, dit-on, fonda la ville (Ton père était venu à la maternité avec tes grands-parents…). Mais aujourd’hui ce temps est révolu (C’était une nuit très froide), car ce lieu prévu pour donner la vie (Il y avait des congères le long des routes), comme la plupart des usines, comme l’abattoir, comme les magasins du centre-ville, comme les enfants courant dans les rues, criant, riant, explorant ce monde – qui va bientôt disparaître –, a disparu à jamais. »

Je n’ai pas encore lu ce livre.

J’ai fait moi aussi ce constat sur ce blog. Chauvier est né en 1971. Que dirait-il s’il était né en 1946 ? et avait habité la place du marché.

Je me suis posé au début la question : mais où sont les jeunes ? Peu de temps avant son décès, ma mère proche de ses 86 ans, alors que nous étions à faire des courses au Casino, m’a dit « Henri, tu as vu ? « , « Que faut-il voir ? « , « Il n’y a que des vieux ! » Je l’ai comprise. Elle avait été la sage-femme de St-Yrieix lors du « baby-boom » d’après-guerre (une expression française, non utilisé au U.K). Et je revenais d’un voyage en Inde du Sud ! Il faut dire que quand je suis revenu à la « foire » (en fait un « gros » marché) il y a 7 ans, alors que je venais de décider de garder la petite maison de Bourdoux en héritage, j’ai été profondément choqué. La moyenne d’âge devait tourner autour de 80 ans. Quand on vient de prendre sa retraite, l’image est dure à supporter. Et puis, j’ai réfléchi. Les gens qui travaillent ne peuvent venir à la « foire » qui a lieu sur leur temps de travail. A Nantes, ils vont au marché sur le chemin de leur travail.

Rue du marché, actuellement il ne doit rester qu’une habitante, qui habite là où ses parents habitaient. Elle est bien connue à St-Yrieix. Je la rencontre presque toujours dans les rues du centre ville. Facile, on ne rencontre guère de piétons. Les commerces se sont déplacés place de la Nation où on peut facilement se garer et sur l’axe principal de St-Yrieix.

Il y a des centaines de ville en France qui vivent la même chose. Même dans les grandes villes, les commerces désertent le centre pour aller dans les grands centres commerciaux. A Paris, des rues que j’ai connues commerçantes sont maintenant vides de commerces.

Mais les jeunes ?

Ils ne sont plus en centre ville car il ne reste plus de jeunes ménages dans le centre. On ne les voit donc pas aller et revenir de l’école ou du lycée à pied. Et à St-Yrieix, les cyclistes et piétons sont rares. On prend sa voiture pour faite quelques centaines de mètres.

Je les trouve quand je vais à VillaSport. Ils n’y vont pas à vélo. D’ailleurs où est le parking pour vélos ? On n’est pas dans la grande ville où la circulation automobile est telle que la pratique du vélo urbain se développe. Quant y aller à pied ! il faut se réserver pour suer en collectivité dans une salle.

Et j’ vois aussi les lycéens et collégiens étant donné que les établissements sont tout à côté.

Et les jeunes étaient aussi très nombreux lors du marché festif du jeudi quand j’y suis allé le 24 août.

Je suis l’actualité arédienne quotidiennement via le site du Populaire. Je constate qu’il y a de nombreuses associations dynamiques. Mais cela ne se voit pas quand on circule dans la ville.

On peut y constater que la forte présence des voitures stationnées. Le centre hospitalier, l’EHPAD ont mangé presque toute la place de la République. Il n’y a plus d’espace pour qu’un cirque s’y installe et on n’y tire plus les feux d’artifice après le concert de l’Union Musicale. Mais le kiosque à musique a été conservé. Il a déménagé derrière la médiathèque.

Quand il m’est arrivé de coucher à St-Yrieix et d’aller faire des cours à la fac à Limoges peu avant ma retraite, j’ai constaté que la route de Limoges était fort chargée dans les deux sens. Je pense qu’en conséquence bien des achats se font à Limoges. Et qu’une fois rentré du boulot, auto, on ne sort pas.

Pourtant, quand nous sommes à St-Yrieix, nous faisons travailler les commerces aussi bien ceux de vêtement que les commerces alimentaires. Il y a encore du choix. Un cinéma tout neuf…et on peut arriver à l’heure pile. Il y a de la place ! Mais la population se plaint. On m’a dit « au ciné à St-Yrieix, il n’y a rien comme films ». Mais ceux qui m’ont dit cela ne sont pas allés au cinéma depuis plusieurs années et n’ont jamais consulté le programme.

Et pourtant ! il faudrait faire quelques ratios qui seraient éloquents en matière d’équipements médicaux, d’équipements sportifs, de loisirs. La médiathèque est gratuite pour tout le monde, même pour ceux n’habitant pas St-Yrieix. J’avais calculé que le taux de visite relativement à la population lors de l’exposition de dessins de Picasso était supérieure de ce qu’il avait été pour Paris.

Ce qui est sûr c’est que l’offre d’emploi ne permet pas à tous ceux qui terminent leur scolarité de rester dans le PSY. Mais comparez St-Yrieix avec des communes de même nombre d’habitant.

Il m’est arrivé de discuter avec un chef d’entreprise qui avait voulu établir une agence à St-Yrieix. Il m’a pointé un problème crucial : les routes. Ses véhicules ne pouvaient circuler sur certaines. On le comprend quand on a emprunté la route reliant St-Yrieix à l’autoroute.

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2 réponses à “Un livre d’Eric Chauvier sur Saint-Yrieix-la-Perche

  1. Certains Arédiens et Arédiennes auront probablement pris connaissance du petit fascicule de Mr Éric Chauvier intitulé «La Petite Ville».
    Voici la réponse d’un Arédien d’adoption à l’anthropologue!

    Il se peut que je me trompe; il se peut que n’étant pas né «quelques part» je n’ai pas mon mot à dire, car dans une cité ou personne n’ose se moucher……

    la créativité, l’innovation, l’entreprise au sens noble du terme, ne peuvent qu’être reléguées aux calanques grecques, aussi pour donner le change l’idée m’est venu de prendre la parole.

    Non pas pour décrire mes amours de jeunesse, ni cancaner sur tels ou tels, mais de parler en clair et sans ambages de ce que Saint Yrieix la perche représente.

    Tout d’abord l’édile au-delà des partis est honorable et juste, ce n’est ni l’aventurier des causes perdus (comme décrit dans votre ouvrage chapitre le buste de Gambetta)
    Ni l’investisseur utopique.

    Pour qu’une société aussi infime soit elle puisse prospérer, il lui faut un dialogue concret et objectif, le maire par nature administre mais dans son administration il lui faut des atouts.

    Surtout ces atouts qui sont partis vers de nouvelles aventures.

    Il y a de tout dans une société rurale des intellos, des ignares provoquant, des grands, des petits, le caractère nauséabond de ce qui était et ce que c’est devenu comme décrit dans votre ouvrage, me donne la nausée, surtout venant d’un universitaire qui par nature se doit d’analyser les tenants et aboutissants au mal qui ronge nos cités rurales.

    La désertification rurale certes est un mal du siècle passé, mais il nous incombe de préparer la jeunesse dans un monde ou le virtuel et la réalité s’entremêlent dangereusement.

    Le cerveau n’est certainement pas le dernier I-phone que l’on tient à la main, il nous incombe de bien cerner les piéges auxquels ils sont confrontés et qui restent masqués.

    Aussi un quidam X vous met au défi de trouver un quelconque point positif qui parle d’espérance dans vos pages.

    Bien sur, vous nous avez narré Barbara, Nathalie, et d’autres connaissances d’adolescence, mais au fait en dehors du cancan ambiant, qu’avez-vous à apporter à Saint Yrieix La Perche?

    Pourtant, pourtant; il suffit de bien observer le monde qui nous entoure et il est vaste ce monde en fusion constante; pour constater que rien n’est jamais perdu, ni l’espace, ni le temps, ni la jeunesse, ni la vieillesse ne peuvent arrêter un processus qui parle objectivement
    des mutations et des solutions réalisables.

    Sultan Alberto

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