Et si on parlait de Johny Hallyday

Je n’ai jamais acheté de 45 tours, 33 tours, CD de Johny. J’étais dans ma jeunesse B3 (prononcez à la mode de chez nous en 2017, bitri), Brel, Brassens, Barbara. Mieux, j’étais même B4 (bifor) avec Joan Baez, et bien d’autres. J’aimais aussi les musiques de film sur l’Ouest des USA.

Et être « fan » ! que ce soit « fanatique » ou « fanatic », non ! Et je n’ai guère apprécié la transformation de l’université en « école des fans » comme me l’avait fait remarquer un jeune collègue qui avait compris qu’il fallait noter comme recommandé par Jacques Martin.

https://fr.wikipedia.org/wiki/L%27%C3%89cole_des_fans_(France)

Mais il arrive que la musique me fasse pleurer.

J’ai toujours écouté avec plaisir Johny Hallyday, peu intéressé par son mode de vie. J’ai suivi dimanche l’interview qu’en a fait Daniel Rondeau sur la 2. Oh, on ne dit plus « la 2 », ni « Antenne 2 », maintenant c’est « France 2 ». Je n’arrive pas à suivre. Je ne fréquente pas assez la télé. C’est qu’en vieillissant, on a besoin de lenteur. Les livres me conviennent mieux (2) Ou je ménage ma mémoire qui doit perdre quelques barrettes chaque jour.

Daniel Rondeau, un ancien de La Gauche prolétarienne (une mine cette école de la Révolution culturelle à ma mode française) :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Daniel_Rondeau

https://fr.wikipedia.org/wiki/Gauche_prol%C3%A9tarienne

« Il fut une vedette, une vraie, bien avant que le star-system impose ses règles. Surnommé « le taulier » par ses pairs, Johnny Hallyday restait une référence, une figure, et un artiste avec lequel il était bon de collaborer ou monter sur scène. Dans une interview fleuve donnée en avril 2017 à l’Apollo Studio de Los Angeles, ponctuée d’images d’archives, de références historiques et d’entretiens antérieurs, il se livrait comme jamais à son ami de longue date, Daniel Rondeau. L’homme aux 110 millions de disques vendus évoquait alors près de 60 années de carrière, de concerts et de succès qui ont rythmé la vie des Français, de « Laisse les filles » à « Rester vivant ». »

https://www.france.tv/documentaires/art-culture/346039-johnny-hallyday-la-france-rock-n-roll.html

Je vous recommande cette émission. C’est un tout autre homme que celui qui nous apparaissait dans sa marionnette des Guignols que vous y entendrez parler. Et Johnny nous ravive la mémoire en citant les dates.

Il fut reproché souvent à Hallyday d’être le sous-marin américain (des USA ! l’Amérique c’est un continent !) pénétrant la culture française.

Pourtant ! il chantait en français ! et beaucoup le lui reprochaient. Quoi du « rock and roll » en français ! ridicule ! d’ailleurs il est inconnu dans les pays anglo-saxons ! On oubliait ceux qui écrivaient les textes de ses chansons, qui écrivaient leur musique. Pourtant, par exemple, Retiens la nuit, a pour parolier un certain Charles Aznavour, musique de Georges Garvarentz.

Jean Rouaud (né en Loire Inférieure ! inférieure !) qui a écrit pour J. H. :

« Chaque fois que la rumeur se propageait dans le milieu que le vieux rockeur préparait un nouvel album, c’était la ruée, cent mille auteurs-compositeurs sortaient des starting-blocks une partition à la main dans l’espoir de caser leur chanson parmi la douzaine qui serait retenue. »

 » Nous ne l’avons jamais rencontré. Pas même son imprésario. De sorte que le souvenir que j’ai de lui reste cette photo de mon premier 45 tours, où il pose jeune homme à côté de la ravissante Catherine Deneuve à qui il chante : « Retiens la nuit pour nous deux jusqu’à la fin du monde » »

http://lefenetrou.blogspot.fr/2017/12/jean-rouaud-et-johnny-hallyday.html

Hallyday nous parle de Brel au cours de la discussion avec Rondeau. Et je me suis rendu compte qu’Hallyday avait un point commun avec Brel, il vivait ses chansons sur scène. J’avais raté les chansons de Brel reprises par Hallyday.

Ce matin, je suis tombé en panne de vélo. Et j’ai pris dans l’urgence la voiture. Bon, avec la tempête…je n’y perdais pas trop. J’ai parcouru les stations de radio (dans les embouteillages, à l’arrêt, je faisais ça en sécurité…relative. Je n’ai pas encore la wifi, le smart-phone sur mon vélo, nul !).

Que des textes de chanson en anglais…et ce, pendant 1/2 heure ! Et  la plupart des chanteurs étaient français.

On nous a rappelé l’article d’Edgar Morin (1)  publié dans Le Monde. Cet article qui introduisait le terme « yéyé ». Comme le dit Hallyday, il n’a jamais compris ce terme. Il n’a jamais chanté « yéyé. Antoine, lui, chantait « Oyé » en mettant Johnny en cage à Médrano.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Y%C3%A9y%C3%A9

Oyez ! Oyez ! mais c’est du français, nom d’un chien ! Ouais, Ouais, yeah, yeah !

 

(1) ce qui me rappelle un voyage sur Air Canada, entre Paris et Montréal. Edgar Morin était devant moi avec son petit sac rectangulaire pendu à son cou sur sa poitrine.

http://www.lesinfluences.fr/Il-a-ete-le-premier-des-yeyes.html

Edgar Morin écrit que se goûts allaient vers les Rolling Stones. On nous a dit que le Johnny n’était pas un exemple avec toutes les substances dont il avait abusé. Mais le Johnny il avait été initié à ces produits culturels par les Anglais (il nous en parle dans la vidéo). Et les Rolling Stones dont j’ai vécu le concert gratuit de Hyde Park à Londres, par hasard, le 5 juillet 1969, n’ont pas tous résisté longtemps à ces substances !

https://fr.wikipedia.org/wiki/The_Stones_in_the_Park

Ce concert m’a permis d’obtenir un prix de la Fondation J qui m’avait donné une bourse de voyage (sur le thème « La PLV (Publicité sur le Lieu de Vente) des produits français en Angleterre »). J’ai économisé sur ce voyage fait en stop pour me financer un voyage aux USA. Je n’étais donc pas totalement fermé aux influences britishs et youesses. Homo sum et nihil humani a me alienum puto !

(2) Je deviens debraysien !

http://www.lemonde.fr/idees/article/2017/12/11/regis-debray-une-journee-particuliere_5227849_3232.html

« l’éclatante consécration du glissement de la graphosphère à la vidéosphère, enfin parachevée. « La mort écrit, à sa manière, l’histoire de la littérature », remarquait Malraux dans L’Homme précaire et la Littérature, son livre posthume. Et, au-delà de la place de l’écrivain dans la cité, les transitions funéraires, deuils et cortèges, révèlent les déplacements de la charge émotive propre à nos différents organes des sens et moyens d’expression. »

« L’inaptitude de l’image à saisir l’homme intérieur nous déporte vers le sensoriel et le sensuel, et au premier plan, vers l’apparence physique des êtres. Elle instaure pour tout créateur symbolique aspirant à la reconnaissance, écrivain inclus, l’obligation, sinon d’être une bête de scène, du moins… »

Debray nous rappelle (?!) que samedi dernier était « le dixième anniversaire de la mort du plus grand écrivain français contemporain, Julien Gracq. » Ah Gracq et ses livres aux feuillets non coupés (on peut ainsi, dans les bibliothèques, avoir un critère pour les enlever des fonds. çà se fait beaucoup de nos jours. Très mode.), Gracq et Saint-Florent-le-Vieil et cette Loire qui reste le dernier fleuve sauvage d’Europe (faut que ça change !), Gracq et son magnifique « La forme d’une ville » (Nantes) , Gracq ancien interne du lycée Clemenceau de Nantes. Clemenceau dont parle J.L. Mélanchon à propos des obsèques de Johnny et de la présence d’E. Macron à la bénédiction dans l’église de La Madeleine. Et qui nous rappelle (?!) que samedi était jour anniversaire de la loi de 1905 sur la laïcité de l’Etat.

«On voit ici ce que vaut la laïcité républicaine de certains. Rappelons que Clemenceau, vainqueur de la grande guerre, refusa d’entrer à Notre-Dame pour le Te Deum de la victoire.  »

Quel samedi !

Anniversaire du décès de Gracq, de la loi de séparation des Eglises et de l’Etat…et des obsèques d’un saltimbanque !

Il est loin le temps où les saltimbanques, on les enterrait de nuit…Pensez à Molière

https://fr.wikipedia.org/wiki/Mort_de_Moli%C3%A8re

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s