Mes migrations

On appelait migrants dans les années 50/60, les Français qui changeaient de région française pour des raisons économiques. Comme les Bretons qui venaient en Limousin. Les Bretons ne trouvaient pas de terres à cultiver en Bretagne et le Limousin ne trouvait pas de Limousins pour cultiver ses terres.

Comme 90% de ma classe de terminale (chiffre à confirmer), j’ai dû quitter le pays de St-Yrieix. Comme une grande partie, je suis rentré dans la fonction publique, et en particulier dans l’enseignement.

Tout d’abord pour les études. Après le lycée Darnet, qui ne comprenait aucune classe de technologie, j’ai commencé ma migration par Limoges et son Ecole de droit et des sciences économiques, place du Présidial. Je l’ai fréquentée un an. Puis suis parti à Poitiers où je suis resté 5 ans, vivant à la cité Universitaire Rabelais puis à la cité Universitaire Descartes. Une grande fierté que d’avoir vécu à Rabelais et à Descartes ! J’ai même quitté Poitiers avec le grade de Commandeur de l’Ordre du Bitard (LST).

Suite à une visite annuelle de l’Ordre aux moines de Ligugé, j’aurais pu rester à l’abbaye de Ligugé. Ben non, je suis allé à Montpellier. Longue migration que d’aller de Saint-Yrieix à Montpellier en passant par le plateau du Larzac. J’avais envisagé de travailler à la SNCF (j’avais fait mon mémoire de DES sur « déficit et options tarifaires dans le chemin de fer »)… mais il fallait commencer par Paris. Et se loger à Paris avec le salaire Sncf… J’ai regretté un temps les avantages de la Sncf dont celui de la migration pas chère.

Après Montpellier, il fallait trouver un poste d’enseignant. Tous nous voulions rester dans le sud. Je me souviens que le CNAM à Paris, l’Iut de Lannion, nous démarchaient.

J’ai choisi de ne pas dépasser la Loire. Et j’ai réussi à obtenir un poste à Nantes et à Limoges. J’ai choisi Nantes car je m’y retrouvais au milieu d’informaticiens. Et j’étais censé enseigner l’informatique. Des Toulousains se sont retrouvés à … Lille.

Et j’ai découvert que si on trace une droite reliant Montpellier à Nantes…elle passe par St-Yrieix.

Rien n’est parfait dans les migrations. L’Iut de Nantes et la fac des sciences sont situés au nord de la Loire !

Mais la Bretagne c’est le Limousin plus la mer et le dynamisme breton ! je suis plus souvent en Bretagne qu’en Poitou (la Vendée c’est le Poitou, il n’y avait pas de province de Vendée, la Vendée c’est aussi fort dynamique).

Installé à Nantes depuis 1971, je suis devenu sédentaire, comme paraît-il, le loriot est en train de le devenir.

Mais je migre plusieurs fois par an pour aller dans le Pays de Saint-Yrieix.

https://www.migraction.net/index.php?m_id=22006&item=6

Pourquoi une telle migration des Arédiens ?

  • il faut noter qu’il n’y a pas de formations aux techniques dans le PSY. Je pense que les jeunes sont comme nous l’étions, ils vont vers la facilité. Pourquoi aller faire des études loin (donc coûteuses) alors qu’on a un lycée à St-Yrieix ? On y va à pied (oui, je sais, on ne voit plus guère de lycéens à pied à St-Yrieix). J’ai eu un copain qui est allé faire des études de menuisier. C’était pour reprendre une activité de son père qui n’avait pas fait de telles études ce qui lui manquait. Mes copains limousins à la fac qui avaient fait le lycée technique de Limoges habitaient de petites villes sans collège, ni lycée. Ils avaient donc eu à choisir.
  • j’ai constaté que depuis les années 40/50, en matière de loisirs des jeunes, il n’y a toujours pas des loisirs touchant à la technologie (si ce n’est le club de modélisme, je me trompe ?).  Pas de « Petits débrouillards »,

https://www.lespetitsdebrouillards-paysdelaloire.org/-44-Loire-Atlantique-.html

pas de « FabLab »,

https://fr.wikipedia.org/wiki/Fab_lab

pas de « Repair café »,

https://fr.wikipedia.org/wiki/Repair_Caf%C3%A9

pas de club d’astronomie etc.

  • Faute de telles formations, bien des emplois locaux doivent être occupés par des migrants.
  • Les entreprises qui voudraient s’établir dans le PSY devraient faire appel à du personnel qui devrait migrer. Or presque toujours, il ne faut pas qu’un seul emploi, mais deux. Pas facile dans une petite ville. Et encore St-Yrieix a un grand hôpital qui embauche tous les ans.
  • Les moyens de communication sont aussi à considérer. Il est loin le temps où l’on considérait qu’avec sa 2CV, un 60 de moyenne, c’était extra. Faire St-Yrieix/Brive c’est du sport.

En tout cas, il n’est pas bon que la France voit une bonne partie de son territoire se vider. Je sais, d’aucuns rêvent même qu’il se vide de ses vaches, moutons, cochons, poulets… rêvant d’une nature naturelle. Je les invite à venir chez moi à Bourdoux – pas Bourdoux dans le Morbihan – quand, du fait d’un temps exécrable, je n’y suis pas venu depuis un certain temps. Ils pourront prévoir les cuissardes ! et le tire-tiques et la scie et la faux.

Et nos grandes villes rêvent de grossir. Et d’avoir des arbres poussant sur le toit des immeubles ou sur les façades.

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