Le jaune d’œuf dans l’alimentation du bébé, histoire

L'art D'accommoder Les Bébés - 100 Ans De Recettes Françaises De Puériculture   de Geneviève Delaisi De Parseval

L’art D’accommoder Les Bébés – 100 Ans De Recettes Françaises De Puériculture de Geneviève Delaisi De Parseval

« En matière de grossesse, d’accouchement et de maternage, les mères doivent composer avec des spécialistes qui tentent de leur imposer leur point de vue au moyen de « conseils pratiques». Comment s’y retrouver ? Qui croire ? Car, qu’il s’agisse de l’allaitement, de l’habillement, de la sucette, de la présence de la mère, du père ou du rôle du puériculteur, d’une génération à l’autre, ces spécialistes ne craignent pas de se contredire. »

Je viens de retrouver cet ouvrage caché dans ma bibliothèque. Il a été réédité plusieurs fois. La mode en médecine, en puériculture, en nutrition ça fait réfléchir. J’ai connu aussi la mode en « sciences économiques ».

Mais chut, laissons la mémoire aux ordinateurs !

extraits :

« Résumons durant un demi-siècle, la carrière du jaune d’œuf.

En 1936, on tente de le proposer à l’enfant à 18 mois : « On pourra essayer de lui donner une petite crème épaissie avec un jaune d’œuf ; mais il faut y aller prudemment avec les keufs, beaucoup d’enfants manifestent une intolérance très grande pour l’œuf, véritable poison pour leur organisme . » Cette précautionneuse témérité – mais pourquoi, diable, si le danger est tel, risquer d’intoxiquer l’enfant ? – est violemment contestée quelques décennies plus tard. Et les partisans du jaune d’œuf ne craignent pas d’affirmer haut et clair leur attachement à cette denrée pilote, qui précède généralement l’introduction des viandes et des poissons :

« Il y a des pays où l’on donne aux enfants de la saucisse à 8 moins et d’autres où on les laisse végétariens jusqu’à deux ans. Ce n’est pas une raison parce que les uns et les autres produisent de grands et beaux sujets pour que nous donnions systématiquement de la viande à 8 mois à tous les enfants de chez nous ou qu’aucun d’eux ne prenne un jaune d’œuf avant deux ans. » Quelque curieux que puisse paraître le raisonnement de cet auteur (et, en filigrane, cet aveu de la diversité des habitudes alimentaires et de leur bien-fondé sur le plan strictement culturel), il s’avère que, sous forme de gouttes crues ou de quart durci, l’œuf a amplement droit de cité. Il figure ensuite dans les menus de 1954 pour les enfants de dix mois en 1965, pour ceux de quatre mois, en 1979, pour ceux de trois et demi.

IMG_0109-redim1024

L’auteur de ce blog, Cul-noir né en 1946

En 1975, on apprend subitement que le fait de donner le jaune et non le blanc n’est pas une précaution, mais une habitude qui frise le ridicule : « Il n’y a aucun inconvénient à donner d’emblée le blanc, un quart ou un tiers d’œuf dur, par exemple… On parle de l’ « albumine » de l’œuf et, comme on parle aussi de l’ « albumine » retrouvée dans les urines dans des cas pathologiques, il se crée dans l’esprit du public une relation de nocivité entre les deux termes qui n’a rien à voir avec la réalité.  »

Le « public » a bon dos. Il a donc fallu trente ans pour que le corps médical se persuade que le jaune n’était pas un poison, et cinquante pour qu’il affirme que le blanc était inoffensif.

L’introduction de la viande va subir des aléas de même type. »

Nous en reparlerons dans un prochain billet de ce blog.

 

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s