Je me souviens du « jus de viande » réputé précieux pour les bébés

Nous poursuivons comme annoncé dans un précédent billet, notre lecture de »L’art d’accommoder les bébés, 100 ans de recettes françaises de puériculture.

« Le jus de viande, dont le destin connaît trois moments – l’adulation, le silence, le rejet final : ce jus, réputé précieux jusque vers 1965, connaît une éclipse de dix ans ; plus trace de cette denrée dans les régimes infantiles. Puis, soudain, nous apprenons qu’il n’a aucune valeur alimentaire et qu’il est peut-être nocif ; on en préconise donc l’abandon, en 1975.  » Le jus de viande ne représente rien du tout. C’est de l’eau avec un peu d’hémoglobine et des microbes ; il n’y a aucun intérêt, aucune raison d’en administrer à bébé.  »

[…]] il n’en va pas de même de la viande et du poisson hachés, dont on se méfie très fort, initialement;

D’abord, on a souvent l’impression que la couleur pâle est le principal critère de sélection des protéines admises en premier dans l’assiette du bébé : ainsi, en 1947, on suggère de présenter à l’enfant de 18 mois du banc de poisson, de la cervelle, et du blanc de poulet. Ou bien le rose du jambon et du foie de veau, eux aussi très à l’honneur, avant et après la guerre de 1940, garantissent, un peu par ce que l’ethnologue anglais Frazer appelle la « magie de sympathie », la nacre rosée des chairs du nourrisson. Seule note discordante dans ce concert neigeux : l’Oeuvre de la Goutte de lait qui trouve ces denrées trop chères pour ses lectrices, et conseille prosaïquement de la viande de cheval râpée. »

Nous arrêtons là notre copie (nous avons déjà dépassé la copie tolérée !). Lisez ce livre.

Je me souviens que ma mère avait acheté un appareil à faire du jus de viande.

Je n’aimais pas le beefsteak que j’allais acheter chez le boucher, rue du marché. Mon père me le coupait en tout petits morceaux pour faciliter son absorption. Ma mère, sage-femme, étant souvent absente à midi, j’avais droit au steak et aux pâtes Lustucru ou Rivoire et Carré, avec une noix de beurre doux (1). Le temps d’avaler le steak, les pâtes étaient froides. Heureusement, il arrivait que mon père fasse des pommes à la brasière. Que c’était bon.

Quand j’ai été moniteur de colo, puis étudiant – à Limoges, le RU était derrière les Galeries Lafayettes -, j’ai beaucoup apprécié les viandes en sauce auxquelles je n’étais pas habitué. A Excideuil, c’était les bonnes volailles de ma grand-mère et ses céleris-raves mijotés.

(1) J’ai découvert le beurre salé quand nous allions en vacances sur le Bassin d’Arcachon (oui, « sur », on disait ainsi dans les années 50/60 même s’il ne s’agissait pas de passer ses vacances sur un bateau sur le bassin. Mais on ne disait pas « sur St-Yrieix » , « sur Paris »…à moins qu’il s’agisse de nuages ou de pluie !). On achetait des pains de glace car les réfrigérateurs étaient rares dans les locations. Pour conserver le beurre, ma mère le salait. Je n’ai pas aimé au début. Elle m’avait encouragé en me disant qu’en Bretagne on vendait du beurre salé.

Aujourd’hui je ne mange que du beurre salé.

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