Je me souviens de « court devant et ras derrière »

C’est ce que me disait mon père quand il m’envoyait chez le coiffeur Licq (je ne me souviens plus de l’orthographe) à St-Yrieix dans ma jeunesse.

« Le Figaro qui déboisait la colline des hommes avait fréquenté le Groupe Octobre (avec Maurice Baquet et Raymond Bussières) ; tandis qu’il vous coupait les cheveuxcourts devant et ras derrière, à la hauteur d’un peigne à plat –, ce communiste militant vous faisait lire Spoutnik, La Terre, la VO, L’Huma dimanche ou la … » (Gérard Mordillat)

https://fr.wikipedia.org/wiki/G%C3%A9rard_Mordillat

. “Le seul embêtement de la garde, c’est l’inspection au départ par l’adjudant de quartier. Gare aux cheveux ! Car la “crise de cheveux” est la grande comédie de la vie de caserne. Un beau jour, le colon n’ayant pas lu à l’Officiel qu’il passait général, sa déception commence à s’exhaler au rapport : “Il a été remarqué que les hommes portaient les cheveux beaucoup trop longs. Messieurs les commandants des compagnies voudront bien s’assurer, par des revues fréquentes, et inopinées, que les hommes ont les cheveux courts devant et ras derrière…” Le soir même, au poste, le sergent de garde fait découvrir tous les hommes qui désirent sortir. Et si les bonshommes ne présentent point une authentique tête de veau, à laquelle ne manquent que les touffes de persil dans les oreilles, ils s’entendent déclarer : “Demi-tour, allez vous faire couper les cheveux !” (Jean Galtier-Boissière, La Fleur au fusil)

https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Galtier-Boissi%C3%A8re

Je suis ouvert aux langues de notre pays. Il n’est pas que l’occitan limousin ! il y a aussi le gallo que j’ai découvert en arrivant à Nantes. En général, le breton a résisté près des côtes. Comme l’a fait remarquer Claude Hagège, sans radio, sans télé, sans Educ Nat, les Romains de Jules ont repoussé le breton presqu’à la mer. Pensez au français ! notre président Macron a compris comme les publicitaires de nos vendeurs et même de nos municipalités de gauche comme de droite. Pendant ce temps, Trump se marre.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Gallo

Carte de la Haute-Bretagne.

La Haute-Bretagne, en bleu, séparée de la Basse-Bretagne par la limite linguistique du breton telle qu’elle était en 1952.

Par Oie blanche — Limite selon Pierre Gourvil : Histoire de la langue bretonne, Hervé Abalain, éd. Jean-Paul Gisserot, 2000, p. 32., CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=32267219

 

Voici une rubrique « Le Gallo come on l’caoze » de Ouest France :

https://www.ouest-france.fr/bretagne/le-gallo-come-lcaoze-3001145

Daniel GIRAUDON.

La coupe à l’œil. Ou l’art de payer le touzou (coiffeur) en lui laissant ses cheveux…

Un jou d’méme, un biao valet entrit dans un salon d’couéfure canté un garçaille. I lu dit d’sassire et d’lire eune BD. Le touzou le prit tout d’sieute. N’est point souvent d’méme cez les gâs-là oyou q’on espère souventes fés sô tour aotant q’cez l’ghérissou. I fut eune bonne beurouée d’temps a lu touzer l’paï, ma fé.

La touzerie finie, l’homme-là lu dit : « Pour él gamin, est court ded’vant, ras derelle et bin débourdé su les caôtés. J’erviens taloure, j’m’en vas fére tchiéqes courses ». Le touzou lu touzit l’paï et l’gamin ertournit s’assire pour fini d’lire sa bédée. Il érivit d’aote monde.

Ao bout d’eune heure, le touzou d’mandit ao garçaille. « Qant est-ce qe tô père va v’ni t’cri, mô p’tit gâs ? » Le garçaille héja d’z’épaoles. « L’homme-là n’est point mô pére, est un monsiu qe j’ai rencontré dans la rue qi m’a dit : Até caté mé mô p’tit gâs, j’allons nous fére touzer l’paï pour rin ».

Un jour, un homme distingué entra dans un salon de coiffure avec un enfant à qui il dit de s’asseoir et de lire une BD. Le coiffeur le prit tout de suite. Ce n’est pas souvent le cas chez ces gens-là où l’on attend souvent son tour autant que chez le médecin. Il fut un bon moment à lui couper les cheveux. La coupe terminée, l’homme dit au coiffeur : « Pour le gamin, c’est court devant, ras derrière et bien dégagé sur les côtés. Je reviens tout à l’heure, je vais faire quelques courses ». Le coiffeur lui fit sa coupe et le gamin retourna s’asseoir pour finir de lire sa BD. Il arriva d’autres clients. Au bout d’une heure, le coiffeur lui demanda : « Quand est-ce que ton père va venir te chercher, mon petit ? » Le garçon haussa les épaules. « Ce n’est pas mon père, c’est un monsieur que j’ai rencontré dans la rue qui m’a dit : Viens avec moi mon petit gars, nous allons nous faire couper les cheveux à l’œil ».

 

 

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