Je me souviens de mon stage de moniteur de colonie de vacances à l’UFCV, au sud de Toulouse en 1966

https://fr.wikipedia.org/wiki/Union_fran%C3%A7aise_des_centres_de_vacances_et_de_loisirs

« 1934 : Devenue l’Union Française des Colonies de Vacances, l’Ufcv est reconnue d’utilité publique. »

« 1957 : L’Ufcv organise plus de 250 sessions de formation (environ 11 000 stagiaires)pour environ 11 000 animateurs et rassemble des structures nouvellement investies dans le champ des colonies de vacances : municipalités, comités d’entreprise, caisses d’allocations familiales… »

Wikipedia passe à côté du fait que l’UFCV était surtout catholique par rapport aux CEMEA qui sont « plus » laïques.

Par exemple, en « 1952 : Les CEMÉA sont seuls habilités à recevoir les élèves des Écoles normales pendant leur scolarité dans un stage obligatoire de colonies de vacances (circulaire du 8 avril). Le TNP offre une représentation exceptionnelle du Cid à 1800 militants des CEMÉA. »

https://fr.wikipedia.org/wiki/Centre_d%27entra%C3%AEnement_aux_m%C3%A9thodes_d%27%C3%A9ducation_active

J’avais été « aide-moniteur » (je n’avais pas alors 18 ans) à la colonie de vacances de l’Ile d’Aix, institution dirigée par l’abbé Fayaud. Quand j’ai eu l’âge, cette institution m’a payé le stage de moniteur de colo, organisé par l’UFCV. Il s’est déroulé pendant les vacances de Noël en janvier 1966, au sud de Toulouse. Je me souviens du mois et de l’année. En effet, je me souviens avoir vu du train à Muret les obsèques de l’ancien président de la république, Vincent Auriol, décédé le 1e janvier 1966.

Qui se souvient du lieu exact ? je ne suis pas le seul des colos de Limoges a avoir été en stage en ce lieu dans les années 60.

Je suis frappé par le fait que des institutions qui furent marqués par le christianisme masquent ce fait. On n’est pas responsable de ses parents ! Ah l’histoire qui s’écrit et se réécrit !

Heureusement qu’on trouve encore des choses sur la Toile (mais celui qui ne sait pas ne trouvera pas). Sinon je me poserais des questions sur ma santé mentale.

« Quoi qu’il en soit, les patronages catholiques se révèlent beaucoup plus nombreux que les patronages laïques. Les exercices de piété du courant catholique exceptés, les activités proposées semblent néanmoins très proches d’un réseau à l’autre.

Selon Crubellier, “l’orientation des patronages vers les activités physiques et
sportives a été un fait général dans la dernière décennie du XIXe siècle et la
première du XX e, du côté laïque aussi bien que du côté confessionnel”
(Crubellier 1979, 311). Sont ainsi proposés aux enfants du football, de la gymnastique et des exercices de tir. Parallèlement, les colonies de vacances se développent et sont fondées, selon le Dr Ernest Boureille à l’origine de la future UFCV, sur “l’idée de préservation de l’enfance contre les maladies qui la guette” (Rey-Herme 1961, 52) par l’envoi des jeunes citadins des classes populaires à la campagne, à la mer ou à la montagne, c’est-à-dire en dehors de leur cadre habituel (famille, école). Un premier congrès national (et deuxième congrès international des colonies de vacances) se tient à Bordeaux en avril 1906 sous l’égide du pasteur Louis Comte, après le congrès international de Zurich des 13 et 14 août 1888. Le pasteur Théodore Lorriaux, le Dr Ernest Boureille et Édouard Petit (Ligue de l’enseignement) entre autres, participent à ce congrès qui vota à la quasi-unanimité des œuvres représentées le principe d’une Fédération des Œuvres avec trois grandes commissions : assurances, transports, fiche médicale. Ce congrès de Bordeaux qui participe du “champ de la réforme sociale” tel que l’entend Topalov (1999), constitue pour le Révérend Père Philippe Rey-Herme “le point de jonction entre deux périodes nettement différentes dans l’histoire des œuvres de vacances : celle des initiatives isolées et des créations sporadiques […] et celle des structures fédérales de plus en plus différenciées” (Rey-Herme 1961, 51).
Les patronages de l’entre-deux-guerres doivent faire face à la concurrence des nouvelles formes d’encadrement de la jeunesse et c’est probablement le scoutisme qui joue alors un rôle prépondérant. “Matrice pédagogique particulièrement féconde, […] anti-école” (Fabre 1997), il popularise des thèmes et des méthodes que se réapproprièrent les patronages: le plein air déboucha sur les centres aérés, le fonctionnement par tranches d’âges, déjà utilisé dans les institutions militaires et scolaires, finit par aller de soi. D’un point de vue institutionnel, les Éclaireurs de France participèrent du côté laïque à la création des Centres d’entraînement aux méthodes d’éducation active (CEMEA) et des Francs et Franches Camarades (FFC qui sont devenus officiellement les Francas en 1989). Influencé par le scoutisme, […]
Jusqu’aux années 1950-1960, l’affrontement des institutions laïques et catholiques structure l’encadrement périscolaire de l’enfance qui hérite des luttes et des enjeux liés au processus de laïcisation de l’enseignement amorcé sous la Troisième République. Les enfants qui fréquentent les patronages, garderies et centres aérés appartiennent aux classes populaires urbaines. Les objectifs, sanitaires et moraux, visent à préserver les enfants et l’ordre social. Pour les institutions étudiées, tout se passe comme s’il s’agissait de former des fidèles à Dieu ou à la République (les “militants”). À la vocation de chrétiens qui ont foi en l’Église et la paroisse s’oppose celle de citoyens laïques qui ont foi en la République, l’École, la Science. L’UFCV (réseau des paroisses et de l’Union des œuvres catholiques de France) est dirigée par des curés, des militaires, des polytechniciens, issus de milieux bourgeois et catholiques passés par les Scouts de France. Chez les Francas, le réseau mobilisé (Ligue de l’enseignement, Éclaireurs de France, CEMEA, SNI), qui comprend des instituteurs d’origine populaire, se trouve proche du parti radical-socialiste ou du
parti communiste et souvent lié au secteur public »
… ce que l’on a vécu ensuite…
 » A partir des années 1970 s’opère en quelque sorte un passage de l’homo

civis à l’homo ludens. L’animation en centre de loisirs constitue une
activité en voie de professionnalisation : il s’agit bientôt de former des professionnels pour la mise en œuvre de politiques publiques de plus en plus “municipales” à partir des années 1980. En d’autres termes, l’histoire du poste apparaît comme celle du passage du patronage paroissial et associatif au CLSH
municipal. Aux surveillants-moniteurs et au couple instituteur/curé se substituent les animateurs et le couple vacataire/permanent renvoyant lui-même à l’opposition étudiants/professionnels permanents. Tout se passe donc comme si la conscience collective antérieure des patronages s’était progressivement décomposée pour se transformer aujourd’hui en un inconscient collectif parfois évoqué et actualisé par les anciens. En d’autres termes, son histoire institutionnelle constitue en quelque sorte l’ombre et l’étoffe du secteur actuel des centres de loisir « 
Une politique de l’enfance, du patronage au centre de loisirs
FRANCIS LEBON
Université Paris XIII
1 Terrasse Le Notre
94220 Charenton-le-Pont
frlebon@wanadoo.fr
On lit sur l’historique de l’UFCV
« 1976 : L’Ufcv définit ses finalités et ses choix d’action. Elle se reconnaît dans le courant personnaliste issu de la pensée d’Emmanuel Mounier. Philosophie nommée aussi personnalisme communautaire« 

 

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