» au milieu des années 1960, 94 % de la génération en France étaient baptisés, de nos jours, les baptisés avant l’âge de 7 ans ne sont plus que 30% »

Aujourd’hui, mardi gras (1) (on l’oublie ! ah il est vrai que maintenant on est tous les enfants de Donald Trump, on fête Allo-Win !), Jean Lebrun, dans La marche de l’histoire, sur France-Inter, nous a parlé du chanoine Boulard. Son invité, Guillaume Cuchet, était l’auteur de cet ouvrage :

guillaume-cuchet

https://fr.wikipedia.org/wiki/Fernand_Boulard

« Le chanoine Fernand Boulard (né le 28 décembre 1898, mort le 17 novembre 1977) est un ecclésiastique et sociologue français1. Il est notamment connu pour une carte de France rapprochant élections présidentielles et pratique religieuse2. Il est considéré comme le pionnier de la sociologie religieuse pastorale »

La carte de F. Boulard est les dernières votations en France :

http://www.jprissoan-histoirepolitique.com/articles/analyses-politiques2/chanoineboulardlareligionvariablepolitiquemajeureatlas

« Comment notre monde a cessé d’être chrétien , Anatomie d’un effondrement, Guillaume Cuchet

Le recul du catholicisme en France depuis les années 1960 est un des faits les plus marquants et pourtant les moins expliqués de notre histoire contemporaine. S’il reste la première religion des Français, le changement est spectaculaire : au milieu des années 1960, 94 % de la génération en France étaient baptisés et 25% allaient à la messe tous les dimanches ; de nos jours, la pratique dominicale tourne autour de 2% et les baptisés avant l’âge de 7 ans ne sont plus que 30%. Comment a-t-on pu en arriver là ? Au seuil des années 1960 encore, le chanoine Boulard, qui était dans l’Église le grand spécialiste de ces questions, avait conclu à la stabilité globale des taux dans la longue durée. Or, au moment même où prévalaient ces conclusions rassurantes et où s’achevait cette vaste entreprise de modernisation de la religion que fut le concile Vatican II (1962-1965), il a commencé à voir remonter des diocèses, avec une insistance croissante, la rumeur inquiétante du plongeon des courbes.
Guillaume Cuchet a repris l’ensemble du dossier : il propose l’une des premières analyses de sociologie historique approfondie de cette grande rupture religieuse, identifie le rôle déclencheur de Vatican II dans ces évolutions et les situe dans le temps long de la déchristianisation et dans le contexte des évolutions démographiques, sociales et culturelles des décennies d’après-guerre.

Guillaume Cuchet est professeur d’histoire contemporaine à l’université Paris-Est Créteil. Il a notamment publié Penser le christianisme au XIXe siècle. Alphonse Gratry (1805-1872) (Presses universitaires de Rennes, 2017). »

 

L’analyse de Guillaume Cuchet :

« comment le catholicisme français est-il devenu si rapidement une religion minoritaire, avec une chute de la pratique dominicale de près d’un tiers entre 1955 et 1975  ? Question qui provoque immédiatement deux types de réponse, selon deux camps qui se renvoient la responsabilité : pour les uns, plutôt à droite de l’Église, c’est la faute à Mai 68  ; pour d’autres, c’est à cause de l’encyclique Humanae vitae, qui, en interdisant la contraception, aurait découragé une génération de croyants.

[…]

: le décrochage du catholicisme en France, d’une ampleur inégalée par rapport au reste de l’Europe, a eu lieu exactement autour de 1965. Soit avant 1968. Mais juste après le Concile, qui aurait ainsi joué le rôle d’élément déclencheur.

Voilà un travail que « la sanctuarisation du concile Vatican II », par crainte de donner des arguments aux intégristes, a rendu jusqu’ici impossible à mener. […]

l’historien met en cause une pastorale post-conciliaire, en France, souvent « élitiste », peu adaptée à une pratique plus culturelle. Les prêtres de l’époque ont sans doute un peu vite considéré que le cadre qui permettait de tenir cette pratique (obligation dominicale, piété populaire, communion solennelle…) n’était que sociologique, et n’avait, au fond, pas de valeur. (2)

[…] Cette « sortie collective de la pratique obligatoire sous peine de péché mortel », ainsi que la désigne Guillaume Cuchet, eut un effet désastreux sur la fréquentation des églises, effet d’autant plus important que ce mouvement s’inscrit dans une mutation plus générale des formes de l’autorité, que ce soit dans le domaine familial et scolaire. Pour appuyer son propos, Guillaume Cuchet analyse le sacrement de la confession, qui baisse de manière spectaculaire autour de 1965, et l’évolution de la prédication autour des fins dernières et du Salut. » La Croix, 9 février 2018

http://livre-religion.blogs.la-croix.com/histoire-catholicisme-francais-la-rupture-de-vatican-ii/2018/02/09/

Une thèse :

http://theses.univ-lyon2.fr/documents/getpart.php?id=lyon2.2009.deloche_e&part=162269

(1) https://fr.wikipedia.org/wiki/Mardi_gras

« Mardi gras est une période festive, qui marque la fin de la « semaine des sept jours gras » (autrefois appelés « jours charnels »)1. Le Mardi gras est suivi par le Mercredi des cendres et le carême, où les chrétiens sont invités à « manger maigre » en s’abstenant de viande2.

Elle se situe donc juste avant la période de jeûne, c’est-à-dire — selon l’expression ancienne — avant le « carême-entrant », ou le « carême-prenant ». Les « sept jours gras » se terminent en apothéose par le Mardi gras, et sont l’occasion d’un défoulement collectif. L’esprit de jeûne et d’abstinence qui s’annonce est momentanément mis entre parenthèses avec le carnaval »

Vous faites bien de venir sur ce blog. Sinon vous passeriez à côté de ce qui fait la réjouissance de bien des gens ailleurs…

Figurez-vous qu’aux Youesses, en Louisianne, ils disent « Mardi gras ». Ah ils n’ont pas eu les communicants de la ville de Nantes. Ils ne savent pas.  » The Mobile and Baldwin counties in Alabama also celebrate Mardi Gras.  » « Galveston, in Texas, hosts its own Mardi Gras celebration, which features masked balls, a royal coronation, Cajun dances, jazz performances and parades with floats »

Et au Canada, Radio Canada vient de nous apprendre que :

« Mardi gras rime avec paczki à Windsor, dans le sud-ouest de l’Ontario. Comme chaque année, des milliers de ces traditionnels beignets polonais seront dévorés aujourd’hui. »

https://www.visittheusa.fr/experience/histoire-de-mardi-gras-aux-etats-unis

http://www.mardigrasneworleans.com/history.html

En Martinique, Mardi gras est chômé. A Nantes, j’ai connu l’après-midi de la Mi-Carême où tout était fermé.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Carnaval_de_Martinique

« « Un Turc, qui était passé à Paris le temps du carnaval, racontait au sultan, à son retour à Constantinople, que les Français devenaient fous en certains jours, mais qu’un peu de cendre, qu’on leur appliquait sur le front, les faisait rentrer dans leur bon sens », Louis Julien Larcher18 (1808-1865) »

« Mardi gras, ne t’en va pas, je fais des crêpes, je fais des crêpes. Mardi gras ne t’en va pas, je fais des crêpes et tu en auras« 

 

(2) Brassens nous avait chanté ça !

Tempête dans un bénitier
Le souverain pontife avecque
Les évêques, les archevêques
Nous font un satané chantier

Ils ne savent pas ce qu’ils perdent
Tous ces fichus calotins
Sans le latin, sans le latin
La messe nous emmerde
A la fête liturgique
Plus de grand’s pompes, soudain
Sans le latin, sans le latin
Plus de mystère magique
Le rite qui nous envoûte
S’avère alors anodin
Sans le latin, sans le latin
Et les fidèl’s s’en foutent
O très Sainte Marie mèr’ de
Dieu, dites à ces putains
De moines qu’ils nous emmerdent
Sans le latin

Je ne suis pas le seul, morbleu
Depuis que ces règles sévissent
A ne plus me rendre à l’office
Dominical que quand il pleut

Il ne savent pas ce qu’ils perdent
Tous ces fichus calotins
Sans le latin, sans le latin
La messe nous emmerde
En renonçant à l’occulte
Faudra qu’ils fassent tintin
Sans le latin, sans le latin
Pour le denier du culte
A la saison printanière
Suisse, bedeau, sacristain
Sans le latin, sans le latin
F’ront l’églis’ buissonnière
O très Sainte Marie mèr’ de
Dieu, dites à ces putains
De moines qu’ils nous emmerdent
Sans le latin.

Ces oiseaux sont des enragés
Ces corbeaux qui scient, rognent, tranchent
La saine et bonne vieille branche
De la croix où ils sont perchés

Ils ne savent pas ce qu’ils perdent
Tous ces fichus calotins
Sans le latin, sans le latin
La messe nous emmerde
Le vin du sacré calice
Se change en eau de boudin
Sans le latin, sans le latin
Et ses vertus faiblissent
A Lourdes, Sète ou bien Parme
Comme à Quimper Corentin
Le presbytère sans le latin
A perdu de son charme
O très Sainte Marie mèr’ de
Dieu, dites à ces putains
De moines qu’ils nous emmerdent
Sans le latin

Pour ceux qui veulent des explications, un site est consacré aux chansons de Brassens. Nous vous le recommandons.

http://www.analysebrassens.com/?page=texte&id=127&%23

Le disque de Brassens qui portait cette chanson date de 1975.  Le site Cuybercuré nous rappelle que :

« Après la promulgation de la Constitution « Sacrosanctum concilium » sur la sainte liturgie, le 4 décembre 1963, le pape Paul VI a mis en place, le 29 février suivant, une Commission chargée de mettre en application le texte de la constitution. Le 3 avril 1969 est publié le nouveau Missel romain, dont l’usage, ainsi que celui du nouveau lectionnaire dominical, devient obligatoire en France le 1er janvier 1970. Ce missel a subi une petite révision en 2002. »

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s