Quand le journal Pilote traitait de l’affaire Trognon

Pilote Éditeur : Dargaud (01/01/1972)

Recueil du journal Pilote n° 63 par Pilote

L’affaire Trognon rebondit par Lob

– Non, Monsieur ! On n’adopte pas un enfant quand on s’appelle Trognon !
Ou alors on change de nom !
– C’est vrai ! Le juge a raison ! Seulement ça coûte cher de changer de nom…Mais il suffit parfois d’ôter une seule lettre pour retrouver la respectabilité !
– Rognon, c’est insensé ! On n’adopte pas un enfant avec un nom pareil !
– Le juge a raison ! j’aurais dû y songer plus tôt…Mais cela doit encore pouvoir s’arranger
– Ognon ? Mais c’est ridicule ! avez-vous songé à l’enfant affublé d’un tel nom ?
Allons ! soyons sérieux !
– Voyons…Si j’ôte encore une lettre, ça fait….
– Gnon ! Avez-vous pensé à l’impact douloureux de ce nom sur une âme sensible et innocente ?
– Je pourrais peut-être encore faire sauter une lettre ?…
– Non ? Non !
– On ? C’est bien vague ! C’est indéfini…Ce n’est pas un nom propre à faire s’épanouir la personnalité d’un enfant !
– Monsieur comment ? N ? Et pourquoi pas monsieur X !? N ça ne veut rien dire ! C’est anonyme ! Je regrette !
– Moi aussi, je regrette…J’aurais tant voulu adopter cet enfant ! Mais je n’ai plus de nom…Je ne suis plus rien….Je n’existe plus…. »

 

Le juge Maurice Rousseau qui passait ses vacances à St-Yrieix au-dessus de chez Ducasse (les parents du prof de musique qui a donné son nom à l’Ecole de musique de St-Yrieix, prof que j’ai eu au lycée Darnet) avec ses nombreux enfants. Il était marié à une Du Garreau.

https://saintyrieixlaperche.wordpress.com/2014/11/28/saint-yrieix-la-maison-jarrige-de-la-morelie-le-juge-rousseau-et-laffaire-trognon/

 » Philippe s’appellera donc Philippe Trognon. A trois ans, il a gagné, par parents adoptifs interposés, la première bataille de sa vie contre la bêtise. Si Jean-Jacques Rousseau avait inventé les boîtes à ordures, au lieu d’écrire les « Confessions », on peut se demander si le juge du tribunal de grande instance de Melun, Maurice Rousseau, aurait rejeté la demande d’adoption d’un enfant par M. et Mme Trognon, sous prétexte que leur nom est ridicule. Voilà à quoi peut tenir la décision d’un juge. L’affaire Trognon, qui s’est heureusement bien terminée, a de quoi faire frémir. Elle montre en effet qu’en dépit des excellents renseignements recueillis sur les époux Trognon, leur nom, et leur nom seul, a pu motiver la décision défavorable d’un juge à leur égard. Elle montre, par ricochet, quel handicap peut représenter un nom jugé bizarre, étrange, ridicule par le commun des mortels. Car il n’est pas facile de s’appeler — tous ces noms existent réellement — Crétin, Connard, Groslard, Cocu, Salope, Labitte, Bellegueule, Baucon, Lecul, Corniaud, Cimetière, Verdefroid, Pippi, Grognefesse, Malréchauffé, Landru, Satyre ou Nazi. Et encore moins facile quand des parents inconscients ou « humoristes » assortissent le prénom au nom ; c’est le cas des époux Bastille qui appellent leur fille Madeleine, ou des parents Bon qui prénomment leur fils Jean. De la maternelle au lycée, de la caserne au bureau ou à l’usine, ceux que l’on appelle aujourd’hui les « handicapés patronymiques » se heurtent aux quolibets, aux plaisanteries ou au simple sourire dès qu’ils prononcent leur nom. Qui n’a pas lu, dans certains journaux, les rubriques « Nous ne l’avons pas inventé » ou « Les noms prédestinés » dans lesquelles on trouve, semaine après semaine, les photographies de la plaque du « Dr Faisant, vétérinaire », de « M. Machtou, dentiste », de « Mme Poilroux, coiffeuse», ou la silhouette capiteuse de Mlle Bellegueule, candidate au titre de Miss Bully-les-Mines ? Tous les secrétaires de rédaction des journaux savent d’ailleurs qu’un nom « marrant » est une véritable aubaine pour faire un titre. Quelques exemples : « Lalouette ne volera plus », « Georges Sansouci dépouillait les dévots de Saint-Antoine », « Devant la tombe, M. Lemort prononça l’éloge funèbre », ou « M. Montpied, maire de Clermont-Ferrand, vient d’adresser une lettre à M. Godillot, conseiller municipal ». Qu’en pensent les intéressés ? D’abord, ils ne trouvent pas le terme « handicapé patronymique » trop fort. Les exemples abondent, qui montrent que, pour certains, leur nom est un véritable obstacle dans la vie. Ainsi, M. Pourceau, dont les fiançailles ont été rompues lorsque sa fiancée a appris son nom. Ou cette femme qui n’ose dire son nom tout haut au guichet d’une administration : elle s’appelle Mme Cocu. Ou encore M. Crétin, qui n’a voté qu’une fois dans sa vie : on a trop ri au bureau de vote la seule fois où il s’y est présenté. 1000 F et 18 mois d’attente C’est parce qu’il avait connu ces plaisanteries pesantes, ces quolibets, que Jean-Louis Meurdesoif, employé à la Sécurité sociale, a décidé, en 1965, de créer à Lens (29, boulevard du Marais) l’Association des handicapés patronymiques. Son but : faire en sorte que ceux qui souffrent d’un nom ridicule sachent où s’adresser pour en changer. Car Jean-Louis Meurdesoif a décidé de changer son nom en Meursois. Et de le faire savoir. Changer de nom n’est pas, en théorie, aussi difficile que beaucoup l’imaginent. Il suffit de constituer un dossier motivé, de le transmettre au procureur de la République, qui, après l’instruction, l’envoie au ministère de la Justice. Le décret qui officialise le changement de nom est signé par le Premier ministre et le Garde des Sceaux. Il est applicable un an après sa parution au « Journal officiel ». Il n’en coûte pas moins de 1 000 F à ceux qui changent de nom. L’instruction dure entre 3 et 6 mois. Au total, un an et demi d’attente. En 1971, 502 personnes ont présenté un dossier au ministère de la Justice, qui a donné satisfaction à 409 solliciteurs. « Je ne vois pas pourquoi les pouvoirs publics ne prennent pas en charge les frais de constitution de dossier des handicapés patronymiques, déclare André Delelis, député-maire de Lens, qui a succédé à Jean-Louis Meursois, après la mort de ce dernier, à la tête de l’Association. De plus, il faudrait accélérer la procédure, et la rendre moins complexe. » Un timide effort a été fait dans ce sens : en mai dernier, René Pleven a annoncé que des remises totales ou partielles pouvaient être accordées à des personnes de condition modeste. C’est encore trop peu. Il aura fallu cependant l’affaire Trognon et l’absurde préjugé d’un magistrat, pour que l’on découvre les obstacles que peut susciter un nom. Mais vaut-il mieux aujourd’hui s’appeler Trognon, Rives-Henrys ou Charret, M. le juge  »

Journal L’Unité (PS), 13-10-1972

http://62.210.214.184/unite/u-cata.php?catalogueID=18257&catalogueID=18257&NumeroJournal=034

Un ancêtre, bienheureux  Pierre Jarrige de la Morelie de Puyredon :

https://nominis.cef.fr/contenus/saint/12133/Bienheureux-Pierre-Jarrige-de-la-Morelie-de-Puyredon.html

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« Né le 19 avril 1737 à Saint-Yrieix (Haute-Vienne) où il était chanoine – Déporté sur les Deux-Associés à Rochefort – Mort à l’âge de 57 ans.
Béatifié le 1er octobre 1995 par Jean-Paul II. »

Une balade :

http://lepaysdemesreves.free.fr/wordpress/?p=175

On dispose en ligne sur Gallica de :

Journal historique de Pierre de Jarrige, viguier de la ville de Saint-Yrieix (1560-1574)

/ continué par Pardoux de Jarrige, son fils, (1574-1591) ; annoté et publié aux frais et par les soins de leur arrière-petit-neveu hy. B. de Montégut

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5658056p/texteBrut

et je rappelle cette histoire déjà traitée sur ce blog et que nous raconte P. Vayre :

http://www.academie-chirurgie.fr/ememoires/005_2011_10_1_001x006.pdf

« À Saint-Yrieix-la-Perche, près de Limoges, il est de tradition de raconter, encore au troisième millénaire, des histoires mystérieuses évoquant le passé dans une ambiance mythique où la réalité peut dépasser la fiction, telle la mésaventure des familles Gondinet et de Jarrige-de-la-Morélie, participant à l’énigme du « Masque de Fer » au temps glacial du Roi Soleil !

Voltaire (1694-1778) le premier, dès 1730, monte en épingle le mythe du « Masque de Fer » pour servir son combat philosophique contre l’absolutisme. Victor Hugo (1802-1885), avec son souffle puissant, dénonce au XIXe siècle « un prisonnier
dont nul ne sait le nom, dont nul n’a vu le front, un mystère vivant, ombre, énigme, problème». « 

Ah ! St-Yrieix, quelle histoire ! l’enseigne-t-on au lycée Darnet ?

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