Jausbert de Puycibot (suite)

https://en.wikipedia.org/wiki/Jausbert_de_Puycibot

 

 

Nous avons déjà fait plusieurs billets sur ce troubadour. Normal ! Puycibot ce n’est pas loin de Bourdoux…et j’y passe à vélo.

Voici quelques liens que nous n’avons semble-t-il pas donnés jusqu’à présent.

http://avecgildef.forumpro.fr/t836-jausbert-de-puycibot-limousin

et

http://www.jfbrun.eu/lengadoc/gausbert_de_pueicibot.htm

qui est le plus complet que nous ayons trouvé.

Il nous dit que cette histoire :

« his vida says that he left his monastery to get married but traveled to Spain without his wife, who then ran off with an Englishman ; when he found her by chance in a brothel he stayed the night, then took her to a convent and ceased composing »

est un conte.

« Le reste de la Biographie où Savari paraît pour la deuxième fois, semble être un conte. Elle raconte, en effet, que Jausbert tomba amoureux d’une demoiselle  » gentille et belle « , qui ne voulait pas l’écouter à moins qu’il ne se fît chevalier et qu’il ne la prît pour femme. Avec l’aide de Savari, il devint chevalier et épousa la demoiselle. Après, il s’en alla en Espagne. Durant son absence, un chevalier anglais séduit sa femme, puis l’abandonne. En revenant d’Espagne, Jausbert s’arrête une nuit dans la ville (non nommée) où se trouve sa femme ; étant sorti le soir  » per volontat de femna « , il entre dans la maison d’une pauvre femme où on lui dit qu’il y a une belle fille et y trouve sa femme. Alors tous deux se repentent, la femme entre dans un couvent, et Jausbert quitte  » le chanter et le trouver « . Tout cela a probablement été inventé par l’auteur de la Biographie pour expliquer les chansons II et VIII, où Jausbert se plaint amèrement d’avoir été trompé par une dame. D’autres poésies (surtout XIV) lui montraient que Gausbert était allé en Espagne. Voila, je crois, les particularités que le biographe a voulu expliquer en inventant ce récit romanesque. »

http://troubadours.byu.edu/PC/PC-173/173%20-%20Gausbert%20de%20Puicibot.htm

http://www.tempestsolutions.com/trobar/object.asp?obj=Gausbert%20de%20Poicibot%20%7BPC%20173%7D&mod=

https://www.revolvy.com/main/index.php?s=Jausbert%20de%20Puycibot&item_type=topic

http://www.lt.unina.it/Andolfato-2010.pdf

 

La recommandation paradoxale, ou le jongleur cible de la satire

Nouvel essai de définition du sirventes joglaresc dans la lyrique occitane des XIIe et XIIIe siècles, (avec en Annexe une traduction commentée)
Silvère Menegaldo

« La grande majorité des sirventes joglarescs sont donc de tonalité satirique et critique, qu’ils visent un jongleur particulier ou s’en prennent aux jongleurs en général. Certaines compositions sont même particulièrement virulentes, comme la pièce 40 de Bertran de Born, ou plus encore celle de Gausbert de Puycibot :

Gasc, pecs, laitz joglars e fers,
Dechatz e faitz a revers,
A totz mals liges e sers,
Qu’us non cre que t’en soffraigna,
E de totz bos aips esters […].
(v. 1-5)

Ainsi le jongleur apparaît-il au mieux entaché d’un certain nombre de vices (vénalité, paresse, gloutonnerie, etc.) ou dépourvu des compétences qu’il devrait avoir (dans les sirventes-ensenhamens), et au pire privé de toutes les qualités – tel Gasc aux yeux de Gausbert de Puycibot. Seuls font exception dans cet ensemble, encore une fois, les sirventes de Raimon de Miraval qui, sans aller toutefois jusqu’à prêter des vertus au jongleur25, en tout cas ne stigmatisent pas particulièrement ses défauts (sinon ceux que Fornier doit perdre pour devenir un bos chantaire), ce qui peut se comprendre dans la perspective d’une véritable recommandation »

Gausbert de Puycibot

Gasc, pecs, laitz joglars e fers (PC 173.4)

Troubadour limousin dont la vida dit qu’il était « gentil hom de l’evesquat de Lemogas, fils del castellan de Poicibot ». On peut probablement situer ses débuts poétiques aux alentours de 1220, et la mention de son nom dans le nécrologue de Solignac semble indiquer qu’il est mort vers 1250. On conserve de lui quinze compositions d’attribution certaine, essentiellement des chansons d’amour, ainsi qu’une tenso avec Bertran de Preissac et un sirventes joglaresc.

Comme l’indique d’emblée le premier vers de la pièce, enchaînant les épithètes dépréciatives, le sirventes joglaresc adressé à Gasc se distingue par un ton particulièrement violent et insultant, et apparaît d’autant plus cruel qu’il vise apparemment un vieux jongleur, proche de la mort, et que les recommandations des str. 4 et 5 n’ont probablement d’autre portée qu’ironique.

Texte : Les Poésies de Jausbert de Puycibot, éd. et trad. W.P. Shepard, Champion (CFMA 46), 1924, pièce 4.

(1) Gasc80, jongleur stupide, méchant et grossier, taré et fait à rebours, esclave fidèle de tous les vices – si bien, je crois, qu’aucun ne te manque – et dépourvu de toute bonne qualité, si tu supportes que je parle vrai, le triste sirventes que tu me demandes, prends-le tel qu’il te convienne.

(2) Tu vaux si peu pour tes affaires que la louange ne te servirait de rien. Mais l’outrage et l’injure, qui nuisent à autrui, tu en tires profit, car tu n’es pas jongleur pour autre chose – vieux, racorni, plus perfide qu’un Navarrais, comblé de tous les vices et sans la moindre vertu.

(3) Ni justice ni procès ne te donneraient droit de recevoir des bienfaits, car pour tout le monde tu es une nuisance et ta société importune – vorace, glouton et laid comme tu es. Mais puisque tu es vieux, infirme et faible comme un perclus, la pitié demande qu’on s’adoucisse envers toi.

(4) Malheureux Gasc, pauvre d’esprit, puisqu’une si grande pauvreté te harcèle, jamais il ne te refusera du sien – bien qu’il se dérobe à d’autres –, le roi qu’on n’attrape pas, à moins d’avoir la langue vraiment mielleuse ; mais à toi il te donnera sans faute, car tu tiens petit commerce.

(5) Et si tu t’en vas auprès du seigneur Balian, pauvre jongleur, épuisé et malheureux, mille fois tu passeras par les portes, battu et traîné dans la boue. Quant à lui, je me tiens pour assuré – car il n’a pas le cœur mou ni bas – que tu en obtiendras un don selon ton mérite, sans dispute et sans tumulte.

(6) Et si l’un d’eux te fait des ennuis, dans la maison de ton seigneur tu as ce qu’il te faut, si peu que tu vives – car en août le tombeau t’attend et il ne se trouvera personne pour te pleurer ni te plaindre.

(7) Entre dans la compagnie des maîtres, Gasc, car tu te loueras d’eux ; et si tu récites le sirventes à leurs petits-fils, tu verras bien que ce ne sera pas œuvre d’araignée81. »

© Cahiers de recherches médiévales et humanistes

Nous avons en ligne « La langue et la littérature du Limousin » de Camille Chabaneau

http://occitanica.eu/omeka/files/original/225fcc1ec174eb4d44b973cbe3372b79.pdf

 

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