Je me souviens des tubards et des tubardes

https://fr.wiktionary.org/wiki/tubard

Un tubard était quelqu’un atteint de tuberculose. Les sanatoriums, j’en connaissais au moins deux : celui de Clairvivre en Dordogne…et celui de Briançon où travaillait mon oncle Gaston.

« Établissement médical spécialisé dans le traitement de la tuberculose et implanté dans un climat sain. Les sanatoriums étaient nombreux au début du XXe siècle. Ils disparurent peu après la découverte des antibiotiques antituberculeux. Ils se démarquaient de l’archétype de la maison de santé traditionnelle en ce qu’on cherchait à guérir les malades par la pratique des cures de repos, d’air et de lumière, le tout dans le splendide isolement de la nature. Étymologie: du bas latin sanatorius, propre à guérir.

C’est dans une telle atmosphère que se situe le roman de l’écrivain allemand Thomas Mann, paru en 1924, La montagne magique, pour lequel il reçut le Prix Nobel de littérature. Le jeune Hans Castorp séjourne à Davos, en Suisse, auprès de son cousin Joachim qui est en traitement dans un sanatorium. Il compte y rester trois semaines mais il est progressivement pris au piège de l’atmosphère envoûtante et glauque de la maison de santé. Les médecins décèlent chez lui des signes suspects, en particulier une tache sur un poumon. Bientôt il se retrouve en cure de repos sur les terrasses ensoleillées du sanatorium, dans une vie communautaire hors du temps et qu’il n’a pas choisie. Il y reste sept ans puis la Grande Guerre le rattrape et l’arrache à la magie du monde clos. »
Ce texte est issu du site Le Garde Mots que je consulte toujours. Son auteur est malheureusement décédé. Mais j’ai toujours le blog en ligne sur http://lefenetrou.blogspot.com

Alphonse Boudart

https://fr.wikipedia.org/wiki/Alphonse_Boudard

 » Et Céline… j’ai rencontré Céline… Tu sais, y a longtemps, c’est vraiment dans les profondeurs, ça, j’ai un peu travaillé pour Albert Paraz qui était le grand laudateur de Céline, qui criait partout :  » Mais vous ne voyez pas que c’est le plus grand ? Sartre c’est de la merde à côté, Hemingway c’est rien du tout !  » Et Paraz pour me faire plaisir, m’envoie chez Céline. Y avait d’énormes chiens qui le défendaient, ils tournaient autour de moi, les bestiaux, c’était impressionnant et Céline arrive :  » Ah, je vous attendais pas, j’ai du travail, gna-gna.  »
Il me fait assoir sur un banc, me fait parler de Paraz, qui habitait à Vence. Alors, timidement, je lui raconte ce qui me passe par la tête, qu’un jour il y avait des voisins qui avaient brûlé des herbes, ça faisait de la fumée partout. Paraz était arrivé avec un seau de flotte pour éteindre, il avait fait un faux mouvement et envoyé la flotte à la figure de son voisin. Et ça, ça intéresse prodigieusement Céline, il se met à se marrer, il dit :  » Merde, alors, un seau de merde…  » Je rectifie, non, un seau d’eau… Mais c’est fini : pour Céline, j’avais lancé le seau de merde, mis des seaux de purin à la gueule du voisin. C’était la transfiguration célinienne. Du coup, il s’est intéressé à moi, il m’a posé des questions. Je lui ai dit que j’étais tubard, à ce moment-là j’avais mes deux pneumothorax, et je me suis mis à parler de ça avec Céline.
Moi j’étais très au courant, j’étais vraiment dans le bain, et je me suis aperçu que Céline était en retard d’une vingtaine d’années en ce qui concernait la tuberculose. Il te parlait du Résorcine-Verne, un test qui se faisait plus du tout, il avait des notions qui dataient de 1935, il ne s’était pas recyclé, il disait qu’il avait des tas de livres de médecine, je les ai vus, des grosses encyclopédies qui me paraissaient un peu vieillottes. Je crois qu’il y avait chez Céline le désir peut-être, au fond, d’être un génie médical, qu’il n’a pas été, alors qu’il est devenu un génie littéraire.
Céline a écrit quelque part :  » On est toujours le contraire de ce qu’on écrit. On a sous le texte qu’on lit un généreux, on rencontre un avare ; on croit un séducteur, on rencontre un con qui emmerde les bonnes femmes… mais pas toujours…  »  »

MA VIE PLEINE DE TROUS… racontée à Daniel Costelle

http://celineenphrases.fr/template34/lf%20celine/lf%20celine.htm

 

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