Comme les Ferguson et Amy de Paul Auster, j’avais mon « Europe on 5$ a day »

Paul Auster

https://culturebox.francetvinfo.fr/livres/la-rentree-litteraire/4-3-2-1-pourquoi-le-dernier-roman-de-paul-auster-est-exceptionnel-267719

« L’hôtel parisien où ils étaient descendus était si obscur qu’il n’avait même pas de nom. L’enseigne au-dessus de la porte d’entrée indiquait simplement HÔTEL et la chambre rudimentaire qu’ils partageaient rue Clément dans le 6e arrondissement faisait directement face au marché Saint-Germain, cette chambre dix-huit, petite, mais suffisamment grande, qui n’avait ni téléphone, ni la télévision, ni la radio, qui était équipée d’un lavabo à l’eau froide mais pas de toilettes, coûtait dix francs la nuit, l’équivalent de deux dollars, ce qui revenait à un dollar chacun et quelle importance si les toilettes au fond du couloir n’étaient pas toujours libres quand on voulait y aller, et si la douche, une cabine exigüe de métal coincée dans le mur en haut de l’escalier n’était pas toujours libre quand on voulait s’en servir, l’essentiel était que la chambre soit propre et claire et que le lit soit assez grand pour qu’on puisse y dormir confortablement à deux et encore plus important, que le propriétaire de l’hôtel, un homme corpulent et moustachu nommé Antoine, se fiche complètement que Ferguson et Amy partagent ledit lit si manifestement ils n’étaient pas mariés et étaient assez jeunes pour être ses propres enfants.

Ce fut la première chose qui leur fit aimer la France (cette indifférence bénie pour la vie privée d’autrui)… »

« … et bien sûr il y avait la cuisine, la cuisine française qu’ils dégustaient avec enthousiasme lors du seul repas au restaurant qu’ils prenaient tous les soirs après un petit-déjeuner de pain beurré et de café (tartine beurrée et café crème)  un déjeuner de sandwiches faits maison (jambon de Paris) ou au fromage (gruyère, camembert, emmental) et les dîners le soir dans les restaurants bons et pas chers signalés dans L’Europe pour cinq dollars par jour, comme le restaurant des Beaux-Arts et Wajda à Montparnasse, la crèmerie Polidor (un des endroits où, dit-on, mangeait James Joyce), ils dégustaient des mets et des plats qu’ils n’avaient jamais goûtés à New-York ni nulle part ailleurs, poireaux vinaigrette, rillettes, escargots, céleri rémoulade, coq au vin, pot-au-feu, quenelles, bavette, cassoulet, fraises à la Chantilly et cette délicieuse bombe sucrée connue sous le nom de baba au rhum »

4321 Paul Auster pages 477-478-479

Et je m’en suis servi après mon premier court séjour à Paris les 29 et 30 mai 1968, lorsque j’ai passé plus de temps à Paris. Par exemple lors de mon stage au service économique de la direction de GDF en 1969 ou 70.

 

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