Je me souviens quand on avait persuadé les ruraux que leur patrimoine ne valait rien. Le Formica il n’y avait pas mieux !

Je lis Jean Rohou, Fils de ploucs, page 70. Il me rappelle mon Limousin. Heureusement j’avais des parents qui ne se laissaient pas persuader. Et m’ont appris à résister au chant des vendeurs de porte-chaussettes.

https://saintyrieixlaperche.wordpress.com/2013/11/21/le-formica-dans-les-annees-50-60/

 » C’était l’époque où l’efficacité de l’industrie et de la dynamique du progrès avaient persuadé les ruraux que leur patrimoine ne valait rien : un véritable colonialisme économique et culturel. On bradait les lits clos aux antiquaires, on les transformait en cloisons pour poules ou pommes de terre.  »

 » Nous préférions à notre antique patrimoine la netteté racoleuse du Formica et du plastique (non seulement plus brillant mais plus propre et plus pratique, il est vrai…   »

« Cette situation que j’ai vécue m’a aidé à réfléchir sur l’art : quelle est sa raison d’être, à quelles conditions peut-il produire des œuvres de valeur ?  »

 » La force des œuvres d’art authentiques vient de la satisfaction esthétique et affective que procure la résolution – en images seulement, mais en images bien réelle – des affrontements entre désir et réalité. Les constructeurs des enclos et leurs paroissiens se dépassaient dans ces œuvres qu’ils s’appropriaient comme concrétisations de leur foi et de leurs rêves, qu’ils inscrivaient dans leur environnement.

La faiblesse des fausses beautés vient de n’être pas le résultat d’une telle sublimation. Purement esthétiques et du coup clinquantes, elles sont sans profondeur affective, parce qu’elles n’assument en aucune façon nos problèmes existentiels : nous ne sommes que les consommateurs de leur apparence. Leur flatteuse esthétique superficielle est anesthésiante. C’est pourquoi elles sont généralement promues par les dominants pour endormir les dominés dans une satisfaction illusoire.  »

Et en 2018 ?

https://saintyrieixlaperche.wordpress.com/2018/04/02/ces-meubles-quon-remplace-par-des-meubles-en-copeaux/

Jean-Pierre m’écrit :

 » J’ai vu les conséquences de cette époque bénie où les couédes en buis ont été remplacées par d’autres en plastique fluo, les tables centenaires par du bousin aux pieds qui rouillaient vite et au revêtement qui se décollait au bout de quelques années. La couleur rentrait dans les maisons, mais à quel prix ?  »

JP m’a écrit « les couédes » au lieu de « couade ». Question d’accent !

http://quoras-tu-chabat.hautetfort.com/archive/2011/06/08/un-antique-usage-de-la-couade-la-pompe-hydraulique-d-al-jaza.html

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