Journal du curé de La Meyze, 1837 et suivantes

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Journal du curé de La Meyze,

1837

« Bientôt, la paroisse sentit le besoin de mieux faire instruire ses enfants. Les pères et mères les envoyèrent au catéchisme et cette année-là, un grand nombre d’enfants firent leur Première Communion; beaucoup de grandes personnes aussi s’approchèrent de la Sainte Table. Il y eut plus de 400 communiants sans compter les petits enfants qui furent à peu près tous confessés avant la Première Communion des autres. Plusieurs mariages civils furent bénis et, par conséquent, plusieurs scandales réparés.

Il existait une espèce de sage-femme dans le bourg, qui faisait profession de retirer  les filles qui avaient eu le malheur de perdre leur honneur. Ce métier était peu louable pour la localité et contraire à la religion et aux mœurs de l’endroit. Je m’opposais à cette sorte de métier et ce ne fut qu’après bien des combats que je parvins à extirper ce mal. Je fus obligé de refuser à cette femme de baptiser un enfant, sauf dispense et payement à la fabrique de la part du maire. La sage-femme irritée baptisa l’enfant elle-même et le porta à Limoges. Plus tard, cette plaie disparut mais il me fallut bien combattre « 
année 1839
« D’une autre part, l’habitude de la paroisse à transporter des terres de porcelaine ou de fer afin de les convoyer au chef-lieu du département étaient de nature à distraire les habitants et à diminuer la foi dans leur cœur : « Raro sanctificantur qui multum perigrinantur », rarement se sanctifient ceux qui voyagent beaucoup. Quoique d’un caractère assez pacifique, les habitants de la paroisse ne pouvaient que perdre dans ces différents voyages, aussi en vérité je ne tardais pas à reconnaître, en cette occasion comme en la première, un grand obstacle à l’accomplissement de leur devoir de religion. Beaucoup de grandes personnes, surtout des hommes, car ouvriers en ce trafic pénible, trouvaient là l’occasion de se détourner de la pratique de leur devoir de chrétien. Grand nombre de familles aussi, attirées par l’appât du gain, envoyaient leurs enfants aux charrois, lesquels ne pouvaient conséquemment assis ter aux instructions du catéchisme et ne pouvaient pas, faute d’instruction, faire leur première communion, et arrivaient ensuite à un âge avancé, sans pouvoir

remplir ce premier devoir du chrétien. Je leur fis la dessus de pressentes instructions et le mal, je crois, fut moins sensible. »
1841
« Ici se connaît bien cette pente naturelle de l’administration qui protège les maîtres d’école. C’est le monopole de l’université. Mais quelle instruction que celle des professeurs et instituteurs de l’académie! N’est-ce pas un enseignement mécanique, matériel, superficiel, n’ayant pour but que les plaisirs  bonheur de ce monde ? Ils enseignent la religion, la morale, c’est vrai, mais comment ? Pour la forme, à leur guise, mêlés de cette philosophie du jour, toute faussée, matérielle, hérétique. Ces maîtres eux-mêmes ne suivent pas la religion catholique, s’éloignent des sacrements, bel exemple pour des enfants destinés à régénérer la société. Quelqu’un veut-il élever la voix contre ces abus, en demandant seulement la liberté d’enseignement promise par la charte de 1830 ? (1) Ils s’écrient de suite au jésuitisme, et en attendant ils dévoient le corps et l’âme des enfants de la société.  »

1845-446
Paupérisme de l’année 1845-1846
Il faut avouer que Dieu a puni son peuple depuis la saint Jean 1845 jusqu’à la saint Jean 1846. Dans le courant de cette époque, a été une période unique et incroyable. Le temps a presque toujours été mauvais, pluvieux et sans chaleur. Tout a manqué, pour ainsi dire, ou du moins, de la récolte en tout genre, la moitié a manqué. Aussi, qu’est-il arrivé ? La plus grande misère, la plus grande disette. Ce qui a fait le plus
grand tort ici a été le manque de la pomme de terre« 
« Fasse le ciel que chacun rentre en soi-même et que Dieu n’ait plus à punir le peuple de cette sorte. Pour surcroît de malheur, le 1er Avril, une grêle énorme a tout ravagé; les toitures des maisons, blé noir, les châtaigniers, tout a été emporté ; beaucoup d’arbres sont demeurés sans feuilles. Les céréales ont fait seulement 5 à 6 par 100, tout annonce l’année la plus déplorable. »
« La Charte de 1830 fonde la monarchie de Juillet, nouveau régime issu des émeutes des 27, 28 et 29 juillet1830, dites les Trois Glorieuses. »
« Les articles 6 et 7 de la Charte de 1814 sont fusionnés et la religion catholique cesse d’être qualifiée de « religion de l’État » ; elle est toutefois reconnue comme religion « professée par la majorité des Français ». « 
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