Cyprien Prosper Brard et son enquête sur la Dordogne à partir de 1837

C’est Pierre Ortega, l’historien de Jumilhac, qui me fait découvrir l’enquête Brard. Pierre Ortega est LA source de connaissance sur l’histoire du pays. Merci !

D’autres aussi le découvrent avec plaisir ici :

http://www.geoforum.fr/topic/33853-qui-%C3%A9tait-brard/

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Cyprien Prosper BRARD (1786-1838)

http://www.annales.org/archives/x/brard.html

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réédité

 

extrait :Nouveaux élémens de minéralogie, ou Manuel du minéralogiste voyageur

 » Il devient en 1816 un des concessionnaires des houillères de Dordogne. Il dirige ensuite les houillères de Fréjus puis d’Alès. A la fin de sa vie, il créa un ensemble industriel modèle, avec une école gratuite des dimanches en plein air pour les ouvriers.

Il meurt au Lardin en 1838, le 28 novembre. Il existe encore une école primaire Cyprien Brard à Le Lardin Saint Lazare (Dordogne, Aquitaine).

Il est le responsable de l’enquête statistique faite sur le département de la Dordogne à partir de 1835 sur la topographie, l’état civil et moral, l’histoire, l’administration, l’instruction publique, l’agriculture, l’industrie et le commerce. Il appartenait à l’Académie de Caen. L’enquête sur la Dordogne fut effectuée sur les instructions de François Auguste de ROMIEU (1800-1855 ; X 1819 qui démissionna de Polytechnique pour la littérature et la vie libre et joyeuse), préfet de la Dordogne de 1833 à 1843. BRARD mourut avant d’avoir mené son enquête à terme, mais s’occupa au moins très sérieusement de l’agriculture.  »

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La Dordogne De Cyprien Brard, Archives En Dordogne , Etudes Et Documents No1, 2 Volumes de Michel Combe

Je constate que très souvent ceux qui se sont particulièrement intéressés à un pays ne sont pas originaires du pays. Ce sont des migrants, souvent pour raison professionnelle. Idem d’ailleurs pour les activités économiques.

L’enquête de Brard sur le site des Archives Départementales de la Dordogne

https://archives.dordogne.fr/f/ECB/tableau/?

Très intéressant de lire les réponses des mairies aux questions fort pertinentes de Brard. Ne manquez pas ces textes (les réponses manuscrites sont d’une écriture très lisible pour ceux qui sont allés à l’école dans les années 40/50 !). Profitez du service public des Archives.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Archives

Quelques extraits :

  • « A-t-on essayé l’usage de la chaux et de la marne dans les terres et quel en a été l’effet ? « 

Un seul propriétaire possesseur de four à chaux a fait cet essai et s’en est bien trouvé. « 

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  •  » Existe-t-il dans la commune des sources, des étangs ou des fontaines remarquables ? « 

Non (1)

  •  » La commune est-elle traversée par une ou plusieurs grandes routes ?

Non (2)

  • « Existe-t-il des carrières …. »

 » Il existe quelques carrières de kaolin ou de terres propres à fabriquer la porcelaine, une seule est exploitée en ce moment. … »

  •  » L’air est-il sain ? « 

«  L’air est sain : mais il est vicié dans la plupart des villages 1° par le défaut de propreté et d’écoulement des résidus des fumiers 2° parce que les ouvertures pratiquées dans les habitations sont trop peu nombreuses et trop petites 3° par l’effet de la trop grande quantité de bois qui entourent l’habitation et dont le feuillage intercepte la circulation de l’air et empêche la diffusion de la lumière.  » (3)

Lire aussi :

RICHESSE ET PAUVRETÉ AUX CHAMPS EN PÉRIGORD AU TEMPS
DE JACQUOU LE CROQUANT
Corinne Marache
Association d’histoire des sociétés rurales (A.H.S.R.) | « Histoire & Sociétés
Rurales »
2012/1 Vol. 37 | pages 117 à 148
ISSN 1254-728x
ISBN 9782753520981
Article disponible en ligne à l’adresse :
——————————————————————————————————————–
https://www.cairn.info/revue-histoire-et-societes-rurales-2012-1-page-117.htm
——————————————————————————————————————–
Pour citer cet article :
——————————————————————————————————————–
Corinne Marache, « Richesse et pauvreté aux champs en Périgord au temps de
Jacquou le Croquant », Histoire & Sociétés Rurales 2012/1 (Vol. 37), p. 117-148.

Histoire & Sociétés Rurales 2012/1

« Délimiter et observer la pauvreté est donc une mission difficile. Nous
avons d’abord et naturellement examiné les listes de recensement de
population pour repérer les indigents et les mendiants. Mais celles-ci se sont
avérées totalement inutiles. En effet, les résultats obtenus sont totalement
fantaisistes. Tout d’abord, les maires minimisent volontiers le phénomène,
toujours gênant. La pauvreté est tabou pour les édiles comme pour ceux
qui la vivent au quotidien et le champ sémantique utilisé pour aborder
la question est riche de sens : « Il n’est pas la peine d’en parler », explique
le maire de Bergerac en 1835 8 ; « On est honteux de mendier et aussitôt
qu’on le peut on cesse », écrit celui de Pluviers 9, sans parler de celui de
Razac pour qui « il n’y a pas à proprement parler [dans sa commune] de
pauvres mendiants mais il y a des pauvres honteux » 10. Mais surtout, la
définition de l’indigence diffère selon les communes et, au sein même
d’une commune, selon la personne qui opère le recensement. Ainsi, un sondage effectué pour 1836 sur les listes de recensement de 33 communes
totalisant 23 892 habitants, ne permet d’identifier qu’un indigent (à Miallet)
et trois mendiants (à Molières) 11. Or, grâce à l’enquête Brard de 1835 12,
on sait que le phénomène est bien présent. Cette enquête, commandée en
1835 par le préfet Romieu à Cyprien Brard, ancien ingénieur des Mines
et industriel à la retraite en Périgord, théoricien libéral et social, pose aux
583 communes du département une série de 122 questions portant sur
des thèmes tels que la topographie, l’agriculture, l’industrie, l’hygiène et la
santé publique, ou encore les antiquités et curiosités. Trois de ces questions
portent plus particulièrement sur la pauvreté et la mendicité et sont riches
d’enseignements. La réponse à la question « Combien compte-t-on de
pauvres ne vivant que d’aumônes dans la commune ? Le nombre en a-t-il
diminué ou augmenté depuis dix ans ? », suffit à montrer que les résultats des
listes de recensement sont erronés. À Bourdeilles (545 habitants en 1836), le
recensement de population ne fait apparaître aucun mendiant ou indigent,
alors que dans sa réponse à l’enquête Brard, la même année, le maire indique
que sa commune compte une trentaine de pauvres ne vivant que d’aumônes.
Même chose à Bourg-des-Maisons (553 habitants) qui ne présente aucun
indigent dans la liste de recensement tandis que le maire reconnaît, dans
l’enquête, que son village compte trois maisons de mendiants, soit huit
personnes. À Bourg-du-Bost (430 habitants), on apprend que 7 à 8 pauvres
vivent de l’aumône alors qu’ils ne sont pas mentionnés dans le recensement
de 1836. Les exemples de ce genre sont nombreux. Mais, même dans
l’enquête, la définition ne va pas de soi. Ainsi, dans sa synthèse, Cyprien
Brard explique que certains maires, dont celui de Bergerac ont « confondu
les indigents et les mendiants » 13 ; certains parlent d’individus, d’autres
de familles. Si le recensement de 1851 semble prendre un peu plus en
considération le phénomène, les chiffres demeurent encore inférieurs à la
réalité : sur 22 communes étudiées, totalisant 18 391 habitants, on trouve
cette fois-ci 153 mendiants et vagabonds.
Nul besoin ici d’une étude exhaustive pour montrer qu’une histoire
quantitative de la pauvreté au xixe siècle, phénomène aussi tabou
qu’insaisissable, est impossible, que ce soit dans une acception large ou
étroite. Néanmoins, un certain nombre de sources, au premier rang
desquelles l’enquête Brard, nous permettent d’en proposer une approche
qualitative relativement fine, que de nombreux récits et écrits du for privé viennent compléter.  »

J’ai transmis à Corinne Marache copie ( faite par Pierre Ortega, encore merci ! ) du livre de compte des Tallet de Bourdoux.

Et puisque nous avons commencé ce billet en parlant de Pierre, voici un des ouvrages de Cyprien Brard :

Republié par Nabu Press (1 janvier 2012)

ouEntretiens sur la physique

 

 

 

(1) Ah ah ! voir l’actualité récente

(2) Dans les réponses il est fait d’autres fois allusion à cet isolement des grandes routes. Mais aujourd’hui certains s’en réjouissent….ouf, tant qu’il reste du monde dans le pays pour s’en réjouir tout va bien.

(3) Ah ah ! quand j’ai remplacé la porte en bois de Bourdoux par une porte vitrée de haut en bas, j’ai entendu beaucoup de réflexions….

 

 

 

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