Avant la conférence sur les troubadours à St-Pierre-de-Frugie, un tour par le Collège de France

http://www.pur-editions.fr/detail.php?idOuv=4629

  • Introduction. Le sexe et la nation

Le sexe et le sang

  • « Archéologie pathologique », introduction
  • « Généalogie pathologique » : hérédité biologique et parenté médiévale

Le sexe et la race

  • Archéologie symbolique : le sexe aux colonies
  • Gilles et Jeanne, le criminel et le génie : fictions médicales et régénération de la race française

Le sexe et l’amour

  • « Archéologie pornographique » : une histoire des mœurs
  • Amour courtois, mariage courtois et divorce républicain

 

  • Conclusion. De la pornographie à l’archéologie : Priape au musée de Cluny

Et pourquoi pas se faire un peu de pub !

http://www.pur-editions.fr/detail.php?idOuv=2

Entendu hier dans l’émission de Jean Lebrun sur France-Inter :

https://www.franceinter.fr/emissions/la-marche-de-l-histoire/la-marche-de-l-histoire-14-juin-2018

 » Gilles de Rais, le compagnon de Jeanne d’Arc devenu maitre en sadisme, a été réinventé par le XIXème siècle. Comme Jeanne elle-même, d’ailleurs. Ni l’un ni l’autre n’avaient jusqu’alors le rôle qui leur est dévolu depuis qu’ils sont constitués en paire – d’un côté la pucelle, de l’autre le prédateur sexuel.

Le XIXème, quand il construisait l’histoire nationale, s’appuyait sur une démarche médicale. De même que la médecine était au XIXème une discipline fondée sur l’histoire, l’histoire se vivait comme une catégorie de la médecine. Elle cherchait sans cesse le commencement et l’ascendance des dégénérescences. Jeanne d’Arc était interprétée selon ce questionnement : d’où vient son génie ? Car le génie est une déformation ? Et à Gilles de Rais, il était demandé pareillement : comment a –t-il basculé dans la folie sexuelle ?

C’est que les questions du sexe obsédaient la médecine du XIXe – la médecine nationale, plus encore la médecine coloniale. D’un côté, il y avait le danger des maladies transmissibles. De l’autre, la volonté de transmettre un sang pur à des individus qu’il fallait protéger.

C’est dans ce climat que s’élabore ce qu’on n’appelle certes pas encore l’histoire des sexualités du Moyen Age. Dans un premier temps, certains auteurs n’avaient pas hésité à sonder les profondeurs : ainsi l’étonnant et prolifique Paul Lacroix qui, en 1851-1853, publiait une Histoire de la prostitution en six volumes où il décrivait par le menu les rues honteuses, le tissu sexuel conjonctif du Moyen Age. Mais plus avance le siècle plus les historiens se tiennent sur leurs gardes. Dans les années 1880, apparaît le concept d’amour courtois. A un moment où on débat beaucoup du divorce, il présente l’avantage de contenir l’amour physique à sa place, provisoire. Le Moyen Age érotique va dès lors baigner dans une atmosphère de chevalerie mystique.

Il ne faut pas s’étonner si l’histoire culturelle telle qu’elle est pratiquée aujourd’hui prenne plaisir à déchirer le rideau du Temple.

Leçon au Collège de France : Les fixeurs au Moyen Âge I – Fixeurs, passeurs, lieux de passage : corps, textes et réseaux par Zrinka Stahuljak. (les 15 et 22 juin 2018).

L’archéologie pornographique. Médecine, Moyen Age et histoire de France écrit par Zrinka Stahuljak (PU Rennes)

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s