Je suis comme un Hulot qui doute

  • J’ai constaté que mes jeunes nouveaux voisins ne ramassent pas les fruits des arbres de leur terrain. Ils finissent par faire couper les arbres. De plus en plus on voit les nouveaux propriétaires remplacer l’herbe par du béton ou du gravier. Mais il arrive que l’herbe pousse dans le gravier. Alors ils passent au béton. Ils sont écolos : ils ne trouvent plus de désherbant efficace. Alors…
  • Et puis ça coûte cher que faire tailler des arbres de grande taille. L’arbre est un luxe de riche qui n’a pas honte de montrer sa richesse.
  • Avec la sécheresse, des herbes épineuses ont poussé sur les terrains de ceux qui sont partis longtemps en vacances. La terre est basse. Alors ils laissent en l’état. Je pense qu’ils attendent l’entreprise bétonneuse. Ah ah : au prochain orage, je connais une rue où les voitures avanceront à l’eau. Extra ! écolo !
  • Maintenant les végétaux ne sont plus ramassés par les services municipaux. On doit les porter dans les déchetteries. Aller dans ces endroits me donne le bourdon. J’y vois jeter des vélos neufs. Non, pas neufs… ils sont à plat ! Des tas de meubles Ikea (Ah nos journalistes sont des pédagogues. La population a compris : la France était bien un pays retardé puisqu’on ne changeait pas de meubles comme de chemise. Maintenant on a rattrapé notre retard. Et il paraît que c’est de l’écologie qui créée des emplois. Merveilleux.
  • Dans mon Limousin/Périgord je vois des petites routes peu empruntées. La végétation pousse en plein milieu. Il ne va pas falloir beaucoup d’années pour que ces routes ressemblent aux quelques chemins qui avaient été rouverts il y a quelques années et qui, faute d’utilisateurs sont devenus bien difficile à emprunter sans machette.
  • La population vieillit  en Limousin et Périgord. Ben oui. C’est naturel. Et de plus en plus de maisons sont à vendre. Mais les Britishs n’achètent plus guère. Eux aussi vieillissent et vendent.  La différence c’est que la maison des Britishs a été rénovée. Certes parfois dans un goût british. Mais c’est mieux qu’une ruine. On commence à les regretter les Britishs.
  • A Nantes, mes jardiniers au marché (je parle de vrais jardiniers, pas de revendeurs) viennent des environs de la métropole nantaise. Ils me disent que les « néos ruraux » coupent les arbres, suppriment l’herbe qu’ils remplacent par de l’asphalte. Mais arborent des macarons Non à l’aéroport NDDL ! Ah ah ! pour ta peine tu me diras 20 fois « Non à l’aéroport »… ce que c’est que la culture de la confession.
  • A Jumilhac, j’ai obtenu (je ne sais plus si on m’a demandé une participation financière) un composteur costaud (pas comme ceux vendus dans les grandes surfaces qui sont bons pour la déchetterie au bout d’un an), le même que celui que distribue CAP Atlantique. Je viens de lire que la Communauté urbaine de Nantes ne va pas poursuivre la distribution de composteurs. Elle reconnaît qu’on va dépenser de l’énergie pour brûler des déchets ménagers composés à 80 % d’eau. Mais aucun calcul de coût comparatif.  Les composteurs lui coûtent cher.
  • A Nantes, la ville a installé le long de la rive droite de la Loire , là où était le port, des arbres dans des pots. Un gaspillage d’eau qui ne semble émouvoir personne. D’ailleurs presque personne ne va se balader entre ces pots ridicules et quelques palettes. Car la palette c’est le symbole urbain du recyclage. Certainement que tous ces canapés cuir ou pas cuir que je vois partir à la benne sont remplacés par des canapés en palettes. J’espère que les palettes viennent de la scierie de Bourdoux ! Ben couillon ! on pipeaute dur.
  • Vous me direz qu’installer une patinoire chaque hiver … comme s’il n’y avait pas déjà une patinoire à Nantes. Au diable l’avarice ! L’électricité ne se stocke pas facilement. C’est fait pour être consommé.
  • Dans une association qui m’est chère (non, la cotisation est faible ! comprenez moi bien), en plein hiver, on laisse les portes grandes ouvertes. Mais on consomme de l’électricité et du gaz bio, biocoop. Grand ouvert car « nous sommes une asso ouverte à tous » et à tout vent. Mais ce ne sont pas les cotisations qui permettent de payer la facture d’énergie. Alors…Ben couillon. J’ai fini par abandonner.

POSITIVONS

 

On a trouvé LA SOLUTION ECOLOGIQUE.

Bientôt 80% de la surface du pays n’aura que 5% de la population. Une nature sauvage. Sans pollution. Si ce n’est quelques vieux autochtones qui feront brûler des mauvaises herbes (les cons, ils en seront encore à parler de bonnes et mauvaises herbes). On aura peut-être des « rangers » comme les Youesses à Yosémite. Ils les traqueront, roulant dans leur 4 x 4 qui feront pâlir de jalousie ceusses des ONG,  ceusses des filiales de l’ONU, opérant dans les pays pauvres. Vous verrez que l’on se verra rappliquer tout un tas de spécialiste en nature. En même temps (ce que c’est que les tics de langage macroniens !) dans les petites villes de 400 000 habitants (à moins d’un million, t’es rien !) et dans les plus grandes, on brulera mais au chalumeau à gaz ou électrique les herbes qui dépassent. Nos communes s’équipent nous dit-on. Que voulez-vous, y a bien que des idiots comme moi qui arrachent les herbes dans leur jardin. Les herbes il faut les laisser pousser, grainer. Ah oui ! il y a des allergies.

LA SOLUTION c’est une nature sans hommes. Avez-vous entendu parler des allergies du chevreuil, de la taupe, de la couleuvre de Montpellier ? Les hommes sont pour la ville. Ville où on fait des murs végétalisés, des jardins suspendus… LA grande civilisation. Babylone pour tous.

Je pense que je serai trop vieux pour enfin revenir à la pêche au goujon, à la truite. Dommage, ce sera alors une expédition comme dans certaines parties du Canada. On ira en avion amphibie, en hélico. Lors du concours de pêche de St-Priest-les-Fougères, un arbitre du concours m’a dit qu’il allait pêcher dans les lacs de montagne des Pyrénées, transporté en hélico. Il ne m’a pas dit s’il faisait du « no kill » (ce qui ne veut pas dire qu’il n’emporte pas des kils de rouge pour le casse-croûte)

Heureusement il reste encore quelques rivières bretonnes (oui oui !)

https://www.jeanbaptistevidalguidepeche.com/peche-de-la-truite-en-bretagne

https://www.parcours-de-peche-morbihan.fr/carte-peche

Même si je constate qu’on ne trouve plus sur les marchés de truite de mer comme j’en pêchais au barrage d’Arzal à l’embouchure de la Vilaine. Peut-être suis-je responsable de leur disparition.

=========================

Un ami Japonais m’écrit :

 » Tu l’as bien dit, cher ami !

J’ai deux maisons, l’une au centre de Tokyo, l’autre à Maebashi, campagne, bien que métropole du département Gumma (à 110 km au nord-ouest de Tokyo).

Ma maison de campagne, à deux étages, mais petite. Elle est, de trois cotés, entourée des maisons de la même taille. Je n’aime pas transformer mon jardin en asphalte ou béton. Donc il me faut de temps en temps (une fois par mois) aller désherber le jardin. Fin de l’année dernière j’ai payé cinq cents mille yens (4000 euros) pour me faire couper deux grands arbres qui risquent d’ombrager mes voisins. Il faut payer, comme en France, pour conserver la bonne nature. C’est là que je fais récolte, tous
les ans, d’une quarantaine de kilos d’abricots et de sept ou huit kilos de myôga (petites pousses appréciées pour le repas de nouilles en été). Paysan de nature, je tiens à avoir un petit jardin potager et quelques arbres fruitiers. Mais comme tu dis, les arbres grandissent et des herbes bonnes ou mauvaises poussent vite. Ma femme, citadine, n’aime pas beaucoup aller travailler à la terre. Mais moi, je m’y plais toujours et j’y viens relativement souvent en train. L’université de Gumma est à côté.
Je peux profiter de sa bibliothèque et de son restaurant (j’y ai enseigné quelques années).
Les services municipaux viennent deux fois par semaine ramasser les déchets végétaux ou alimentaires.

Parmi mes voisines, c’est la seule maison qui laisse pousser des herbes et de la verdure de toutes sortes.
Le vieux agent de surveillance vient se reposer à l’ombre. On se salue et parle un peu du temps qu’il fait, quand on se croise le matin en chemin pour le dépôt de déchets. Ma maison n’est pas climatisée mais la verdure préserve de la chaleur accablante. La grande rivière Toné (3e longueur du pays) coule dans la ville, à 2 km de chez moi. Mais il n’y a pas de truites, que des goujons.

Ton article « un Hulot qui doute » m’a rappelé les mêmes inquiétudes qu’il y a chez nous. Amitiés  »

====================================

Ah ! même sur France Culture on entend la même chose ! vous êtes bien sur LE blog culturel.

https://www.franceculture.fr/emissions/la-conclusion/lecologie-politique

 »

J’ai trouvé, je crois, comment sauver le monde — animaux, êtres humains et climat tous ensembles.

J’ai très peu de mérite, la solution était là, sous mes yeux, évidente.

Je crois même que nous l’aurions découverte naturellement — et que nous avons peut-être déjà commencé à la mettre en œuvre.

Il s’agit d’un projet d’aménagement du territoire.

Comme tous les projets d’aménagement du territoire en France il remonte à la vision de Gravier : Paris et le désert français.

Et si ce dont on se désolait depuis un demi-siècle était tout simplement la solution ?

Lâcher prise, enfin. Laisser la végétation reprendre le viaduc de Millau, les hauteurs cantaliennes de l’A75 et tout réinvestir dans le viaduc de Gennevilliers et dans la Francilienne.

Laisser le bleu et le rose, le magmatique, le cristallin et le vertigineux au monde naturel et réserver toutes nos attentions au jaune et à l’orange clair des grands bassins sédimentaires.

Il est de tradition de trouver Paris plutôt sale. Ses trottoirs estivaux, sans doute, ont été rendus un peu collants par la bière séchée.

De par sa densité extrême de population, et son agrément reconnu — cela reste une destination touristique majeure — Paris est pourtant la principale utopie écologique contemporaine.

Il manque sans doute un tram ou deux encore, sur la rive droite et sur l’axe Saint-Jacques / Sébastopol. Il faudrait sans doute instaurer un péage urbain et piétonniser complètement les arrondissements à un chiffre. Il faudrait améliorer l’offre de véhicules en free-floating.

Mais Paris est déjà la seule ville-monde où tous les déplacements peuvent se faire à pied.

On y mange par ailleurs très bien quoiqu’il faudrait, sans doute, réserver le triangle de Gonesse et le plateau de Saclay aux cultures maraîchères — le triomphe tant attendu des cycles courts et du locavorisme.

Paris est sans aucun doute, écologiquement, le seul exemple à suivre.

Il suffirait d’ailleurs d’appliquer, de Saint-Germain-en-Laye à Claye-Souilly, les gabarits haussmanniens au bâti francilien existant pour pouvoir loger, sans difficulté, la totalité de la population française dans cette métropole du futur.

Je suis né en Mayenne et j’habite depuis presque quinze ans, sans sentiment de panique ou de déracinement, dans l’un des arrondissements les plus densément peuplés de la capitale.

Paris a d’ailleurs longtemps accueilli une diaspora auvergnate et bretonne — les deux grandes zones violettes de ma carte de France.

On a longtemps associé le mode de vie écologique à des exils radicaux sur les hauts-plateaux du Massif Central ou dans l’arrière-pays breton mais j’aurais tendance à penser que c’est l’exode rural, vers les centres urbains denses et décarbonés, qui constitue aujourd’hui la vraie révolution écologique.

J’en ai eu la certitude en traversant à vélo le plateau qui sépare la Loire de l’Alliers un peu après leurs sources.

Tout était silencieux à l’exception de l’air qui sifflait dans mon casque et du cliquetis aquatique de ma roue libre — le bruit agaçant d’un appeau qui signalait mon entrée dans le monde sauvage.

Les humains semblaient survivre là-haut avec de plus en plus de difficultés. La région faisait de la publicité pour l’héroïsme de son action à l’entrée des villages où elle finançait des projet d’aménagement du territoire centrés sur les soins à la personne dans les déserts médicaux.

Il y avait partout des maisons à vendre pour le prix d’une chambre de bonne.

Cela prendra peut-être un siècle, cela se fera peut-être en douceur ou par l’apparition d’une ZAD gigantesque, mais il faudra se résoudre à abandonner tout cela et à créer, au coeur de l’Europe, une sorte de Yellowstone — une réserve naturelle, un grand puits de carbone, un lieu interdit aux humains, ou réservé à leurs loisirs, entendu au sens le plus large du terme, du canyoning à la jacquerie anti-jacobine, du parapente à la constitution illégale de communautés anti-industrielles.

Les zones rouges de la carte seront alors devenues à la fois les conservatoires de la liberté humaine et des lieux de réensauvagement du monde : on aura sauvé et l’écologie, et la politique.  » Aurélien Bellanger

https://www.franceculture.fr/personne/aurelien-bellanger

 

Une réponse à “Je suis comme un Hulot qui doute

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s