Ah le Cuivre ! c’est écolo, pas comme le glypho mon coco

On est gouvernés par des lascars qui fixent le prix de la betterave et qui ne sauraient pas faire pousser des radis. (Michel Audiard)

 

Vous avez certainement remarqué ces murs de ferme de couleur bleue/vert. Et on se salut encore dans le PSY, en se demandant « alors tu as sulfaté ? »

C’est que dans le PSY on est écolo depuis bien avant l’invention de ce mot. On sulfate comme partout ailleurs.

 » Il y a très peu d’années encore, la faux, la faucille, la binette et la houe constituaient l’essentiel de l’outillage du paysan, qui possédait également et généralement une sulfateuse à main pour traiter sa vigne en limite de parcelles. — (Fabienne Wateau, Partager l’eau: Irrigation et conflits au nord-ouest du Portugal, Éditions de la Maison des sciences de l’homme/CNRS éditions, 2013, p. 192

https://fr.wiktionary.org/wiki/sulfateuse

 

La bouillie bordelaise tout le monde connaît

https://fr.wiktionary.org/wiki/bouillie_bordelaise

https://fr.wikipedia.org/wiki/Bouillie_bordelaise

« En France, la bouillie bordelaise est autorisée dans certaines limites en agriculture biologique certifiée. « 

J’ai sulfaté, peu car je n’étais pas présent quand le mildiou s’annonçait. Quant à sulfater les arbres, je n’ai pas envie de louer un hélicoptère !

Et puis je me suis aperçu que mes tomates étaient plus résistantes que celles du voisin qui sulfatait. Et puis je ne voulais pas colorer mes beaux joints (chaux colorée de St-Astier en Dordogne) !

Plus tard j’ai appris que ce sulfatage chaque année n’était pas recommandé.

Et je viens de lire sur un blog que je suis depuis que je me suis mis à bloguer:

http://www.berthomeau.com/-20

« Prenons l’exemple du produit phytosanitaire « biologique » le plus utilisé : le cuivre. Malgré son origine « naturelle », son utilisation fréquente (en bio, comme en conventionnel) et à des doses importantes est responsable de contaminations des sols viticoles avec des quantités parfois très importantes de ce métal lourd. Des concentrations de 200 ppm (mg par kg de sol) sont courantes (soit un à plusieurs tonnes de cuivre par ha). Il n’y a aucune méthode efficace pour dépolluer ces sols. Ces concentrations importantes ont un effet très négatif sur la biodiversité botanique et faunistique du sol car la majorité des organismes y est très sensible. La réglementation impose aujourd’hui des réductions substantielles du cuivre. » (L’écologiste de décembre-mars 2007 N°21.)

« Le silence assourdissant des associations anti-pesticides comme celui de certains journalistes concernant la réévaluation par l’Union européenne de l’un des pesticides très largement utilisés par les producteurs de denrées alimentaires bio, à savoir les formulations à base de cuivre, illustre à la perfection l’hypocrisie qui règne dans le monde bien particulier de l’agriculture biologique. »

« Or, les conclusions de cette évaluation sont accablantes pour ce pesticide, défendu corps et âme par le lobby du bio français. Comme le remarque le site www. produire-bio.fr, les deux agences « ont travaillé depuis 2015 sur les études fournies par les fabricants de produits cupriques », c’est-à-dire un consortium de seulement huit entreprises (Albaugh, Cinkarna, IQV, Isagro, Manica, Montanwerke, Prince Erachem et Saldeco Spiess-Urania). « Des études fournies par les fabricants de produits » ! Voilà un procédé qui ne semble choquer ni Stéphane Foucart, le journaliste du Monde à l’origine des Monsanto Papers, ni le patron de Générations Futures, François Veillerette, qui se sont pourtant indignés face à ces mêmes pratiques dès lors qu’elles concernaient l’homologation du glyphosate. Deux poids, deux mesures ? »

« Bref, le dossier du cuivre soulève bien davantage de questions que celui du glyphosate, qui a pourtant fait l’objet d’une vaste campagne afin d’obtenir son interdiction. »

« Or dans le cas du cuivre, aucune pétition n’a été organisée par les militants écologistes alors que tous les grands noms du bio comme Biocoop, Léa Nature, C’Bio et les autres restent très discrets sur cet usage problématique. En toute logique, les nombreuses absences de réponses devraient automatiquement entraîner la suspension de ce produit. C’est d’ailleurs le choix qu’ont déjà fait le Danemark et les Pays-Bas. »

Allez lire le billet pour avoir les références de ces citations et plus encore.

Mais tout le monde veut des légumes, des fruits etc tout beaux, bien lisses, bien formés et pas chers. Et ne veut pas ce casser le dos à « faire son jardin », ne veut pas surveiller ses récolte de pommes (ben oui, ça pourrit quand ce n’est pas « traité » !)

Dans notre Limousin, la plupart des vergers autour des fermes sont à l’abandon. Le paysan n’a pas le temps de cueillir les fruits. Et le les néos  … ruraux se méfient de ces fruits, légumes. Certains m’ont même dit qu’ils ne « voulaient pas s’empoisonner ».

Depuis que les gens ont essayé les nouveaux désherbants fort chers, ils ont constaté que c’était du pipeau. Au bout d’un an, ils ont décidé de passer au bétonnage, au « minéral » (c’est chic et ça va bien avec le noir).

Pour le vert, le green, il reste la sulfateuse et la bouillie bordelaise. C’est bio.

 

 

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