Mes aventures aux USA dans les années 70

L’autre jour un ancien voisin de St-Yrieix m’a rappelé que quand j’étais étudiant mes parents ne savaient pas trop où je me trouvais quand je partais à l’étranger. En Europe c’était en auto-stop. Très aléatoire. D’autant plus que nous n’étions pas excellent en géographie routière et urbaine. Mes parents savaient que j’étais plutôt à l’est de la France. On n’avait pas de téléphone portable, de sms, d’Internet. Mais mes parents avaient alors le téléphone à la maison. Une rareté. Mais l’hôpital de St-Yrieix n’envoyait plus quelqu’un appuyer sur la « sonnette de nuit » pour demander à ma mère de rejoindre la maternité.

Quand j’étais en Amérique du Nord mes parents devaient recevoir deux ou trois cartes postales où j’indiquais mes parcours et ce que j’envisageais.

J’ai voyagé seul ou à deux.

Seul il m’est arrivé de coucher au milieu d’une autoroute. Y a pas plus sûr ! J’ai profité de la forme incurvée du caniveau pour mon confort. Je me souviens qu’une nuit j’ai été réveillé par le choc d’un tas de cannettes de coca-cola vides. J’ai vite compris. Plus en amont, il y avait eu un orage avec pluie. L’eau avait poussé les cannettes d’alu rencontrées dans le caniveau. L’eau est arrivée peu après, juste le temps de replier le sac de couchage et la feuille de plastique que je mettais sur le sol !

Une autre fois, j’étais avec un étudiant en agronomie. Il faisait comme moi un stage à Louisville (Kentucky) dans le cadre du jumelage entre Montpellier et Louisville. J’étais alors en stage dans une banque et nous logions dans un des « dorms  » (dormitory, « cité universitaire) » du campus.

« Officiellement, le nom de la ville se prononce comme en français.  » Ah ! J’ai eu bien de la peine à me faire comprendre pour arriver à Louisville.

La première nuit j’ai couché au YMCA. Pas top comme on dit en France !

Je me souviens que lors de mon arrivée à la cité U, la police du campus interdisait à des étudiants français franchement arrivés de monter des pack de bière dans leur chambre. Les Français avaient de la peine à comprendre. La bière bien sûr, ce n’est pas de l’alcool ! comme les french fries ne sont pas des frites !

En fin de semaine, i.e. le week-end, aux USA ils parlent français, nous visitions la région en stop. Une fois nous sommes allés à l’aéroport de loisir du coin. Je me souviens d’une grande carte au mur et d’un système qui permettait par une ficelle de savoir la distance de l’aéroport à un point de la carte. Nous avons demandé à un des pilotes s’il pouvait nous amener. Il fut surpris et ses voisins aussi. Nous considérant comme fort culottés ! Mais nous avions compris que les habitants des USA veulent toujours être les first. Nous lui avons dit qu’en France ça se faisait le « plane Hitchhiking  » . Et il nous a amené. De l’aéroport d’arrivée nous avons fait du stop jusqu’à un lac…où nous avons fait du « boat hitchhiking » ! Mon camarade de virée a même fait du ski nautique. Mais je n’ai pas eu le temps car le bateau fut arrêté par la police qui a verbalisé le pilote car il n’avait pas assez de gilets de sauvetage à bord (nous n’étions  pas prévus !)

https://en.wikipedia.org/wiki/Hitchhiking

Dans certains Etats le « stop » était interdit.

Une fois le stage terminé, nous sommes partis vers l’ouest. La première nuit, sans lune, nous avons quitté la route et cherché un endroit accessible. En fait nous avons marché sur une voie ferrée que nous croyions désaffectée. Le lendemain matin, par un temps splendide, nous fumes réveillé par les rails qui bougeaient. En fait nous étions couchés sur la voie menant à une immense scierie et un train arrivait ! on voyait assez mal car la nuit des moustiques nous avaient piqué le tour des yeux qui avait enflé.

C’est avec ce même compagnon que nous avons été pris en stop par un éclairagiste. Il allait travailler « sur » un concert dans une immense salle de congrès comme il y en a dans tous les états des USA. Je me souviens qu’il utilisait des lampes à arc électrique et réglait les charbons. Petit  à petit la salle s’est remplie. Presque exclusivement de noirs. Nous étions parmi les rares blancs (enfin, pas si blancs que ça car nous ne nous lavions pas tous les jours…on a dû donner une mauvaise image des Français !). Un orchestre symphonique s’est mis en place et le taux de blancs est monté d’un seul coup. Le chanteur nous était inconnu.  C’était Isaac Hayes,

Un choc !

https://fr.wikipedia.org/wiki/Isaac_Hayes

Un jour une famille nous a amené au parc de Yellowstone pour un pique-nique. Nous avons profité de son « pass » (lequel était distribué au compte-goutte). Le soir elle nous a laissé sur place. Je me souviens que nous avons monté la tente pas très loin de Old Feathful, à l’emplacement d’un lieu de pique-nique aménagé avec poubelles, tables, bancs, BBQ.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Old_Faithful

C’était en 1971. Je lis sur wikipedia que maintenant il y a des campus dans le coin !

Le lendemain matin des rangers nous ont interrogé. « Vous avez dormi là !  »  » Vous êtes cinglés. N’avez-vous rien entendu cette nuit ?  » Nous avions entendu du bruit et avions pensé à des animaux.  » Des ours sont venus « .   » Et vous avez de la nourriture !  Regardez les poubelles sont faites de telle sorte que les ours ne puissent les renverser et les ouvrir. Vous encore plus cinglés !  »

Mon dernier voyage aux USA eut lieu en 1987 pour une conférence à New-York un 11 novembre. Le dîner de gala de la conférence eut lieu en haut d’une des tours jumelles où se trouvait un restaurant nommé Windows on the World.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Windows_on_the_World

 » Le code vestimentaire obligatoire pour les hommes était la veste ; il était strictement appliqué, et pour anecdote, un homme qui arrivait avec une réservation, mais sans veste, était assis au bar. « 

Je me souviens d’une tempête de neige à New-York et instantanément de l’arrivée de vendeurs de parapluies, de capes…

Je ne sais plus si c’est la même année que je suis allé du Massachusetts au Québec. J’étais seul. Au retour, le conducteur qui m’avait pris à son bord fut arrêté par la police de la frontière : j’avais un visa d’entrée aux USA venant de France et non du Canada. Mon chauffeur fut longuement questionné. J’étais fort mal à l’aise de l’avoir mis en difficulté alors qu’il rentrait d’un we à Québec avec sa famille. Finalement ayant fait comprendre que je n’avais pas l’argent pour payer un vol de retour et que je possédais un billet NY/ Paris … Le douanier était économe des deniers des USA. Ma rétention aurait coûté un peu. Il m’a laissé partir.

C’était en septembre. Il commençait à ne pas faire chaud les nuits dans la région. Les USA n’ont pas comme en France, chaque ville, des camping municipaux. Alors une nuit, j’ai demandé au poste de police d’une petite ville où était le camping. Il me fut répondu qu’il n’y en avait pas. Quoi ! pas de camping ! mais en France il y en a dans chaque commune ! Du coup, les policiers m’ont autorisé à planter ma tente sur la pelouse devant leur poste. Et ont fait en sorte qu’il ne m’arrive rien !

 

 

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