» Je suis gourmand comme une chatte d’évêque « 

Henri de Toulouse-Lautrec

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Henri_de_Toulouse-Lautrec

« Henri de Toulouse-Lautrec, fils du comte Alphonse de Toulouse-Lautrec-Monfa (1838-1913) et d’Adèle Tapié de Céleyran (1841-1930)1, est né dans l’une des plus vieilles familles nobles de France. Elle prétend descendre en effet en droite ligne des comtes de Toulouse, qui furent jusqu’au XIIIe siècle parmi les plus puissants féodaux du royaume »

Médecine :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Pycnodysostose

https://fr.wikipedia.org/wiki/Lautrec_(Tarn)

A la foire de Saint-Yrieix, un marchand vend de l’ail de Lautrec. Ce qui me fait toujours penser à Henri de Toulouse-Lautrec

https://fr.wikipedia.org/wiki/Ail_rose_de_Lautrec

et à la frotte (la fretissa) que préparait ma grand-mère paternelle.

Je n’ai jamais connu de chatte d’évêque, mais des bonnets oui.

Au sens propre, le bonnet d’évêque était un chapeau quadrangulaire porté par les évêques.

Par analogie de forme, le ‘bonnet d’évêque’ peut désigner plusieurs plantes :

Il désigne également le croupion d’une volaille.

« Mais un gros silence se fit. Les têtes s’allongeaient, les regards suivaient le couteau. Poisson ménageait une surprise. Brusquement, il donna un dernier coup; l’arrière-train de la bête se sépara et se tint debout, le croupion en l’air: c’était le bonnet d’évêque. Alors, l’admiration éclata. Il n’y avait que les anciens militaires pour être aimables en société. Cependant, l’oie venait de laisser échapper un flot de jus par le trou béant de son derrière; et Boche rigolait.

– Moi, je m’abonne, murmura-t-il, pour qu’on me fasse comme ça pipi dans la bouche.
Oh! le sale! crièrent les dames. Faut-il être sale!
–  Non, je ne connais pas d’homme aussi dégoûtant! dit madame Boche, plus furieuse que les autres. Tais-toi, entends-tu! Tu dégoûterais une armée… Vous savez que c’est pour tout manger!   A ce moment, Clémence répétait, au milieu du bruit, avec insistance:
– Monsieur Poisson, écoutez, monsieur Poisson.Vous me garderez le croupion, n’est-ce pas?
–  Ma chère, le croupion vous revient de droit, dit madame Lerat, de son air discrètement égrillard. Pourtant, l’oie était découpée. Le sergent de ville, après avoir laissé la société admirer le bonnet d’évêque pendant quelques minutes, venait d’abattre les morceaux et de les ranger autour du plat. On pouvait se servir. Mais les dames, qui dégrafaient leur robe, se plaignaient de la chaleur. Coupeau cria qu’on était chez soi, qu’il emmiellait les voisins; et il ouvrit toute grande la porte de la rue, la noce continua au milieu du roulement des fiacres et de la bousculade des passants sur les trottoirs. Alors, les mâchoires reposées, un nouveau trou dans l’estomac, on recommença à dîner, on tomba sur l’oie furieusement. Rien qu’à attendre et à regarder découper la bête, disait ce farceur de Boche, ça lui avait fait descendre la blanquette et l’épinée dans les mollets.
Par exemple, il y eut là un fameux coup de fourchette; c’est-à-dire que personne de la société ne se souvenait de s’être jamais collé une pareille indigestion sur la conscience. Gervaise, énorme, tassée sur les coudes, mangeait de gros morceaux de blanc, ne parlant pas, de peur de perdre une bouchée; et elle était seulement un peu honteuse devant Goujet, ennuyée de se montrer ainsi, gloutonne comme une chatte. Goujet, d’ailleurs, s’emplissait trop lui-même, à la voir toute rose de nourriture. Puis, dans sa gourmandise, elle restait si gentille et si bonne! Elle ne parlait pas, mais elle se dérangeait à chaque instant, pour soigner le père Bru et lui passer quelque chose de délicat sur son assiette. C’était même touchant de regarder cette gourmande s’enlever un bout d’aile de la bouche, pour le donner au vieux, qui ne semblait pas connaisseur et qui avalait tout, la tête basse, abêti de tant bâfrer, lui dont le gésier avait perdu le goût du pain. Les Lorilleux passaient leur rage sur le rôti; ils en prenaient pour trois jours, ils auraient englouti le plat, la table et la boutique, afin de ruiner la Banban du coup. Toutes les dames avaient voulu de la carcasse; la carcasse, c’est le morceau des dames. Madame Lerat, madame Boche, madame Putois grattaient des os, tandis que maman Coupeau, qui adorait le cou, eu arrachait la viande avec ses deux dernières dents. Virginie, elle, aimait la peau, quand elle était rissolée, et chaque convive lui passait sa peau, par galanterie; si bien que Poisson jetait à sa femme des regards sévères, en lui ordonnant de s’arrêter, parce qu’elle en avait assez comme ça: une fois déjà, pour avoir trop mangé d’oie rôtie, elle était restée quinze jours au lit, le ventre enflé. Mais Coupeau se fâcha et servit un haut de cuisse à Virginie, criant que, tonnerre de Dieu! si elle ne le décrottait pas, elle n’était pas une femme. Est-ce que l’oie avait jamais fait du mal à quelqu’un? Au contraire, l’oie guérissait les maladies de rate. On croquait ça sans pain, comme un dessert. Lui, en aurait bouffé toute la nuit, sans être incommodé; et, pour crâner, il s’enfonçait un pilon entier dans la bouche. Cependant, Clémence achevait son croupion, le suçait avec un gloussement des lèvres, en se tordant de rire sur sa chaise, à cause de Boche qui lui disait tout bas des indécences. Ah! nom de Dieu! oui, on s’en flanqua une bosse! Quand on y est, on y est, n’est-ce pas? et si l’on ne se paie qu’un gueuleton par-ci par-là, on serait joliment godiche de ne pas s’en fourrer jusqu’aux oreilles. Vrai, on voyait les bedons se gonfler à mesure. Les dames étaient grosses. Ils pétaient dans leur peau, les sacrés goinfres! La bouche ouverte, le menton barbouillé de graisse, ils avaient des faces pareilles à des derrières, et si rouges, qu’on aurait dit des derrières de gens riches, crevant de prospérité. « 
L’Assommoir  – Emile Zola – 1877
Hier c’était la fête de Bourdoux, tout le village s’est retrouvé autour d’un repas.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s