Depuis que j’ai un robot ménager connecté je fais du  » télé-batch-souping « 

https://www.lefigaro.fr/langue-francaise/actu-des-mots/juicing-fooding-cette-mode-ridicule-des-mots-en-ing-20190529

C’est que je me souviens du « télé-batch-processing » !

Et même du « remote télé processing « !

Et je me souviens que la revue 01-Informatique publiait ses « fiches cuisines » : des algorithmes spaghetti.

A l’IUT de Montpellier, puis de Nantes, j’ai connu la perforation des cartes, ces cartes qui portaient l’information dans des trous. J’ai alors compris que l’information c’était le vide et que les gens qui te vendent des mémoires (à l’époque j’ai connu les mémoires à tores de ferrites, ils te vendent en fait du vide) ils t’arnaquent.

Le texte du programme (ce fut l’Assembleur, le Fortran, le Cobol) était écrit sur un  » bordereau de perfo « , on le perforait sur des cartes. Les cartes étaient mises à la queue leu leu dans un bac en métal et un vaguemestre les mettait sur le porte-bagages de sa mobylette pour les porter au centre de calcul (à Montpellier, il était à la fac, loin du centre ville). A Nantes, on avait le centre de calcul sur place. On était logés par l’ENSM et mieux équipés que la fac. Puis l’ENSM est partie sur les bords de l’Erdre, avec l’ordinateur et ses annexes. Alors on a utilisé nous aussi la mobylette. Le lot des cartes (on parlait de traitement par lot car on essayait encore de parler en français et de comprendre ce que l’on disait en anglais) était « traité » par l’ordinateur qui sortait un tas de papier imprimé (dont le texte en clair du programme qu’on n’appelait pas alors « le code  » comme il est chic de le faire de nos jours. Des listings ! C’était pas chic de coder. On disait d’ailleurs qu’on « pissait de la ligne » et les « pisseurs de lignes » ne se vantaient pas. Et les enseignants, pisser dans un violon dans les amphis, ça leur suffisait. Ouf, les calculs c’était dans l’ordinateur et non dans les reins. On faisait donc du « batch processing » . Comme il avait lieu à distance. C’était du télé-batch-processing. La transmission elle, c’était de l’escargot (du snail-mail disaient mes collègues english-native speakers, ce que je ne serai jamais).

En Limousin, on dirait que c’était du pétarou-transmission.

Et puis un jour, notre vaguemestre a disposé d’une camionnette R4. Les étudiants ont pu pisser de la ligne à leur aise. Mais nous on les obligeaient à se retenir !

On voulait qu’ils réfléchissent avant de pisser. On voulait qu’ils étudient le système existant, voient s’il était opportun de le mécaniser. Puis on voulait qu’ils pensent à l’algorithme sans entrer dans des spécificités d’un langage particulier… On était aussi intello qu’à Normale Sup ! on faisait dans le structuralisme, mais de bas étage. Althusser, Foucault, Derrida on n’en faisait pas grand cas. Mais on aimait bien Roland Barthes. On faisait de la programmation structurée. On n’aimait pas les programmes spaghetti.

Depuis, j’ai évolué. Je suis devenu Pastafarien. Pas Pastafaring !

https://fr.wikipedia.org/wiki/Pastafarisme

Un jour enfin, nous avons eu une ligne téléphonique entre les bords de l’Erdre et le centre ville. Ça passait plus ou moins bien. Les oiseaux avec leurs fientes pouvaient foutre le merdier. Et alors on a été bercé aux chants de l’imprimante. Qui n’a pas entendu le chant d’une imprimante ? On pouvait même faire des entêtes musicales.

Mais là c’est de la triche !

A la fin de ma carrière (oui je suis entré dans la carrière et j’en suis ressorti), quand on demandait aux étudiants de fournir un mode d’emploi en français et en anglais, ils fabriquaient de l’anglais. Ils étaient en avance ! ils savaient manier le ing. Le « Packet InterNet Groper » ! Ils pouvaient alors quitter le métier d’informaticien et devenir manageurs. Ils « poursuivaient leurs études » rarement pour se perfectionner en informatique. Dans les écoles d’ingénieurs, les directions étaient passées à l’humain. On  laissait aux vulgaires techniciens la technique. Car c’est bien connu  » l’intendance suivra « .  Et c’est la faute à l’informatique, ça se dit toujours en français.

Un conseil, ne soyez pas ridicule en jouant à l’ingliche. Vous ferez rigoler Trump et un mauvais bouisiness.

Voyez IKEA. Ils nomme tous des produits d’un nom suédois. Et il fait de bonnes affaires !

Et vous pensez que le suédois est plus parlé que l’occitan ?

Faites comme moi, revenez à la langue de vos pères.

Parlez occitan, limousin, auvergnat, etc.

et les Britishs vous comprendront comme le ferait Richard Cœur de Lion !

camping, parking, zapping…

Les Britishs ne nous comprennent pas. Les idiots, ils ne connaissent certainement pas leur langue. Les Français sont les meilleurs !

Les Britishs  disent

«camp site», «car park» et «channel surfing» pour ce qui est de l’équivalent du mot «zapping».

Alors cessez de dire Papy, Mamy. Dîtes Pépé, Mémé

Papy ce n’est pas de l’anglais. Eux ils disent grandpa, granddad

Je sais grand dadais… Mais qui dit grand dadais pour un pépé ?

 

2 réponses à “Depuis que j’ai un robot ménager connecté je fais du  » télé-batch-souping « 

  1. J’ai effectivement connu la mécanographie : j’allais à l’INSEE avec mon paquet de cartes perforées.

    Étape d’avant, entre 1966 et 1968, mon directeur de thèse m’avait conseillé d’utiliser les cartes du PMU : un trou sur le bord pour une réponse « oui » (= du vide) et pas de trou pour une réponse « non ». Je passais une aiguille à tricoter dans le tas de cartes et j’avais ainsi deux tas (réponses oui, réponses non).

    Je triais chaque tas pour une autre question à réponse « oui » ou « non » et j’obtenais ainsi 4 tas. Vu la taille de ma population (185), je n’allais pas au-delà.

    Je faisais de la tétrachorie (on utilisait le grec et non l’anglais. Pour se marrer, nous disions que les sociologues n’avaient que « quatre cases. Ce n’était pas un compliment ! Bien cordialement. Pierre Dubois

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