Je me souviens du chef de gare de St-Yrieix et qu’on chantait  » Il est cocu le chef de gare ! « 

Actuellement les cheminots font causer. Ils font grève.

Je me souviens de ma première grève SNCF. Je devais avoir 5 ans. Début des années 50. Nous passions les vacances chez mes cousins au Bois de l’Ours à Briançon. Ma mère devait rejoindre la maternité de Saint-Yrieix à l’issue de ses vacances. Et la grève était générale. Le tonton Gaston allait voir chaque jour si un train partait de Briançon. Le voyage vers Saint-Yrieix fut fort long.

Je me souviens aussi d’un chef de gare. Il ne travaillait pas au noir ! il aidait sa femme à transporter les caisses de vin et autres produits. La dame tenait une épicerie. Ça faisait jaser. On pouvait savoir les heures des trains. Il partait juste avant pour arriver à temps pour souffler dans son sifflet.

 

Je n’ai jamais interrogé mon pépé Mazin (je n’ai pas connu mon pépé Bourzac, ni le père de mon père) ancien cheminot. Avait-il été chef de gare ? il me semble qu’il était roulant du temps de la vapeur. Peut-être que c’est parce qu’on chantait  » Il est cocu le chef de gare « .

il est cocu

Un poème de http://harris.jack.monsite-orange.fr/page1/index.html

A Nexon, j’apprends que

http://etsinexonmetaitconte.fr/quand-le-chef-de-gare-de-nexon-naimait-pas-entendre-chanter-il-est-cocu/

 » Georges de LA FOUCHARDIERE ( 1874- 1946) était journaliste au Canard enchaîné et à l’œuvre. C’est dans ce journal qu’il écrit un article ironique sur le procès intenté par le chef de gare de Nexon a deux voyageurs qui ont chanté la fameuse Complainte du chef de gare. Chantée sur l’air de Il était un petit navire,  elle a été  détournée par les soldats pendant la Première Guerre mondiale avec son refrain : il est cocu le chef de gare …

Le Populaire du Centre du 11 décembre 1927 reprend l’article sous le titre   » Un chef de gare qui n’aime pas la musique. »

« Le chef de gare de Nexon (Haute-Vienne) a arrêté un train pour chants séditieux ; la police a arrêté les chanteurs et les a accompagnés au violon, et puis le tribunal correctionnel de Limoges les a condamnés à un mois de prison, sans sursis. « 

« Le chef de gare dont il est question dans la chanson est un chef-de-gare-fantôme, issu d’une vieille légende : il y eut une fois un chef de gare qui fut trompé par sa femme, sous Mac-Mahon, et la chose parut si invraisemblable, si inouïe, si prodigieuse, qu’on en fit une chanson. »

Mais le chef de gare rétablit la vérité !

 » Voici les faits tels qu’ils se sont passés : Le 9 août dernier, les nommés Furner et Demartin, sujets italiens, occupés comme manœuvres à une entreprise pour la réfection des voies, ont voulu pénétrer de force sur les quais de la gare pour prendre le train, sans billet ; m’y étant opposé, ils m’ont insulté, me traitant des noms les plus grossiers et ont voulu me frapper. Tels sont les faits qui ont motivé leur comparution devant le tribunal de Limoges.

Il ne s’agit donc pas d’une plainte pour avoir chanté la chanson connue ; d’ailleurs, peut-être même que ces étrangers ne la connaissaient pas. Depuis 16 ans que je suis chef de gare, j’ai entendu bien des fois ce couplet sans y prêter aucune importance et ne m’en suis jamais froissé, au contraire, comme mes collègues, j’en ai ri.

Je vous prie, Monsieur le Directeur, de bien vouloir faire le nécessaire pour faire connaître à vos lecteurs l’exacte vérité concernant cette affaire.

Veuillez agréer. Monsieur le Directeur, mes bien sincères salutations.

DEPARDAY, Chef de gare, Nexon (Hte-Vienne). « 

lire la suite sur le site

Et lire cet article captivant :

Les permissionnaires du front face aux cheminots pendant la Première Guerre mondiale

World War I soldiers on leave’s attitude toward railwaymen

Emmanuelle Cronier

https://journals.openedition.org/rhcf/101?lang=en

« Les permissionnaires du front, ces combattants qui obtiennent à partir de juillet 1915 quelques jours de congé à passer dans leur famille avant de retourner au front, sont par essence des voyageurs, entre le front et l’arrière ; la mort et la vie. Tout le sens de la permission tient dans ce passage d’un monde à l’autre, dont le milieu ferroviaire constitue à la fois un instrument et une étape. Le transport des permissionnaires du front occidental s’inscrit dans la vaste mobilisation des chemins de fer pendant la Première Guerre mondiale, puisque c’est essentiellement par train qu’ils rentrent chez eux et retournent au front ensuite1. Le regard que la communauté combattante porte sur les cheminots, artisans de leur voyage, nous est connu grâce à plusieurs types de sources, comme les « journaux des tranchées », les témoignages comme les mémoires ou les carnets de combattants, mais aussi par la littérature ou la chanson […]

Dans Ça ! c’est la perme !, écrite par deux mobilisés, et dans Il ne l’est pas le chef de gare, visée par la censure en septembre 1916, qui évoque le boniment des permissionnaires à la garde-barrière7. Le chef de gare tient cependant une grande place dans la culture populaire musicale depuis qu’il a eu le malheur d’agiter un drapeau jaune pour signaler le départ des trains, un rôle qui explique la grande fortune de la chanson Il est content le chef de gare, chantée en 1912 par Mansuelle sur l’air de Il était un petit navire,mais qui doit sa célébrité à l’usage intensif qu’en firent les combattants de la Première Guerre mondiale sous le titre Il est cocu le chef de gare, au point que le journal britannique The Guardian signalait d’ailleurs encore en 2001 la chanson comme caractéristique de la culture française8 »

Il_est_content_le_chef_[...]Gramet_Alphonse_bpt6k11686708

Il_est_content_le_chef_2

il est content le chef de gare

https://fr.wikipedia.org/wiki/Eug%C3%A8ne_Gabriel_Mansuelle

« J’étais l’autre jour dans l’train d’plaisir
Avec ma femme et mes trois gosses
Ma belle-mère, l’ami Casimir
On voulait s’en payer une tranche
Le wagon était plus que plein
Au départ jugez d’notre colère
Au lieu d’être dix on était vingt
Alors j’appelle par la portière : Chef de gare ! Chef de gare !
Aussitôt v’là qu’à l’unisson de tous les côtés on répond :

Refrain :
Il est content le chef de gare
Il est content le chef de gare
Il est près d’sa femme qui vient d’accoucher (bis)
Ohé ! Ohé ! Qui vient d’accoucher.

Casimir qu’est pas endurant
Discute avec une grosse commère
Alors dans le compartiment
On s’colle des gnons sur la caf’tière
Et le train s’arrête brusquement
À peine au milieu du voyage
Pendant plus d’une heure on attend
En criant, braillant sa détresse : Chef de gare ! Chef de gare !
Pour passer l’temps qu’on trouvait long,
On gueulait dans tous les wagons :

Refrain

(En face ?) à la première station
On va réclamer l’prix des places :
L’Etat n’rembourse jamais d’pognon
Dit un employé plein d’audace
Là-d’ssus on tombe sur l’matériel,
On bouleverse tout dans la gare
Puis l’on chahute l’personnel

Tout en gueulant dans la bagarre : Chef de gare ! Chef de gare !
Les agents nous mènent au violon
Et tout l’long du ch’min nous chantions :

  • 14  « Il est content le chef de gare », op. cit.

Refrain14. »

Son usage est si courant en 1916 que les autorités militaires décident alors de l’interdire. Son ton bon enfant prend en effet dans le contexte militaire une dimension subversive évidente : le chef de gare n’est-il pas le bras technique du commissaire militaire ? La « presse du front » se moque de cette censure, à l’image du Filon, qui dénonce l’arbitraire et l’inefficacité du veto

La chanson, dont les paroles sont détournées, continue en effet sa carrière après1916 : « Mais si l’chef de gare est cocu, Faut pas l’gueuler par les portières », déclare une nouvelle version publiée par Rigolboche en juin 1916, tandis que Il est cocu, publiée par Le Diable au Cor en janvier 1917, montre les permissionnaires narguant silencieusement le chef de gare, substitut symbolique du commissaire militaire, qu’il est peut-être trop risqué de ridiculiser ainsi16. À partir de l’année 1916, la dimension subversive des relations des permissionnaires et du personnel ferroviaire s’affirme à travers une forte critique des rapports hiérarchiques que l’on tente de leur imposer par la discipline militaire et qui ne sont pas justifiés par une compétence technique spécifique.  »

Il y a d’autres chansons comme

Y a un quai dans ma gare

Y a un trou dans mon quai

Vous pourrez donc contempler

Le quai de ma gare et le trou de mon quai.

Dranem

Cette chanson, parodie du « Train fatal » de Charles Louis Pothier

(Musique de Charles Borel-Clerc) interprétée par Bérard (en 1916), est un des sommets de Georgius.

Lien avec Mp3 à écouter

http://www.chanson.udenap.org/paroles/roule_roule.htm

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Roule… roule !

(ou : Le mécanicien et la garde-barrière – Drame de la voie ferrée)

1927

Paroles :

Le jeune conducteur du train de marchandises

Qui va de Saint-Brieuc jusqu’à Romorentin,

Transportant du charbon, du poisson, des cerises,

Ce conducteur disait : « J’avais le gros béguin

Pour la garde-barrière de Bouilladin-Sur-Grive. »

Et chaque fois qu’il passait au passage à niveau

Hop ! Il ralentissait sa grosse locomotive

Pour lui chanter cet air issu de son cerveau :

« Roule, roule, mon joli train

Je sens rouler aussi mon âme et ma cervelle

Grince, grince, grincez mes freins

Je sens grincer mon cœur pour toi, pour toi, ma belle. »

N’pouvant lui jeter des fleurs, il lui jetait du charbon…

Tandis que rougissante, elle comptait les wagons.

« Roule, roule, roule toujours

Roule et grince, beau train d’amour…. »

Un matin qu’il filait à vingt-et-un à l’heure

Il pensait :  » La fortune sourit aux audacieux. »

Au passage à niveau, là, devant sa demeure,

Il stoppa, descendit et dit l’œil comateux :

« Je vous aime, je vous veux, je ferais des bêtises. »

Elle restait pantelante. Il reprit : « Croyez-moi.

Nous irons à Paris, sur mon train de marchandises. »

Elle oublia de fermer sa barrière en bois.

Roule, roule train pas pressé

Et là-bas sur la route le drame se développe.

Grince, grince, train mal graissé.

Une petite rosingare conduite par un vieux myope

S’engouffre dans le passage pulvérisant le train…

Mais sans se rendre compte continue son chemin

Roule, roule, train de malheur

Roule tête du conducteur.

D’un chaos de wagons, le talus se tapissent

De cerises, de charbon, des pieds du conducteur.

Un crie monte : ce sont les poissons qui gémissent

Et la garde-barrière sanglote de terreur.

Nouvelle Salomé, elle court, elle saute

Ramasse la petite tête de son cher adoré.

Elle besotte ses moustaches lui disant : « C’est ma faute

Si t’es mort en service et le train défoncé. »

Roule, roule train de malheur

Maintenant le tocsin sonne dans les villages

Grince, grince train de mon cœur

De partout on accourt, elle pousse un cri sauvage.

Après bien des recherches au bout d’une heure ou deux

On la retrouva morte dans le wagon de queue

Roule, roule, train de ferraille

Elle avait avalé… un rail [1].

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