Je me souviens de la nivaquine et du Gabon

Un jour j’ai reçu un appel d’un professeur de Nancy. Il me proposait d’aller enseigner deux semaines à l’Institut Africain d’Informatique à Libreville au Gabon.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Gabon

Je lui ai répondu que je n’avais aucun vaccin.

Il m’a dit « Mais le Gabon c’est un pays développé d’Afrique, pas de problème ».

Le samedi avant mon départ, je suis allé acheter du pain. Et j’ai rencontré le responsable de mon  agence bancaire. En discutant, je l’ai interrogé sur le franc CFA et il m’a demandé si je prenais  » ma nivaquine ». Nivaquine ? qu’est-ce que c’est ?

Et il m’a appris. La pharmacie, place Victor Richard à Nantes, est en face de la boulangerie. Je suis parti à la pharmacie. On m’a appris que j’aurais dû prendre la nivaquine depuis une semaine.

Jusqu’alors je ne connaissais que la quinine… ce que nous appelons le Schweppes – Schweppes est une marque et a d’autres boissons que celle-ci –  en contenait dans ma jeunesse arédienne.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Schweppes

« La quinine est un composant aromatique de l’eau tonique. Suivant la tradition, le goût amer de la quinine utilisée contre le paludisme incita les coloniaux britanniques en Inde à la mélanger avec du gin, créant ainsi le cocktail gin tonic.

Cependant, le gin tonique actuel est très différent de la boisson de cette époque, notamment parce que la dose de quinine employée n’est désormais qu’environ le quart de ce qu’elle était. Aux États-Unis, la dose maximale autorisée est de 83 ppm. «  (wikipedia)

Tout le monde sait aujourd’hui ce qu’est la nivaquine. Je l’ai prise plus tard si ma mémoire est bonne pour l’Égypte et le Vietnam.

Au passage du poste de police à Libreville, tout le monde présentait son passeport et son livret de vaccination. Je n’avais que le premier.

Manifestement le pays se protégeait des maladies venant de France !

En fait, l’absence de livret de vaccination ne posait pas de problème. Mais j’ai constaté qu’il manquait quelque chose dans mon passeport. Devant moi, le même geste se répétait. Le policier tirait du passeport des passagers un billet de banque. Je n’en avais pas glissé un dans le passeport.

Heureusement mon correspondant m’attendait de l’autre côté du point de contrôle. Il a tendu un billet de banque au policier, et je suis passé.

Depuis la rencontre avec mon banquier – qui avait exercé à Libreville – je m’étais renseigné. On avait alors le courriel à l’université, mais je ne suis pas sûr que nous avions le Oueb. Et puis je me souvenais de mon aventure en rentrant de Mexico à New-York en bus Greyhound. Au départ à Mexico – où on venait de vivre un tremblement de terre – il y avait une personne qui broyait des canes à sucre (un tas posé par terre) et vous vendait un vers de jus de cane. J’ai bu. Et j’ai eu la chiasse – un autre tremblement – dans le bus, bus chargé de personnes portant des paniers pleins de poulets. Souvenir impérissable !

Il ne me fallait pas manger de légumes crus, de fruits hors fruits qui se pèlent etc.

Mon correspondant m’a amené déjeuner à midi au mess de la gendarmerie.

Et on nous a servi des crudités ! je les ai arrosées de vinaigre. La faim justifie les moyens !

Je me souviens qu’un gendarme a voulu me montrer où il vivait. Il en était fier. Une grande pièce au sol cimenté. Il faisait vivre là sa famille élargie. Ouf, on ne m’a pas offert à boire ou à manger.

Ensuite je n’ai mangé que chez des coopérants ou à l’hôtel en compagnie de personnel d’Air France, ou de … Bretons venant vendre des poulets. Poulets surgelés (et bien  » carapacés  » de glace car il fallait un prix très bas au kilo). La chaîne du froid était scrupuleusement respectée jusqu’au tarmac de l’aéroport. Ensuite… le supermarché stockait les palettes sous un hangar surchauffé. Puis les poulets étaient mis dans les présentoirs en surgélation. Les dames venaient les acheter, prenaient le taxi brousse (j’ai pu constater une fois que j’en ai pris un) et on pouvait ensuite voir ces poulets posés sur une planche, posée en travers d’un bidon – le Gabon a du pétrole – en bord de la piste de latérite parcourue par les grumiers – le Gabon a de quoi faire du contre-plaqué –  couverts de terre jaune.

Je me souviens du marché. Des crânes de singe décalottés où l’on pouvait voir la cervelle. Et des gens achetant des chats crevés. Bé nous on achète bien des lapins et des poulets crevés ! Je n’y ai acheté que des bananes. Mon problème était qu’il n’y avait aucun prix d’affiché. Et n’ayant aucune idée du prix, il m’était bien difficile de marchander. Et on refusait de m’annoncer un prix. Le marchandage était impératif.

MontBouet

C’est comme sur les marchés parisiens !

 » En ce vendredi matin 20 mars, les artères de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) ont pris des allures d’un dimanche printanier : les commerces sont certes fermés, mais c’est jour de marché et de trop nombreuses personnes arpentent encore les trottoirs de la ville. La mairie a beau avoir diffusé une vidéo réexpliquant les interdictions liées à l’épidémie de Covid-19 et les raisons impératives de rester chez soi, l’affluence est presque celle des beaux jours dans les rues de la ville. »

https://www.gabonreview.com/covid-19-la-grande-insouciance-des-commercants-de-mont-bouet/

J’avais ma boite de nivaquine dans la pochette de ma chemisette. Les étudiants me disaient qu’ils avaient la grippe et m’en demandaient. Ils ne prononçaient pas le mot  » paludisme « .

Paludisme qui a tué la femme d’un ami. Ils avaient passé leur vie professionnelle en Afrique, Madagascar, Yémen, Comores., travaillant dans le domaine du développement.

Actuellement on parle du rapatriement des Français qui sont à l’étranger.

Quand j’étais à Libreville, il fallait à l’époque reconfirmer son vol. J’ai fait ça 3 jours avant ma date de départ inscrite sur mon billet. Erreur ! On était en juin. Tous les coopérants et autres rentraient en France. Plus de place ! J’ai réussi à partir. Ouf.

Lors du voyage au Vietnam, ce n’est pas de la nivaquine que le médecin m’a prescrit mais de la chloroquine, un nom dont on parle aussi beaucoup actuellement.

Je sais que pas mal de gens ont des effets secondaires. Et au Vietnam, la plupart des voyageurs n’en prenaient pas. Ce ne fut pas mon cas.

 » La quinine a été le premier médicament efficace contre le paludisme. Cette maladie, responsable d’environ 400 000 morts par an14, est due à un parasite unicellulaire du genre Plasmodium, transmis à l’homme par des piqûres de moustiques infectés. Le moustique injecte le plasmodium qui gagne d’abord le foie (cycle hépatique) et s’y développe, puis libère dans la circulation sanguine des mérozoïtes qui vont s’installer dans les globules rouges (cycle érythrocytaire).

La quinine est active seulement contre les formes intra-érythrocytaires15.

Au niveau du cœur, la quinine diminue l’excitabilité, la conductibilité et la contractilité.

La quinine inhibe la protéase qui dégrade les acides aminés de l’hémoglobine pour former la paroi des mérozoïtes.

Elle inhibe aussi la polymérisation de l’hème de l’hémoglobine et donc empêche la reproduction des plasmodiums. Elle inhibe la voie des schizontes et est antipyrétique.

Cependant, elle est toxique pour le système nerveux, on a donc cherché à synthétiser des analogues n’ayant pas ce défaut :

  • la chloroquine qui n’est pas efficace sur tous les plasmodiums ;
  • la méfloquine, plus efficace mais aussi plus toxique ;
  • L’artémisinine, non apparentée à la quinine, est très active. Il s’agit d’une lactone sesquiterpénique contenant un pont endopéroxyde et qui est issue d’une armoise chinoise (Artemisia annua). Elle est efficace contre des formes de plasmodiums résistants à la chloroquine (cas des neuropaludismes en particulier) mais, depuis 2009, des résistances ont été signalées16.
Quinoléines médicales

Effets secondaires

La quinine peut causer une thrombopénie ainsi qu’une microangiopathie thrombotique pouvant être grave, même si elle est absorbée dans le cadre d’une boisson rafraîchissante17. Le mécanisme immunologique serait la formation d’un complexe quinine-anticorps qui peut interagir avec une protéine de surface plaquettaire, entraînant la destruction de cette dernière

https://fr.wikipedia.org/wiki/Quinine

Chloroquine, l’article de Wikipedia est très complet et à jour sur le covid-19

https://fr.wikipedia.org/wiki/Chloroquine

 

 

Une réponse à “Je me souviens de la nivaquine et du Gabon

  1. Si je comprends bien on peut efficacement éloigner le coronavirus avec un bon verre de byrrh ou de Lillet ou même de Quintonine (qui donne bonne mine) !

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