Je me souviens quand il fallait vider le Jules !

Le journal l’Humanité s’en souvenait en 1993

https://www.humanite.fr/node/59920

 » Vendredi 16 Juillet 1993

JULES POUR UN VASE DE NUIT

renvoie évidemment au pape Jules II, célèbre pour ses «débordements». Quant au thomas, avec l’expression «Va me chercher le thomas», elle dérive du nom du saint, curieux, qui ne crut qu’après avoir vu.

Régis Antoine, 44 Saint-Nazaire

DANS MA FAMILLE,

avant guerre, nous parodiions un chant liturgique qui disait «Vois Thomas», en référence à l’apôtre qui avait voulu voir et toucher les plaies du Christ pour croire qu’il était mort et ressuscité. Nous chantions: «Videz, Thomas, videz Thomas, videz le bien, car il en reste un petit rien…»

Yves Eyot, 75 Paris

IL PARTAGE L’INTIMITE

comme une femme peut la partager avec son amant.

Patrick Garcia, 10 Bar-sur-Aube

LE POT DE CHAMBRE

est un jules parce qu’il est comme l’amant caché sous le lit ou dans l’armoire.

Liliane Naigeon, 38 Eybens

CETTE EXPRESSION

daterait de la fin du XIXe siècle. Ma grand-mère possédait une tabatière en forme de pot de chambre (quel goût!) Lorsqu’on en soulevait le couvercle, on voyait au fond un œil. On dit d’ailleurs «curieux comme un pot de chambre».

Suzanne Milhorat, 09 Pamiers

JE CONNAIS UNE VARIANTE

à cette expression. A l’époque de l’affaire Dreyfus, la «bonne» bourgeoisie antisémite disait aux bonnes: «Donnez le Zola aux enfants» pour parler de pot de chambre.

Patrice Leclerc, 75 Paris

UN JULES C’EST

le petit ami d’une jeune fille et par extension le souteneur d’une «fille». On dit, en argot, un «julot casse-croûte», pour parler d’un «maquereau» de seconde zone, qui ne fait travailler qu’une fille: sa femme. Pourquoi employer dans tant d’expressions le prénom Jules ? Sans doute parce qu’il fut aussi commun que l’est Dupont dans les noms de famille.

R. Riou, 33 Bordeaux

L’EXPRESSION DESIGNE

un objet familier, partagé par tous, tout du moins à une époque ancienne. Je pense que sa dénomination familière par «un petit nom» est à rechercher dans l’emploi de prénoms courants au XIXe siècle.

Sophie Perrin, 31 Toulouse

https://fr.wikipedia.org/wiki/Pot_de_chambre

 » Le pot de chambre, appelé aussi vase de nuit, est l’ancêtre des toilettes actuelles. Il était destiné à recueillir les déjections humaines la nuit, afin d’éviter de sortir de la chambre. Couramment utilisé avant l’installation des sanitaires, il disparait progressivement au cours du XXe siècle. Aujourd’hui, il reste un moyen utilisé pour les enfants en bas âge. Il est aussi d’usage pour les malades ne pouvant quitter leur lit.

Avant la Révolution, on appelait aussi « pot de chambre » un carrosse qui conduisait à la cour de Versailles1. »

J’ai conservé le souvenir de mon pot de chambre d’enfant. Il était bleu, en tôle émaillée. Celui de mes parents était blanc. Et ils le mettaient dans la table de nuit pourvue d’un petit placard. La bouteille d’eau de Javel n’était pas loin. Les cabinets, eux, étaient à l’extérieur, pourvu d’un simple trou. Pas de robinet. Il aurait gelé l’hiver ! on était prévoyants et super-écolos.

Pour porter le contenu des jules aux cabinets, on faisait un transfert dans les seaux hygiéniques. En ces temps-là on était hygiénistes ! dans les années 2000 on a changé :

« Au début des années 2000, divers mouvements apparaissent contre l’hygiénisme industrialisé. Le mouvement No Soap (Sans Savon, ou Savon Non)19 critique ainsi l’omniprésence des produits lavants, leur toxicité possible, leur coût, leur impact environnemental, et prône un lavage corporel à l’eau, en réservant les produits lavants à une pratique médicale. »

Et puis en 2020…

Vous avez sans doute remarqué que dans nos toilettes publiques, il est rare de trouver du savon. On est No Soap depuis longtemps dans nos services publics !

Quant à la gastro c’est chic. On la regrettera en 2020.

Et comme tout finit en chansons, sachez que notre Jules Verne nantais a écrit des chansons, que le breton Serge Kerval (mort à Nantes) a chantées.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Serge_Kerval

https://fr.wikipedia.org/wiki/Chansons_de_Jules_Verne

Pour écouter Serge Kerval

2 réponses à “Je me souviens quand il fallait vider le Jules !

  1. Sympa ce billet. J’ai un souvenir du Jules à Abondance sous le lit. Et Serge Kerval qui est venu 2 fois à la MJC de St Julien et qui m’avait fait découvrir des chansons de Ferré, Merde à Vauban et de Trenet, les coupeurs de bois., Ne prenez point femme… J’ai un de ces disques quelque part.

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