Pierre Bergounioux continue son journal

« Mots de passe. L’écrivain poursuit la rédaction de son « Carnet de notes », dont paraît le cinquième volume, plongée dans le quotidien d’un travailleur acharné, lecteur érudit. »

« 

Nous confrontant à la matérialité du temps qui passe, le mystère Bergounioux s’épaissit à chaque nouvelle parution de son Carnet de notes, tenu depuis 1980, et dont ce volume est le cinquième. Si le tout premier, paru en 2006, était accidentellement tendu par une tragédie familiale (la chute puis le long coma du beau-frère), si l’avant-dernier l’était par la fin de vie de la mère, rien ne vient bousculer la vive monotonie de celui-ci, neuf cents pages durant : le temps y est à nu, et l’on ne se tient pas aisément quitte de la fascination que génère pourtant ce flot aussi continu que le cours d’un fleuve, qui jamais ne s’interrompt.

Chaque jour que la lumière fait s’accompagne d’au moins cinq ou six lignes, parfois de plusieurs pages, tantôt moroses sous le couvert d’une routine menacée par les problèmes cardiaques, tantôt traversées d’éclats vif-argent au soleil de la lucidité. Une fois notée l’heure du réveil s’égrainent les travaux et les jours au rythme des écritures, lectures, courses, promenades, lessives et, régulièrement, des déplacements en TGV ou en RER pour une rencontre, une émission radiophonique. Le retour des saisons accentue encore cette régularité : quatre fois l’an, l’auteur et sa femme, Cathy, migrent en voiture sur leurs terres d’enfance, en Corrèze, avant de regagner le domicile de Gif-sur-Yvette (Essonne). Et le lecteur, hypnotisé par le roulement d’une syntaxe infaillible sur les rails du temps, ne peut que le constater, renvoyé à ses propres questions : il est embarqué, sans plus de capacité à sortir du livre qu’il ne pourrait descendre d’un train fonçant dans un paysage immédiatement identifiable, en ces pages, puisqu’il nous est strictement contemporain. »

https://www.lemonde.fr/livres/article/2021/05/06/pierre-bergounioux-dans-la-trame-des-jours_6079361_3260.html

Il ne vient plus à l’Université permanente de Nantes depuis que le briviste Georges Fargeas est parti à la retraite. On regrette ses conférences annuelles !

https://webtv.univ-nantes.fr/fiche/2809/pierre-bergounioux-la-passion-francaise

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