Depuis le temps que je fais pipi dans mon jardin, je ne peux qu’applaudir à cette invention

« L’idée n’est pourtant pas nouvelle puisqu’avant l’arrivée de l’industrie pétrochimique l’urine était déjà utilisée comme fertilisant par nos anciens. Il suffit de se documenter pour apprendre qu’il y a moins d’un siècle, à Paris, la moitié des urines étaient encore recyclées. Tout un historique retranscrit par exemple dans la thèse de Fabien Esculier, ingénieur des Ponts des Eaux et des forêt du Laboratoire Eau Environnement et Systèmes Urbains, qui démontre que sans engrais de synthèse l’humanité recyclait bel et bien ses urines, seules sources à l’époque de nutriments comme l‘azote. Une pratique qui s’éteint avec l’arrivée d’une solution plus facile à utiliser qu’offre la pétrochimie. « 

« À titre de comparaison, aujourd’hui, avec 200 kilos d’engrais azoté industriel, un engrais stable qui ne sent pas et facile à épandre, on fertilise un hectare de blé, il faudrait épandre l’équivalent de 30 000 litres d’urine pour arriver au même résultat. Une opération compliquée pour un agriculteur qui lui demanderait beaucoup de temps, beaucoup de mécanisation et qui présente en plus l’inconvénient de sentir mauvais. Les contraintes seraient telles qu’aujourd’hui c’est impossible ne serait-ce qu’économiquement de revenir à ces méthodes ancestrales reconnait Michael Roes.

J’ai fait pipi dans une bouteille, j’ai rajouté des probiotiques, des cachets de lactobacille achetés en pharmacie, j’ai rajouté du sucre et j’ai attendu. Deux jours plus tard, le mélange faisait des bulles et là, ça a fait tilt instantanément. J’ai compris qu’il y avait un vrai sujet à creuser !

L’urine comme milieu de culture à bactéries ! Quand on sait que les milieux de culture à bactéries coûtent chers à produire, que les bactéries sont utilisées dans de nombreux domaines industriels comme l’agriculture, l’agro-alimentaire ou encore la cosmétique, Michael Roes a senti qu’il tenait une bonne piste d’innovation. Ne lui manquait plus qu’à l’explorer scientifiquement et à trouver le modèle d’affaire pour la développer. En 2019, avec son associé Pierre Huguier, docteur en écotoxicologie, ils déposent les statuts de leur start up qu’ils nommeront d’un petit jeu de mot inspiré de la langue anglaise, Toopi Organics.

Alors comme je récupère l’eau pour arroser le jardin, je vais pisser dans un seau pour alimenter la startup.

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