Occitan ? vous avez dit Occitan ?

Que ce soit clair.

Il n’est pas facile d’écrire une langue que TRES TRES TRES peu de locuteurs ont écrite. Alors si on veut l’écrire, autant se servir des travaux de spécialistes. Et se servir de la graphie « normée » (mais il y a plusieurs normes !) de l’ « occitan ». Car inventer son écriture « patoise » ce n’est pas rien. Quand j’écris en français « année », je le prononce « an née ». Bé y a deux n. Et pour moi dire « a née » c’est perdre mon « identité » comme on dit de nos jours.

MAIS il est évident qu’il faut faire un apprentissage de la prononciation. Et que le limousin écrit en phonétique (pas avec les caractères phonétiques des linguistes !) en français est plus facile. Certains appellent ça « l’écriture en patois » !

Si les écrits en « occitan » ne sont pas lisibles par les « native occitan speakers » comme disent les modernes, c’est quand même dommage ! On peut rêver de voir un enfant ayant appris l’occitan à l’école (selon mon expérience, ça ne va pas plus loin en primaire que chanter « Happy anniversari » (pardon ! j’ai vu tellement de panneaux  » Happy Habitat » en Périgord-Limousin) « bòn anniversari »), apprendre la graphie normée à ses arrières-grands-parents. Encore que dans les écoles que je connais, on fait faire de l’occitan aux enfants dont les ancêtres n’ont jamais appris ni l’occitan, ni le français. A Toulouse il y a eu des manifs contre l’occitan à l’école.

Voici quelques discussions

https://penthesilee.wordpress.com/2011/05/03/je-ne-suis-pas-et-ne-serai-jamais-occitane/

http://taban.canalblog.com/archives/2021/04/25/38940218.html

3 réponses à “Occitan ? vous avez dit Occitan ?

  1. Vaste question.
    D’un côté, à la maison, il y a ma mère (80ans) qui parle — quoique fortement gallicisé — un occitan typique de la Charente-Limousine (parlé en « é » de Montenbœuf) ; elle le parlait au quotidien avec mon père (nord-limousin des monts de Blond), les voisins et voisines. Elle est pas encore une des plus vieilles du village et, au quotidien, avec les personnes de sa génération, elle ne parle pas français.
    Elle n’a jamais « appris à lire » l’occitan, mais se débrouille très bien avec la graphie néo-classique. J’avais fait le test avec notre dernière centenaire, pareil. Les 2 connaissaient et appréciaient Panazô, mais ne le lisaient pas (graphie moderne), même dans le journal, car il fallait « défricher » ce qu’il écrivait.
    L’ancienne institutrice (~77ans), de Montrollet, ne parle pas la langue d’Or, mais aime lire en graphie… moderne.
    Les voisins (~60/65ans) ne parlent pas mais sont fortement conscientisés et préfèrent les « patois à la Mourguet » car ça se lit comme du français.

    Côté frère & sœurs, ils ne comprennent pas que lire une langue, sauf à la considérer comme un sous-produit, cela s’apprend et nécessite un peu d’effort, même si pour eux il ne sera pas grand puisque les oreilles ont baigné dedans petits. Mais il faut de la volonté.

    (À vérifier, je ne les ai pas sous la main) J’ai récupéré 4 ou 5 des livres des années 50/60 (une forme de bibliothèque ouvrière et paysanne, canton de St Junien) en graphie « aléatoire », c’est presque illisible pour qui ne parlerait pas la langue.

    Pour mes fables, je m’inspire de livres publiés avant la renaissance et le rétablissement initiés par J.Roux, donc dans la graphie de « chez Ducoutieux ». Elle est très bien adaptée pour Limoges et son canton, au delà…

    Saint Junien a fait poser des panneaux d’entrée de ville, a un dépliant photocopié en occitan pour la visite de la cité… et c’est tout. On va pas en faire trop, l’avenir est aux vaches peintes sur les giratoires de la mythologie municipale, « le patois » y a un peu de place car c’était la langue des paysans mal dégrossies que le pouvoir entendait éduquer aux luttes sociales, l’occitan est la langue des bobos à vélo végano-quinoïstes qui exigeraient en plus que le contre-sens de la rue de la mairie soit respecté. Salauds de « vilauds ».

    JPB

  2. Merci pour ce témoignage. Je ne trouve dans mon PSY aucune personne avec laquelle parler de cela. A la dernière « foire » à St-Yrieix-la-Perche je n’ai pas entendu une seule personne parler « patois » ! Il reste la plaque souvenir de la dernière Félibrée. A côté d’Excideuil (en dordogne) j’ai un oncle et une tante, l’un d’Excideuil, l’autre de Limoges. Je dois leur demander comment ils disent tel mot en occitan en insistant.

    • J’ai cette chance d’avoir encore quelques rares locuteurs courants. Ma tante qui vient de mourir m’avait même écrit une carte (3 lignes) dans sa graphie personnelle, sauf le « ou » en place du « o / ó », peu de chose à changer par rapport à la graphie néo-classique.

      Je commence cette courte réponse par « chance » et en même temps, c’est un malheur, car pour mon frère et mes sœurs, des voisins plus ou moins jeunes (de 30 à 50 ans), ce qu’ils lisent et/ou apprennent dans des livres (cours, revues…) leur semble toujours différent de ce qu’ils entendaient dans le village. À tord. Cependant, avec de la volonté, ils n’auraient que très peu d’efforts à faire.

      Parfois, je me dis que ce n’est peut-être pas plus mal de partir de zéro, avec les oreilles vierges. Certes, il y aura un pan entier de la culture de perdu, mais la langue y gagnera en homogénéisation (ceci est valable pour ma pomme et mes petites coquetteries).

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