Je me souviens d’Henri Laborit

Je fais des séjours dans la forêt des rayons de ma bibliothèque. Et je viens de tomber sur le Dieu ne joue pas aux dès, d’Henri Laborit, celui dont je vois le nom en grosses lettres quand je repasse sur le campus de ma vie d’escholier à Poitiers.

En ouvrant le livre, une lettre pliée tombe.

C’est une réponse d’Henri Laborit a un courrier que je lui avais adressé. Il est à l’entête du Laboratoire d’Eutomologie, Hopital Boucicaut, 75730 Paris Cedex 15, 8 janvier 1990.

Et en bas de page je lis

Centre d’études expérimentales et cliniques de physio-biologie, de pharmacologie et d’eutonologie (CEPBEPE) 78, rue de la Convention, tel 45 54 92 92poste 2537

Si ma mémoire est bonne, j’ai dû avoir son adresse d’une ancienne infirmière qui travaillait pour lui. Mon courrier devait porter sur la cybernétique. Comme on manquait de formation chez les informaticiens, j’avais fait dans les années 70 une licence de psychologie. A l’époque post-68, on a eu peu d’enseignement. Bé y avait des réunions pour savoir ce qu’on allait nous enseigner ! comme je travaillais, je n’appréciais pas y perdre mon temps. Ouf, à la fac des sciences, les cours de psychophysiologie fonctionnaient ainsi que les TP qui avaient lieu de nuit. A la fac de Lettres et sciences humaines, c’était à Nantes très psychanalyse endormante. Ce qui m’avait le plus intéressé, peut-être parce qu’Henri Desfougères nous en avait parlé en philo au lycée Darnet à St-Yrieix, ce sont les tests projectifs. J’ai toujours un livre qui les présentent. J’ai fait des expériences avec le test du village. Comme on parlait alors (en particulier dans les annonces de recrutement d’informaticiens), d’esprit analytique vs esprit synthétique, j’ai cherché à savoir si il y avait corrélation (n’est pas raison !) entre la façon dont les étudiants construisaient un programme et celle dont ils construisaient le village. Bien sûr, personne n’allait publier une telle étude. Ni les psys ni les informaticiens ! et puis, les tests projectifs ce n’est pas fait pour ça !!

Revenons à l’Eutomologie.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Eutonologie

Eutonologie est un mot composé à partir des éléments eutonos (tonus au sens large, équilibre biologique normal) et logos (parole, discours, raison, relation).

Historique

Dès 1945, Henri Laborit (1914-1995), chirurgien de la Marine nationale, s’intéresse aux perturbations biologiques complexes que l’acte chirurgical provoque chez le malade opéré. Son service reçoit de nombreux prisonniers allemands blessés gravement lors d’opérations de déminage. Malgré les actes précis et les soins attentifs dispensés, une partie d’entre eux décèdent pour des raisons qui lui échappent1.

En parallèle avec la chirurgie, Henri Laborit commence un long travail d’études et d’expérimentations des réactions de l’organisme au choc opératoire.

Ce n’est pas la lésion organique qui l’intéresse, mais la réaction de l’organisme à l’agression et il appelle cette nouvelle discipline, l’agressologie.

La marine lui propose, en 1950, d’intégrer l’hôpital du Val-de-Grâce de Paris à la section technique des recherches et des études2.

Il commence à publier des livres sur ses travaux ; « Réaction organique à l’agression et choc » aux éditions Masson en 1952, puis, dans la collection « Agressologie – réanimation – hibernothérapie », « bases physio-biologiques et principes généraux de réanimation », toujours aux éditions Masson en 1958.

Il crée également la revue Agressologie qui parait régulièrement jusqu’en 1983.

Laboratoire d’eutonologie

En juin 1958, grâce au Pr Thalheimer et au financement des laboratoires Spécia, Henri Laborit doit inaugurer à l’hôpital Boucicaut un nouveau laboratoire de recherche dont il a la responsabilité.

La direction du service de santé des armées, dont dépend Henri Laborit, chirurgien de la Marine nationale, n’apprécie guère le terme « agressologie ».

Elle demande au Pr Canguilhem, ancien médecin, professeur à la Sorbonne, épistémologue, de trouver un mot pour définir les recherches d’Henri Laborit à Boucicaut.

Le Pr Canguilhem rend un long rapport avec plusieurs propositions dans lequel il indique sa préférence pour eutonologie3.

Henri Laborit doit obéir aux ordres et le laboratoire est nommé; Centre d’études expérimentales et cliniques de physio-biologie, de pharmacologie et d’eutonologie (CEPBEPE). « 

Je me souviens que Laborit était intervenu dans l’étonnant procès de réhabilitation de Gilles de Rais en 1992 !

https://fr.wikipedia.org/wiki/Henri_Laborit

http://lionel.mesnard.free.fr/le%20site/henri-laborit.html

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