Sur le Périgord, lisez Louis Sanders

Je constate que les liens de billets précédents sont rompus. Alors un nouveau billet.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Louis_Sanders

Fils de Robert et Clarisse Nicoïdski, Élie Robert-Nicoud étudie les lettres classiques au lycée Condorcet, puis l’anglais à l’université Paris IV-Sorbonne où il obtient une maîtrise. Il vit un temps à Canterbury, en Angleterre, avant de s »inscrire à l’université de St Andrews, sur la côte Est de l’Écosse, puis pendant trois ans à l’université de Cambridge, ce qui lui permet de rédiger une thèse de doctorat ès lettres sur Evelyn Waugh et la conversion au catholicisme des écrivains britanniques entre 1890 et 1945. Il en tire le sujet de sa première publication, un essai intitulé La Plaisanterie métaphysique ou l’Angleterre pervertie (1990).

Après avoir épousé une Anglaise, il revient vivre en France, s’installe dans le Périgord et amorce une carrière de traducteur. Il travaille pour les éditions Ramsay, puis chez Payot & Rivages, où il dirige brièvement une collection de littérature étrangère, et traduit notamment Elmore Leonard, Ed McBain, Peter Corris, Eva Ibbotson et Chaïm Potok.

Sa vie en Dordogne au sein d’une communauté anglaise lui inspire le sujet de son premier roman policier, Février (1999), qu’il fait paraître en ayant recours pour la première fois au pseudonyme Louis Sanders. Il obtient le grand prix du roman noir français du festival du film de Cognac 2003 pour Passe-temps pour les âmes ignobles (2002), qui raconte les mésaventures de plusieurs Anglais habitant en Dordogne, qui découvrent par hasard qu’un roman, mis en vente dans une librairie locale, révèlent bon nombre de leurs forfaits et qui cherchent à en retrouver l’auteur, ce qui occasionne une série de morts violentes.

Louis Sanders a également publié un roman d’aventures (Les Naufrageurs, 2004) et quelques ouvrages de littérature d’enfance et de jeunesse.

 » dans la petite communauté anglaise de Dordogne dont je fais maintenant partie, les variations de la température sont devenues une obsession, la lutte contre les rigueurs de l’hiver occupe pour chacun au moins deux heures de la journée. Il faut vider les cendriers des poêles, entasser les bûches, aller chercher les bûches , fendre, entasser les bûches, couper, allumer le feu, collectionner les boites en balsa abandonnées à l’entrée des supermarchés et qui ont contenu des fruits venus de pays toujours chauds, se rappeler de ne pas jeter les vieux journaux. C’est le bois qui domine cette vie, le bois épais, dense, le bois qui est à la Dordogne ce que le dollar est à Wall Street [..]

En Dordogne, mais surtout à La Berthonie, l’horizon est toujours fermé, et pourtant tout est loin de tout, c’est ce qui préserve le charme de la région, c’est ce qui peut en faire une prison, en hiver, quand on n’a pas de vache à traire, de cochon à nourrir ni de poulets à étrangler. Alors les Anglais de la Dordogne se retrouvent dans leurs clubs informels pour faire toutes sortes de choses et surtout pas grand-chose en buvant, dès que six heures ont sonné, de grandes quantités de toutes sortes de choses alcoolisées. »

‹‹ Thiviers en février ressemble à l’Écosse, comme si la ville était capable de se détacher de la Dordogne, de rejoindre la mer et de remonter jusque sur la côte est, un peu au-dessus de Dundee. Tous les bâtiments donne l’impression d’avoir été taillés dans le granit, on s’étonnerait presque de ne pas entendre les cris des mouettes. […] On en oublie la torpeur des étés, les jours de marché quand on remonte d’un pas lent entre des stands où des hippies hollandais vendent de la gelée royale et des bougies en cire d’abeille, où des Anglais dans des shorts de tennis blancs ou bleu marine qui leur serrent les fesses, coiffés de bobs blancs trop petits pour leurs crânes, goûtent et regoûtent des vins de Bergerac en faisant claquer leur langue et en jouant les experts. ››

 » Sue riait énormément, de ce rire gras des Anglais bien élevés qui parviennent à donner l’illusion devant leurs pairs qu’aucune catastrophe ne saurait être autre chose qu’une vaste plaisanterie. »

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