A Saint-Yrieix, j’ai bien connu le Collège et la Collégiale

Le Collège rue Coudamy

allait de la Sixième à la Terminale (Maths Elém et Philo). Je l’ai fréquenté à partir de la rentrée de 1956, après avoir passé l’examen d’entrée en Sixième (certains, voir les citations sur ce blog, diront plus tard que c’était un scandale que de faire subir un tel examen aux enfants !).

Un jour il est devenu Lycée. Lycée Darnet.

Et quand je l’ai quitté, il a quitté la rue Coudamy.

 » Le 10 Janvier 1971, Jacques Chirac, alors ministre des relations avec le parlement, inaugure la cité scolaire Jean-Baptiste Darnet. Composée d’un collège, d’un lycée général et technologique et d’un lycée professionnel, »

La Collégiale du Moustier, je vivais à côté. Son horloge réglait mes jours et mes nuits. Avec Claude, nous en avons parcouru, de jour, comme de nuit, tous les combles, le chemin de ronde, et visité l’horloge de près et même vécu son remontage par un horloger de St-Yrieix. Nous avons participé à alimenter Sœur Emmanuelle en éléments naturels pour installer la crèche, là où de nos jours, on a aligné les anciens santons.

Et nous suivions la messe assis sur une patience dans les stalles dans le cœur, en face de l’orgue (il n’avait pas la curieuse place actuelle, sans doute quasi unique dans le monde), avec la chaire et son escalier sur notre droite.

En 2013, les santons étaient dans les stalles !

Si je parle des stalles c’est que ces stalles nous donnent un indice sur le pourquoi du terme « collégiale ».

Avec Wikipedia, maintenant on sait tout. Vous pouvez donner votre obole à la quête de Wikipedia. Wikipedia ne vous piquera pas votre fichier d’adresse comme Facebook. Et même participer à sa rédaction. Une merveille dans ce monde de la Rentela, du Web, de la Toile.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Coll%C3%A9giale

« Une collégiale (raccourci pour église collégiale) est une église qui possède un chapitre de chanoines composé d’un nombre fixe de clercs séculiers. Tous les chanoines possèdent un siège dans le chœur de l’église afin de s’y réunir et d’y chanter ou réciter l’office divin, une maison canoniale, un revenu et des fonctions précises. »

Collégiale et cathédrale

Comme une cathédrale, une collégiale est une église capitulaire : c’est-à-dire qu’elle possède un chapitre de chanoines. À ce collège de prêtres il incombe de chanter quotidiennement l’office divin et d’accomplir les fonctions liturgiques plus solennelles dans l’église1.

Collégiale et église paroissiale

Une église collégiale est une église paroissiale d’une certaine importance dotée de fonctions et d’œuvres pieuses ou charitables particulières qui s’étendent sur d’autres paroisses, comme l’instruction des enfants, le secours des pauvres, etc.

Toutefois, le code de droit canonique de 1983 interdit l’union des paroisses à un chapitre de chanoines2 et oblige l’évêque diocésain à séparer celles qui seraient unies à un chapitre de chanoines3.

Catégories de collégiales

Le code de droit canonique de 1917 distinguait plusieurs catégories de collégiales. Certaines collégiales étaient dites insignes ou très insignes. « 

La collégiale en distanciation

Extrait de Mes mémoires d’Arédien

A la fin du CM2, on allait soit au Cours complémentaire qui se déroulait aux casernes, soit on passait l’examen d’entrée en sixième pour aller au collège, rue Coudamy. Au Cours complémentaire on passait le Certificat d’études Primaires (CEP). Mon père avait été « premier du canton » au « certif. ». On pouvait aussi le passer quand on était au collège. J’ai passé l’examen d’entrée en sixième. Il m’a fallu aller chez le photographe Later, place du marché, pour me faire faire des photographies d’identité. En effet, il nous fallait une carte d’élève avec photographie. Il m’a fallu acheter aussi un sous-main. Je l’ai toujours. Il est en carton marron, et est fixé à l’intérieur un buvard qui porte les traces de mes écrits. Je l’ai ensuite utilisé pour passer les deux bacs. L’examen a eu lieu dans ce que je sus être en septembre la salle de « perm » i.e. la salle de permanence du collège. Nous allions dans cette salle quand nous avions une heure entre deux cours ou en attendant la sortie du soir. Tout autour de la salle, il y avait des casiers en bois où nous laissions nos livres et cahiers. Dans la salle de permanence, on se retrouvait à plusieurs classes. Il y avait un pion qui assurait la surveillance. Pour aller chercher quelque chose dans son casier, il fallait demander l’autorisation. Cette salle servait aussi de salle de cinéma. J’y ai vu « Nuit et Brouillard » d’Alain Resnais sur les camps de concentration nazis. J’apprends sur wikipedia que « Le film est également connu pour avoir dû faire face à la censure française qui cherche à estomper les responsabilités de l’État français en matière de déportation. En 1956, la commission de censure exige en effet que soit supprimée du film une photographie d’archives sur laquelle on peut voir un gendarme français surveiller le camp de Pithiviers. Les auteurs et producteurs du film refusent mais sont tout de même contraints de masquer la présence française, en l’occurrence en couvrant le képi du gendarme, signe distinctif principal, par un recadrage de la photographie et une fausse poutre. Cet artifice a depuis été ôté et l’image a retrouvé son intégrité. »

Dans cette salle, j’ai aussi suivi les cours de secourisme. Ils nous étaient donnés le soir par des médecins de Saint-Yrieix. On y a appris à faire des bandages, des pansements – Je me souviens de cette prescription « si les intestins sortent, ne pas essayer de les rentrer » – à brancarder – le brancardage est maintenant interdit aux non-professionnels – , à faire la respiration artificielle par la méthode de Shafer, celle qui était décrite sur les transformateurs électriques. Ce n’était pas le bouche à bouche. Il était alors en vigueur, mais nous ne disposions pas de mannequin pour l’apprentissage. Le massage cardiaque que l’on apprend aujourd’hui lors de n’était pas enseigné. J’ai appris son existence dans des circonstances dramatiques. A Excideuil pour le déjeuner du premier janvier, nous attendions un cousin pour le déjeuner. On m’a demandé d’aller voir ce qu’il faisait. Je l’ai découvert allongé danas la salle de bain, inanimé. J’ai pratiqué la méthode de Shafer, en vain. Le médecin arrivé sur les lieux m’a dit que mon geste était inutile, qu’il fallait faire un massage cardiaque. Le chauffe-eau venait d’être mal installé par le plombier. Ce fut ma première expérience de la mort et de la responsabilité.

Je me souviens que l’épreuve de français commençait par une dictée. Puis nous avions lecture d’un texte. Dans ma mémoire, nous devions prendre des notes et faire un résumé de ce qu’on nous avait lu. J’ai retrouvé l’arrêté du 23 novembre 1956. J’y lis : « Étude d’un texte narratif ou descriptif court dans les conditions suivantes : a) le texte après lecture expressive est remis entre les mains des élèves ». J’avais valorisé l’épreuve ! Je continue ma citation « b) les élèves sont invités à répondre à quatre questions (coefficient 9) réparti de la façon suivante :

– la première relative au vocabulaire : coefficient 1 ;

– la seconde relative aux conjugaisons, temps verbaux complets ou formes verbales à trouver ou à analyser : coefficient 1 ;

– la troisième relative à la nature et la fonction d’au moins quatre mots ou groupes de mots : coefficient 2 ;

  • la quatrième question conçue de manière que la réponse exige un court développement : coefficient 3.

Une note de présentation et d’écriture (coefficient 1) et une note portant sur la correction de la langue, y compris l’orthographe et la ponctuation (coefficient 1) sont attribuées d’après les réponses rédigées par les candidats. » Il y avait une épreuve de mathématiques. Voici sa présentation par le décret : « 3. Epreuve d’arithmétique comportant deux parties (coefficient 6) :

  1. a) Trois ou quatre opérations portant sur des nombres entiers ou décimaux ; durée 20 minutes, coefficient 2 ;
  2. b) Un problème comportant trois ou quatre questions de difficulté croissante ; durée 40 minutes, coefficient 4. ». La dictée était de quatre-vingts mots maximum (coefficient 2).

Je viens de lire sur la Toile un texte écrit par une personne qui a organisé cet examen. Voici ce qu’il écrit « je suis(1), lors de chaque session, surpris et peiné de l’attitude des enfants qui doivent subir les épreuves de cet examen. Les plus jeunes, donc les plus intéressants, arrivent de leurs domiciles conduits par leurs parents. Ils sont tout désorientés et décontenancés par l’idée qu’ils se forment de cet examen redoutable, par la grande salle d’examen qui leur semble inhospitalière à souhait, par tous ces jeunes visages inconnus, par l’aspect de ces surveillants inhabituels. Souvent plusieurs candidats sont indisposés avant l’ouverture même des enveloppes contenant les sujets ; tous sont affolés et généralement placés dans les conditions les plus mauvaises pour réussir. Certains ont dû emprunter des cars pour gagner le centre d’examen et quitter leur domicile dès la première heure ; nombreux sont ceux qui n’ont pas dormi, soit parce qu’ils ont couché à la ville dans un hôtel ou chez des parents, soit tout simplement parce qu’ils ont été poursuivis par l’appréhension de l’examen.

Il suffit d’avoir assisté au déroulement des épreuves du concours pour acquérir la conviction profonde de la nécessité de sa suppression : la tension d’esprit imposée à de très jeunes enfants, la crainte de l’échec se peignent sur les visages puérils et aucun éducateur ne peut assurer la surveillance sans être frappé par l’état d’énervement et d’angoisse dans lequel sont plongés ces garçonnets de dix ans à peine. » (Gabriel Hun, Proviseur de Lycée, in L’Education nationale du 2 juin 1955). Je ne m’étais pas rendu compte qu’on m’avait fait subir une telle épreuve. Il est vrai que j’ai assez peu fréquenté les psychologues même si j’ai fait une licence de psychologie à Nantes. Le cours intitulé « L’envie de pénis » que j’y ai subi aurait pu avoir des conséquences plus grave que l’examen d’entrée en sixième !

2 réponses à “A Saint-Yrieix, j’ai bien connu le Collège et la Collégiale

    • Merci. J’ai suivi une conf d’historiens qui se déroulait à Limoges, Poitiers et St-Yrieix et l’auteur était présente. J’ai dû mettre sur mon blog. Le plus complet des papiers sur le sujet.

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