J’ai beaucoup pratiqué l’auto-stop

Pour aller en Andorre, boursier du Conseil Général de la Haute-Vienne.

Pour aller en Grande-Bretagne, boursier de la Fondation J Paridoc.

Pour aller tous les jours en été de Saint-Yrieix à l’entrée de Limoges (devant l’entrée du Carmel) pour travailler à l’Institut d’Économie Régionale du Limousin dirigé par le prof Guy Chambon au Présidial

Pour faire le tour d’Europe en juillet 1965

A Poitiers pour aller de la gare au campus universitaire.

Aux USA, pour aller de New-York à Chicago, à Québec, etc jusqu’à San-Francisco. Et retour.

https://www.franceculture.fr/emissions/le-journal-de-lhistoire/lautostop-un-mythe-dechu-de-la-route

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l’historien Arnaud-Dominique Houte explore un mode de transport en déroute : l’autostop. La gratuité, la condamnation de l’égoïsme individuel et la rencontre, profiter sans posséder et franchir les barrières sociales habituelles en partageant un habitacle avec un ou une inconnue, pour aller plus vite et plus loin, chercher l’expérience transformatrice de la route, sont les nombreux aspects d’une pratique du XXe siècle tombée en déshérence.  

Entre fantasmes, subversion, idéal humaniste et danger imminent, l’autostop c’est un concentré de l’imaginaire du voyage inventé à la fin des années 1930 alors que la voiture se généralise mais reste coûteuse et renouvelle les pratiques de la route. Lever le pouce devient familier avec le desserrement du temps de travail à l’ère des congés payés et l’encouragement à profiter des paysages français, avec un désir de mobilité et de liberté de mouvement en croissance exponentielle. Mais dans son ombre, l’autostop n’est pas qu’exaltation, il figure bientôt en bonne place dans les débats croissants sur l’insécurité.  

L’autostop naît sous le Front populaire qui promet une vie où la culture et les loisirs ont désormais droit de cité autant que le travail. Les auberges de jeunesse, dont l’essor devient emblématique du Front populaire, l’esprit de fraternité et de rapprochement de la nature sont saisis par la loi dans les années 1970 qui ont la dent dure contre ce « resquillage routier ». Les hasards de la route, l’audace, la ruse et les astuces d’une bonne pratique de l’autostop relèvent aussi de la reconnaissance sociale pour se fier à celui ou celle qui lève le pouce et celui ou celle qui s’arrête sur le bord de la route et ouvre sa portière. Le goût du voyage n’a plus l’exotisme pour horizon, la réussite de l’autostoppeur n’est plus d’atteindre héroïquement son point d’arrivée, l’aventure n’est plus la destination, elle se niche dans l’expérience, dans l’attitude adoptée sur la route elle-même, dans la prouesse du débrouillard, qui provoque le hasard, une aventure sociale qui visite l’inconnu, le cherche, et l’interpelle. En tout cas pour ceux qui le pratiquent ou l’admirent. Pour d’autres c’est une forme de mendicité qui répugne, un abus des règles de l’hospitalité mobile, un signe ostentatoire et impudique de son manque de moyens, un comportement de profiteur. Réservoir de faits divers, l’autostop entre par la voie express au panthéon des mythes de la route et des légendes urbaines. Si les actualités télévisées s’amusent à comparer le temps d’attente d’un homme en kilt, d’une jeune femme, d’un militaire en uniforme et d’un abbé en soutane dans les sujets qui inaugurent les périodes de vacances estivales, bientôt l’auto-stop devient la hantise des parents d’adolescents et rétablit une version contemporaine des détrousseurs de grands chemins, avec ses histoires de vol, de racket et d’agression, ses épisodes graveleux voir violents dans un climat d’anxiété nourri par les statistiques de la délinquance naissantes en corrélation avec les sondages sur le sentiment d’insécurité dans les années 1960 sans oublier le goût prononcé de la presse pour les faits divers et les crimes de l’auto-stop qui évoquent désormais l’effroi après avoir incarné la liberté de choix. Désormais rare et exceptionnel, l’auto-stop reste une pratique de celles et ceux qui n’en ont plus, de choix. »

Houte, Arnaud-Dominique. « Le temps de l’auto-stop. Liberté, mobilité, sécurité en France des années 1930 aux années 1970 », 20 & 21. Revue d’histoire, vol. 148, no. 4, 2020, pp. 3-15.

Pour notre tour d’Europe, j’avais acheté un sac de militaire (au stock américain, à Limoges). Il contenait, la tente canadienne La Hutte, le sac de couchage, le matelas pneumatique (cadeau pour mon bac), le bleuet camping-gaz et les vêtements. Nous avions la faluche sur la tête. Ah bien, on nous prenait de loin pour des troufions en perm. En Italie on a fait du stop avec des étudiants finois qui avaient sur la tête la casquette d’étudiants.

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