Entre anciens Arédiens on fait du troc de philosophie

Suite à mon billet sur le philosophe Pierre Desproges commentant J.P. Sartre, je reçois de l’arédien C. Bélingard que les Limousins connaissent bien par ses reportages à la télé régionale

 » Si tu veux te plonger dans la philo je te recommande « Le problème Spinoza » de Irvin Yalom que je lis en ce moment. Tu y découvriras une histoire inattendue. Spinoza était l’un des chouchous avec Gaston Bachelard d’Henri Desfougères qui m’a rapporté des points au bac, le brave homme »

Je confirme. Mais à l’époque de la Terminale, je n’avais pas lu Spinoza.

https://www.babelio.com/livres/Yalom-Le-probleme-Spinoza/368172

 » Résumé : Le 10 mai 1940, les troupes nazies d’Hitler envahissent les Pays-Bas. Dès février 1941, à la tête du corps expéditionnaire chargé du pillage, le Reichsleiter Rosenberg se rue à Amsterdam et confisque la bibliothèque de Spinoza conservée dans la maison de Rijnsburg.
Quelle fascination Spinoza peut-il exercer, trois siècles plus tard, sur l’idéologue nazi Rosenberg ? L’œuvre du philosophe juif met-elle en péril ses convictions antisémites ? Qui était donc cet homme excommunié en 1656 par la communauté juive d’Amsterdam et banni de sa propre famille ?
Le Dr Yalom aurait-il pu psychanalyser Spinoza ? ou Rosenberg ? Le cours de l’histoire en aurait-il été changé ? Dans la lignée de son bestseller Et Nietzsche a pleuré, ce nouveau roman d’Irvin Yalom, à la fois incisif et palpitant, nous tient en haleine face à ce qui fut de tout temps Le Problème Spinoza. « 

Je recopie l’analyse d’un commentateur du site

andman   09 août 2014

Irvin Yalom fait partie des auteurs dont le lectorat exigeant et habité de questionnements existentiels apprécie le talent de vulgarisation.
L’idée de faire cohabiter dans un même roman Baruch Spinoza, le philosophe du 17ème siècle, et Alfred Rosenberg, l’idéologue du national-socialisme, est pour le moins originale. Irvin Yalom prend visiblement plaisir à relever les défis audacieux et son roman  »Le problème Spinoza » met en parallèle le parcours de vie de deux hommes à trois siècles d’intervalle, deux hommes que tout sépare hormis peut-être la célébrité posthume.
Deux essais, le premier complexe, le second effrayant, ont servi de base à cette oeuvre romanesque. Psychiatre de formation et féru de philosophie, Irvin Yalom a trouvé tour à tour dans “l’Éthique” de Spinoza et dans “Le Mythe du vingtième siècle” de Rosenberg le terreau inspirateur à ce roman qui restitue alternativement d’un chapitre à l’autre la pensée du philosophe juif et celle du criminel nazi.
Rationaliste par excellence, Spinoza croyait à une religion universelle de la raison dans laquelle Dieu est la Nature. Pour Spinoza il n’y a pas de bonheur éternel dans l’au-delà, parce que l’au-delà n’existe pas. Son excommunication à l’âge de 24 ans par la communauté juive d’Amsterdam l’obligera à adopter une condition de paria jusqu’à la fin de sa vie. Cet inconfort extrême ne l’empêchera pas de poser les bases d’une philosophie novatrice et d’être reconnu comme un précurseur des Lumières. Depuis lors, beaucoup se reconnaissent dans le spinozisme, ainsi l’illustre Goethe vénérait-il la pensée de Spinoza.
C’est bien là que le bât blesse et le théoricien nazi Rosenberg se perd en conjectures : comment le grand Goethe, l’emblème, la fierté du peuple allemand depuis un siècle, a-t-il pu être subjugué par les écrits d’un juif ? Comment a-t-il pu écrire que Spinoza était un être remarquable ?
Adepte depuis l’adolescence des thèses racialistes de l’écrivain Chamberlain selon lequel subsiste à l’état pur en Allemagne une race supérieure, Rosenberg sera obnubilé sa vie durant par la préservation de cette soi-disant pureté de la race aryenne. Il pensait déjà dans les années vingt que la question juive ne serait résolue que le jour où le dernier juif aurait quitté le grand espace allemand.
Le délire paranoïaque de Rosenberg verra son ultime concrétisation deux décennies plus tard dans l’horreur de la “Solution finale”.
Spinoza et Rosenberg épanchent leurs états d’âme respectifs auprès de personnages fictifs tout droit sortis de l’imagination de l’auteur. Des esprits chagrins ne manqueront pas de souligner la grande latitude avec laquelle Irvin Yalom revisite l’Histoire. Qu’importe ! La grande majorité des lecteurs devrait apprécier la construction savamment étudiée de ce roman.
Le Problème Spinoza” semble dépasser les bornes du roman historique mais les fantaisies de l’écrivain ne sont jamais hors du champ du plausible.
Il est rare de trouver un livre à ce point passionnant de bout en bout et la pensée de Spinoza traduite par Irvin Yalom est d’une incroyable limpidité comme en témoigne ce court extrait :
”Il semble paradoxal de dire que les hommes sont plus utiles les uns aux autres quand ils suivent chacun leur propre chemin. Mais il en va ainsi lorsqu’il s’agit d’hommes de raison. Un égoïsme éclairé mène à l’entraide. Nous avons tous en commun cette capacité à raisonner, et le vrai paradis sur terre adviendra le jour où notre engagement à comprendre la Nature, ou Dieu, remplacera toutes les autres attaches, qu’elles soient religieuses, culturelles ou nationales.”
Les espérances utopiques du grand philosophe ne sont malheureusement pas près de se réaliser. L’actualité apporte chaque jour son lot de malheurs et la barbarie des hommes semble sans limite et sans fin comme si les enseignements tirés des périodes les plus sombres de l’Histoire étaient vite oubliés.
Heureusement, quelques artistes arrivent encore de temps à autre à éveiller les consciences par leur faculté à entrevoir la face cachée des choses, à mettre en lumière l’inacceptable.
Un portraitiste du clair-obscur aurait peut-être été le plus à même de saisir l’âme tourmentée de l’idéologue nazi Rosenberg, de transposer sur la toile sa terrifiante noirceur ! « 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Baruch_Spinoza

« 

En philosophie, Spinoza est, avec René Descartes et Gottfried Wilhelm Leibniz, l’un des principaux représentants du rationalisme. Héritier critique du cartésianisme, le spinozisme se caractérise par un rationalisme absolu laissant une place à la connaissance intuitive, une identification de Dieu avec la nature, une définition de l’homme par le désir, une conception de la liberté comme compréhension de la nécessité, une critique des interprétations théologiques de la Bible aboutissant à une conception laïque des rapports entre politique et religion.

Après sa mort, le spinozisme connut une influence durable et fut largement mis en débat. L’œuvre de Spinoza entretient en effet une relation critique avec les positions traditionnelles des religions monothéistes que constituent le judaïsme, le christianisme et l’islam. Spinoza fut maintes fois admiré par ses successeurs : Hegel en fait « un point crucial dans la philosophie moderne » — « L’alternative est : Spinoza ou pas de philosophie » ; Nietzsche le qualifiait de « précurseur », notamment en raison de son refus de la téléologie ; Gilles Deleuze le surnommait le « Prince des philosophes » ; et Bergson ajoutait que « tout philosophe a deux philosophies : la sienne et celle de Spinoza ».

Et Gaston Bachelard ?

C’est quand j’ai commencé à enseigner que je m’y suis intéressé.

« 

Il entre au collège de Bar-sur-Aube en 18964. Comme la plupart des élèves issus de l’agriculture, du commerce et de l’artisanat, il suit la filière moderne et ne bénéficie pas du prestige des humanités. Il doit arrêter ses études, une fois le baccalauréat philosophie en poche, en dépit de l’excellence de son parcours. Trente-six ans plus tard, il fustigera, dans La Formation de l’esprit scientifique, ces cursus scolaires trop courts, véhiculant des vérités scolaires à courte vue, incapables de former en profondeur. Il énoncera le concept de formation tout au long de la vie5 , promis à un bel avenir6 . Il inventera même la formation continuée pour les scientifiques une décennie plus tard dans Le Rationalisme appliqué en considérant le savant comme un écolier7.

Il est d’abord répétiteur de 1902 à 1903 au collège de Sézanne. Mais il se détourne de l’enseignement jugé trop conservateur pour envisager une carrière dans la télégraphie. Littéraire de formation, il emprunte la voie technologique avant de se diriger vers les sciences et les mathématiques. Fasciné par les grandes découvertes de la fin du xixe siècle et du début du xxe siècle (radioactivité, mécaniques quantique et ondulatoire, Relativité, électromagnétisme et télégraphie sans fil), il décide d’éprouver la révolution télégraphique au quotidien en épousant une carrière postale. Il devient surnuméraire des Postes et Télégraphes à Remiremont de 1903 à 1905 et prépare un baccalauréat scientifique8 , tout en travaillant soixante heures par semaine et demeurant dans une petite chambre située au numéro 10 de la rue de la Xavée9. Loin d’être accidentelle, cette expérience qui dura plus d’une décennie s’inscrit dans la continuité d’une histoire et se révélera déterminante dans l’élaboration d’une pensée aussi originale que dynamique. Il nous en a laissé quelques traces visibles en examinant l’échelle des concepts liée au téléphone10, les profils épistémologiques appliqués à la notion de masse11 et l’histoire des découvertes12.

Bachelard donnera une dimension technologique au savoir scientifique13. »

A l’époque Wikipedia n’existait pas. Mais enseignant dans un IUT (ils étaient récents, avaient fait l’objet de grandes manifestation contre le Plan Fouché, oui, oui ! ) c’est ce qui m’avait plu dans ses écrits.

Lors de ma première année de retraite, j’ai suivi les cours du Centre François Viète à Nantes. Normal !

https://fr.wikipedia.org/wiki/Fran%C3%A7ois_Vi%C3%A8te

Gaston fut directeur de l’Institut d’histoire des sciences et des techniques (IHST), il est l’un des principaux représentants de l’école française d’épistémologie historique.

P.S.

Un autre arédien Michel Barris m’écrit :

« tiens, tiens, un ami hollandais, qui […]) m’a offert « Le clan Spinoza » de Maxime ROVERE, que je viens tout juste d’attaquer »

http://leclanspinoza.com/

Suite à cet échange, C. Bélingard m’écrit :

 »

Def’ aurait dit: « si on échange chacun un euro, on ne s’enrichit pas.

Si on échange une idée, alors on se retrouve avec deux idées » .
C’était l’un de ses aphorismes préférés, il a du vous le raconter,
non? Par contre j’ai oublié qui en est l’auteur

Tu sais sûrement

Et je lui réponds

Non mais avec Google ! Def’ n’avait pas dit « euro » !!!!

Si tu as une pomme, que j’ai une pomme, et que l’on échange nos pommes, nous aurons chacun une pomme. Mais si tu as une idée, que j’ai une idée et que l’on échange nos idées, nous aurons chacun deux idées.

George Bernard Shaw

Chirac ne devait pas connaître !

Def’ c’est notre prof de philo Henri Desfougères

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