Les résistants (« dissidents ») antillais de la dernière guerre mondiale

C’est lors des obsèques d’un arrière-grand-père d’un petit-fils que j’ai découvert cette histoire. Le grand-père avait refusé la première fois la Légion d’honneur arrivée après la visite de Sarkozy en Martinique. Il l’a finalement acceptée sous la pression de la famille le 8 mai 2015.

Le document le plus complet trouvé sur la Toile est le suivant :

La dissidence dans les Antilles françaises : une mémoire à préserver (1945-2011)

Julien Toureille, « La dissidence dans les Antilles françaises : une mémoire à préserver (1945-2011) », Revue historique des armées, 270 | 2013, 68-78.

Julien Toureille

https://journals.openedition.org/rha/7644

https://www.slate.fr/story/105631/resistance-antilles-dissidence

« 

Traverser les canaux séparant les îles françaises des îles anglaises n’est toutefois pas une mince affaire. Large d’une quarantaine de kilomètres, ce sont de véritables goulets d’étranglement entre l’océan Atlantique et la mer des Caraïbes. Le passage se fait clandestinement de nuit sur de petites embarcations de pêche.

À la Dominique et à Sainte-Lucie, les dissidents sont attendus par des bureaux de recrutement des FFL. Après des stages de formation militaire aux États-Unis, au Canada ou en Grande-Bretagne, ils rejoignent les rangs des FFL, avec lesquels ils participèrent aux campagnes d’Afrique du Nord, de Normandie et d’Allemagne.

Ainsi, en octobre 1942, est créé le Bataillon Antilles n°1 (BA1), formé aux États-Unis, qui rejoint les forces alliées en Afrique du Nord. Il devient par la suite le Bataillon de Marche des Antilles (BMA1), puis le 21e Groupe antillais de Défense contre avions (GADCA) intégré à la 1ère Division française libre.’

S’étant engagés par patriotisme et attachement aux valeurs républicaines, les dissidents sont, une fois le conflit achevé, soupçonnés de volontés indépendantistes. Un constat qui fait écrire à Eric Jennings que, «sous prétexte que les Antillais ne répondaient pas à la conception d’un résistant en béret faisant sauter des ponts à la veille du Débarquement, et surtout par crainte que le CNR ne serve de plate-forme pour des revendications indépendantistes, Giacobbi donna la consigne de ne pas admettre les Antillais, ni les coloniaux en général, comme des résistants à part entière».

 » Les anciens combattants d’outre-mer ont dû attendre 2011 avant d’être officiellement invités à la commémoration du 18-Juin au Mont-Valérien et aux Invalides

Julien Toureille, historien, dans son article «La Dissidence dans les Antilles françaises: une mémoire à préserver (1945-2011)»

https://la1ere.francetvinfo.fr/martinique/dissidents-antillais-eternels-oublies-histoire-seconde-guerre-mondiale-708033.html

« Jean-Marc Party • Publié le 8 mai 2019 à 07h00 N’y a-t-il pas une forme d’injustice envers les anciens combattants antillais de la Seconde guerre mondiale soient autant ignorés ? Les dissidents, le nom local pour ces résistants, étaient des soldats volontaires pour chasser les nazis de France. Plusieurs milliers de jeunes ont rejoint les Forces françaises libres du général de Gaulle.

Nous connaissons tous chez nous, leur histoire. La traversée du canal de Sainte-Lucie ou de Dominique pour rejoindre ces colonies anglaises. Leur prise en charge par l’armée américaine et un minimum de formation militaire à Fort Dix près de New York. Leur incorporation dans les bataillons antillais de marche n°1 et n°5. Puis leur engagement face l’ennemi sur les fronts de Royan, d’Alsace de Provence ou de Monte Cassino.

Le souvenir du sacrifice des dissidents doit être perpétué

Après un long silence de quatre décennies des autorités militaires, l’engagement des dissidents est enfin reconnu par l’Etat. Lors de son déplacement en Martinique, le président Nicolas Sarkozy a prononcé un discours historique devant le monument aux morts de Fort-de-France le 25 juin 2009.
Il y rappelait que l’insurrection déclenchée le 24 juin 1943 par les militaires du camp de Balata et par plusieurs personnalités politiques, parmi lesquels le maire de Fort-de-France Victor Sévère, avait pour but de restaurer le régime républicain. L’ex-président concluait : « Je veux dire aux Martiniquais et aux Guadeloupéens que l’histoire des dissidents est un exemple pour tous les Français et c’est pourquoi j’ai voulu que leur soit rendu l’hommage de toute la Nation. Je veux dire à ces femmes et à ces hommes que la France n’oublie pas ce qu’elle leur doit ».

Aucune autre initiative forte n’a été prise depuis. Il serait grand temps de perpétuer le sacrifice des dissidents antillais. »

https://tvmag.lefigaro.fr/programme-tv/france-2-celebre-les-resistants-de-martinique_b6e9b61a-06c3-11e6-a628-0f29e352c212/

https://blogs.mediapart.fr/cedric-lepine/blog/170620/la-resistance-contre-vichy-en-martinique-occultee-de-l-histoire-officielle

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