La vie à Jumilhac, en Périgord vert, découverte par les journalistes avec la venue de réfugiés syriens

https://www.slate.fr/story/100819/famille-refugies-syriens-dordogne

« Pascal Merlet, instituteur en CM1–CM2, ne prétend pas non plus comprendre ce qu’ont vécu ces nouveaux élèves. Il constate simplement que ceux qui ont été à l’école ne connaissent que l’alphabet arabe et l’écriture de droite à gauche. D’autres ont été déscolarisés durant leur exil. Il a bien expliqué à sa classe qu’à cause de la guerre, des réfugiés avaient été accueillis au village, mais pour le reste, il reste humble: «Personne ne peut imaginer ce que c’est, la guerre.»

Le premier jour, ce grand homme plein d’assurance, la quarantaine riante, s’est trouvé démuni. Les années précédentes, avec des Anglais ou des Néerlandais, il était parvenu à baragouiner, mais là… Muet devant un petit Syrien qui le regarde avec ses grands yeux noirs, il va à l’essentiel. «Je lui ai mis un feutre dans les mains et je lui ai dit d’écrire les noms de ses nouveaux camarades, phonétiquement, en arabe.» A la fin de la journée, tout le monde est rentré à la maison avec son carton: la glace était brisée.

Même s’il se garde bien d’enquêter sur le passé des élèves, il y a des signes qui ne mentent pas. Au début, les enseignants organisent une visite des locaux avec un traducteur. Un des gamins, l’air inquiet, finit par demander: «Où est l’eau?» Pascal lui montre qu’il suffit d’appuyer sur le bouton au-dessus du robinet pour que l’eau coule: «C’était quelque chose d’important pour lui, alors qu’ici on n’y pense jamais.»

[Ah … on a oublié le temps où on allait puiser l’eau au puits et où on utilisait la couade ! ]

A l’heure du déjeuner, les enseignants se réunissent dans la classe de Céline pour manger et faire un point. Le téléphone n’arrête pas de sonner depuis ce matin. Des parents se déchirent, un petit garçon, pris entre les deux, ne reviendra pas l’après-midi. «Il y a des histoires très difficiles ici, des divorces, des enfants placés… Finalement, à côté de ça, les petits Syriens sont parfois plus faciles», explique la directrice.« 

« C’est en fait l’occasion de faire d’une pierre deux coups.

Un acte sincère de solidarité mais aussi une opportunité unique de faire revivre le village, qui menace de sombrer dans l’oubli.

Yves Congé sait qu’avec l’arrivée d’enfants, il va pouvoir garder son école ouverte, il demande même à recevoir un médecin pour remplacer le généraliste, qui doit prendre sa retraite dans deux ans sans laisser de successeur. »

« Dans ce village de 1.200 habitants, on peut errer une journée sans croiser une âme

mais tout se sait. L’arrivée des Syriens a lieu au lendemain de l’élection municipale et certains ont eu beau jeu de dire que si Yves Congé en avait parlé pendant sa campagne, il n’aurait pas été élu. »

« Michèle Thilos vit en dehors du bourg. Dans sa ferme nichée dans les hauteurs, elle travaille la terre avec sa fille et reçoit quelques visiteurs dans une chambre d’hôtes. Quand un journaliste s’installe chez elle, elle se doute bien que ce n’est pas pour écrire sur la tuberculose de ses vaches. »

[Le journaliste a oublié de dire que c’est à Bourdoux, dans les hauteurs ! à côté de Fouilloux, là ousque on fait des raves, mais pas celles des Limousins, macheraves comme a écrit Rabelais

https://saintyrieixlaperche.wordpress.com/2022/05/08/fouilloux-aux-portes-de-la-correze-et-de-bourdoux-et-sa-rave-party-10-000-nouveaux-habitants-en-une-nuit-sans-doute-des-nouveaux-ruraux/]

« Parmi les six adultes accueillis à Jumilhac se trouvent

un électricien,

un boucher,

une professeure d’anglais,

une psychologue et

un chirurgien.

C’était sur lui, le seul francophone du groupe, qu’Yves Congé fondait ses espoirs de voir revivre le cabinet médical. Mais depuis 2009, la médecine générale est considérée comme une spécialité à part entière. Cela veut dire que même si le chirurgien avait accepté d’abandonner le bloc, il n’aurait pas pu faire de consultations générales. Maher Ashour a donc passé des équivalences pour pouvoir opérer en France et a tout de suite trouvé du travail… à 500 km de Jumilhac »

« Après les leçons, la famille part faire les courses en ville. Il faut environ une heure de route pour rejoindre Périgueux ou Limoges, mais c’est moins cher qu’au village et on y trouve de la viande halal. Dans la voiture, Maher veut mettre de la musique arabe mais Nael, 7 ans, veut écouter Notre-Dame-de-Paris. Il connaît les paroles par cœur. »

« Dans un mois, le contrat de Maher ne sera pas renouvelé. L’hôpital l’a félicité chaleureusement pour son travail, une cinquantaine d’opérations complexes, mais les coupes budgétaires empêchent de poursuivre cette collaboration. Le chirurgien a déjà repris les recherches. Dès que ce sera possible, il rêve d’offrir à sa famille une maison à la campagne et, pourquoi pas, des vacances à la mer. »

Chloé Domat — 27 avril 2015

https://jumilhac.blogspot.com/2016/09/le-grand-secret-de-jumilhac-nantes.html

Combien de ces réfugiés sont encore habitants de Jumilhac ?

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