Le charivari, en Limousin, en Angleterre et ailleurs

« Joué dans la salle Jean Gagnant, Limoges à l’occasion des 90 ans de L’EICOLA DAU BARBICHET,
Vielle coutume, pas seulement Limousine, pratiquée dans de nombreuses régions.

L’École du Barbichet vient à sa façon d’évoquer une
manifestation fréquente autrefois à Limoges et dans la région :
le charivari.
Il s’agit d’un ancien rituel de protestation publique et de dérision
dont étaient victimes des alliances jugées condamnables par
les voisins ou les habitants du quartier.
La plupart du temps, les charivaris s’organisaient de nuit. La
troupe joyeuse se rendait à la maison de la victime à la clarté
des torches et des lanternes. Arrivée sur les lieux, c’était un
tintamarre assourdissant provoqué par des instruments ou des
objets les plus hétéroclites. Généralement, si la personne
subissant cet affront ouvrait sa porte aux charivarieurs en les
régalant de son meilleur vin, ceux-ci se tenaient sages le
lendemain. Si, au contraire, cette personne se fâchait, lâchait
ses chiens, tirait en l’air des coups de feu, prévenait la
gendarmerie, le charivari n’en était alors que plus virulent, la
troupe se rassemblant de nouveau le lendemain et les jours suivants.
Vous retrouverez les paroles des chansons sur: http://www.chanson-limousine.net

https://fr.wikipedia.org/wiki/Charivari_(rituel)

Le charivari du film « Le retour de Martin Guerre »

« Le rituel est attesté dès le XIVe siècle. Il se tient à l’occasion d’un mariage jugé mal assorti (c’est notamment le cas des charivaris organisés lors du mariage d’un homme âgé avec une jeune femme) ou d’un remariage (notamment quand un veuf ou une veuve se remarie trop vite après le décès de son premier conjoint : il s’agit alors d’un rite funéraire dans lequel le bruit est le seul moyen d’expression du défunt1). Le charivari pouvait durer très longtemps, tant que les personnes mises en cause n’acceptaient pas de verser une sorte de rançon, comme au minimum offrir à boire aux participants, et souvent de « courir l’âne » (asoade en Gascogne) : les conjoints devaient enfourcher un âne, la femme dans le bon sens, l’homme à l’envers, tourné vers le derrière et tenant en main la queue de l’animal, en général au moment du carnaval, au milieu de la foule qui les conspuait. Ces rituels effectués, le calme revenait. Si les personnes incriminées refusaient de « courir l’âne », ils étaient remplacés par des comparses qui jouaient leur rôle, mais en ce cas c’est leur position au sein de la communauté qui était gravement compromise. Les autorités interdisaient la pratique du charivari qui troublait l’ordre public. Un usage de substitution, essentiellement plus discret et garantissant l’anonymat des participants, fut alors, en Gascogne, Béarn et Pays basque, la jonchée, qui consistait à unir les domiciles des deux personnes accusées d’adultère par une jonchée de feuillage, de fleurs, de paille ou d’objets hétéroclites. On trouve trace de cette tradition dans le Roman de Fauvel, admonitio (mise en garde pour le roi) composé par Philippe de Vitry durant le XIVe siècle.

Un des charivaris les plus célèbres est celui qui fut organisé par le roi Charles VI, à l’occasion duquel périrent brûlées quatre personnes proches du roi, resté dans l’histoire sous le nom de bal des ardents.

Au XIXe siècle, le folkloriste Jean-François Bladé, dans la préface de ses Contes populaires de la Gascogne2, a raconté en détail un charivari engagé par sa propre nourrice contre un couple dont le mari avait été battu en public par sa femme, et auquel, encore enfant, il avait activement participé3.

Dans le film Le Retour de Martin Guerre de Daniel Vigne, un charivari est mis en scène où les villageois conspuent les personnages principaux car ceux-ci, bien que mariés depuis plusieurs années, n’ont toujours pas d’enfant. La foule se disperse après que le père de l’époux leur jette la rançon, constituée d’une poignée de pièces de monnaie. »

Le charivari chez Molière :

« Le charivari en musique apparaît déjà à l’intérieur d’un divertissement de cour dans Le Ballet du Roy des Festes de Baccus, en 1651. Dans le Mariage forcé, il met en scène quatre musiciens (Lully avec très probablement un violon, et trois des frères Hotteterre, flûtistes). Selon Furetière, le terme désigne « le bruit confus que font les gens du peuple avec des poeles, des bassins & des chaudrons pour faire injure à quelqu’un », et l’on a recours à cette pratique « en dérision des gens d’un âge fort inégal qui se marient ». Plus généralement, il « se dit aussi ironiquement d’une mauvaise musique ».

Rondeau pour le Charivary
Dans la seconde version du Mariage forcé, c’est le trio de Charpentier « La la la bonjour » qui se substitue au charivari original (cf. Oeuvres complètes / Marc-Antoine Charpentier, I, 16 (cahier XV), p. 42).
  • dans le « Ballet de la revente des habits » (1655) :
Deux vieillards épousent deux jeunes filles qui leur apprennent à danser la bourrée, dont tout le quartier, étant averti, leur fait un charivari en les troublant dans leur divertissement.

(IIe Partie, Ve entrée, p. 7)  » source :
http://moliere.paris-sorbonne.fr/base.php?Charivari

Le charivari en Angleterre et ailleurs dans le monde (l’article de Wikipedia en anglais est bien plus complet que celui en français)

https://en.wikipedia.org/wiki/Charivari

Medieval charivari

Depiction of charivari, early 14th century (from the Roman de Fauvel)

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