Les vieux de nos campagnes ne pensent pas à leur perte d’autonomie !

« Si 66 % des personnes âgées de plus de 60 ans admettent être préoccupées par leur état de santé, seules 3 sur 10 indiquent avoir pris des dispositions relatives à une future perte d’autonomie »

http://www.lefigaro.fr/social/2018/11/25/20011-20181125ARTFIG00121-les-seniors-n-anticipent-pas-assez-la-dependance.php

Je suis frappé par le fait que les gens de mon âge ou plus vieux que je rencontre en Périgord/Limousin et qui vivent hors des villes (bon je sais, on dit village quand il n’y a pas 100 000 habitants) font comme s’ils étaient éternels. Alors du jour au lendemain, ils se retrouvent en Ehpad en urgence. Et ça fait une autre vieille ferme, maison à vendre.  (2) Et on n’a pas assez d’Anglais, de Néerlandais pour les acheter. Mais je dois aussi tempérer mon propos par le fait que je connais plusieurs personnes qui ont quitté les communes limitrophes de St-Yrieix (on dit maintenant village, même pour Bellac, sous-préfecture !) pour s’établir down-town comme on dit en bon français chic et disruptif, à St-Yrieix où l’on trouve un scanner, un IRM, un hôpital etc. Ainsi même si la commune de St-Yrieix a perdu des habitants au dernier recensement, elle se maintient encore. Et, chut, ne le répétez pas !, on y a par tête d’habitant, plus de services que dans bien des grandes villes ! et bien plus abordables (et ça fait partie du service !)

Beaucoup de gens vivent dans les campagnes. Il est loin le temps où les campagnes étaient peuplées de gens qui n’avaient pas de voitures ce qui permettait à des sociétés de maintenir des lignes de bus. Mes copains quand ils quittaient la pension du lycée de St-Yrieix prenaient le car. Souvenez-vous des cars Gayou !

Aujourd’hui les vieux ont des voitures. Ils s’en servent souvent pour faire 500 mètres. Mais ils ne pourront pas conduire bien longtemps encore. Ils sont allés au super-marché ou même à l’hyper-marché avec leur voiture à 40 km. Ont délaissé la « supérette » locale (à 5, 8 km). Souvent ont laissé passer le camion du boulanger ou du boucher-charcutier (surtout les Britanniques ou les Néerlandais). L’épicier a abandonné. On comprend qu’il avait des produits qui pouvaient coûter plus cher. Le service n’était pas apprécié puisqu’on pouvait conduire. Et aller au super-marché c’était une balade. Dans les grandes villes, on voit bien des gens aller au café dans les centres commerciaux. Il y a du bruit, de la foule. On comprend que ça change du silence pesant de la nature. Nos jeunes écolos proclamés (dans les faits la plupart ne le sont pas du tout et certainement bien moins que nos parents) quand ils sont dans la nature, se mettent des écouteurs aux oreilles comme en ville. Allez voir la sortie des écoles.

Mes visiteurs me disent « que tes marches sont hautes ! elles ne sont pas aux normes ! » Je leur réponds  » Mais ce sont celles qu’ont utilisé mes arrières-grands-parents. Le jour où je ne pourrai plus les monter et les descendre, ce sera un signe pour arrêter de conduire une voiture !  » Et je ne viendrai plus en Limousin ! (1)

Il semble aussi que les élus n’ont pas conscience de ce qui est en train de se passer. Ou évitent d’en parler. Qui va entretenir la campagne ? Ne savent-ils pas ce que devient un terrain, une maison quand on ne les entretient pas pendant un an ? Si les gens se mettent en jaune à cause du prix du carburant, que vont-ils dire quand il faudra payer un « paysagiste » ?

Les enfants et petits-enfants ont pourtant prévenu : vendez, on n’a pas l’intention de se crever à nettoyer. Car ils voient leurs parents…

Il va falloir augmenter les impôts locaux pour payer l’entretien des campagnes abandonnées. Car vous croyez que la grande majorité de la population qui vivra dans les grandes métropoles acceptera de payer pour les bouseux ? On arrivera bien à bouffer les bovins ou à les refiler à des maisons de retraites pour limousines. On peut bien faire ça. On fera appel à Brigitte Bardot qui a commencé à financer la maison de retraite pour éléphants de Bussière-Galant. Mais pas sûr qu’elle le fera. Les éléphants de Bussière seront des éléphants bien élevés, urbains, des éléphants de cirques. Nos vaches qui pètent et détruisent le climat n’attireront pas la compassion nationale via les « réseaux sociaux ». Je sais, on pourra faire un immense parc animalier. On fera appel à Nicolas Hulot ou à De Rugy. Les gens des villes seront tout heureux de faire des séjours dans la nature. Un séjour en Limousin vaudra une dizaine d’indulgences délivrées par le Haut Conseil pour le Climat, un nouveau machin à plaçous créé par notre président (que vouliez-vous qu’il fit ?). Plus besoin de prendre l’avion pour des destinations lointaines. Ce sera donc super-écolo. On se promènera en voitures solaires inaugurées par l’ambassadrice des pôles et du soleil, notre ancienne gouverneure du Poitou. On les enverra se faire recycler en Afrique par de petites mains. Et on organisera des marches pour la nature. On s’équipera pour ça spécialement chez « Nature et découvertes » ou chez « Décathelon ». Ça ne mange pas de pain. Et ça fait du bien à sa conscience. Et on reviendra dans les villes propres, écolos, durables, connectées, et tout et tout même si des bouseux les ont rejointes, rappelant à beaucoup que leur ancêtres étaient des bouseux qui parlaient un patois qui heureusement a  disparu avec la mort des grands-parents pour laisser la place à une belle langue de bois avec plein d’ingliche que même les Britishs ne comprennent pas.

On devrait penser aux Chinois. Il faut se mettre bien avec les Chinois. « Si tu dois ton pain à un chien, dis-lui « bonjour, monsieur le chien » est un proverbe chinois. La Chine est l’atelier du monde. Et il faut vendre aux riches Chinois le pays de l’arbre et de l’eau. Bon, ne leur dîtes pas que les poissons ont quitté les rivières, que les châtaigniers crèvent. Mais dîtes leur qu’on a des frelons asiatiques. On aime toujours voir des « pays » quand on est à l’étranger !

 

 

(1) L’association des anciens de Darnet, n’a pas résisté aux décès des parents des anciens lycéens. Les maisons ont été vendues. On n’avait plus de parents à venir voir à St-Yrieix… et les lycées post 68, ils ont fait la coupure. Ils sont disruptifs !

(2) Les maisons ne vaudront plus grand chose sur le marché. C’est comme les voitures Diesel dont l’Etat a lancé rapido-presto la dépréciation en disant aux gens (forcément ceux des campagnes car voyez-vous dans les villes, autour et alentour, on roule propre depuis longtemps) d’acheter à la place des voitures écolos (j’aime beaucoup cette expression). fabriquées sans aucun impact sur le climat. Comment financer l’achat d’une voiture avec en partie la vente d’une ancienne qui ne vaut plus rien ? Idem pour les maisons de retraite. Ouf, les vieux ont mis de l’argent de côté ! car dans nos campagnes ce sont des spéculateurs financiers de haute volée. Ils font même des conserves. Ce sont des conservateurs.

 

 

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s