Je me souviens de la méthode de Schafer et de celle de Silvester pour la respiration artificielle

https://www.croixrouge.ca/histoire/objets/-respiration-artificielle-methode-de-schaefer

 » En France, c’est le risque d’accident électrique qui a fait entrer les méthodes de réanimation dans la réglementation française, à la suite des réunions d’une commission créée par les ministères des Travaux publics et de l’Industrie pour fixer les instructions à donner aux agents en cas d’électrocution. Mise en concurrence avec la méthode de Silvester, la méthode de Schafer se trouve officiellement préconisée en France par le décret du 23 janvier 1927, dans les cas d’électrocution19. Elle consiste pour le sauveteur à se placer à califourchon sur les hanches de la victime étendue sur le ventre, bras en avant, tête sur le côté, et à exercer une quinzaine de fois par minute de fortes pressions au niveau des reins. Il est recommandé aux sauveteurs de poursuivre ce geste aussi longtemps que possible, pendant plusieurs heures parfois, jusqu’à ce qu’un médecin déclare la mort de la victime en cas de non réanimation. Elle a pour principal avantage d’être facilement praticable par le plus grand nombre a priori, sans risque de complication, et d’être moins fatigante que la méthode de Silvester. Pratiquée depuis la fin du xixe siècle sur des individus couchés sur le dos, cette dernière nécessite des sauveteurs qu’ils réalisent des tractions énergiques et répétées des bras, ce qui est physiquement éprouvant. La minimisation de l’énergie dépensée apparaît ainsi comme un argument essentiel de l’adoption d’un procédé au détriment d’un autre20. Le médecin-commandant Charles Cot, médecin du régiment des sapeurs-pompiers de Paris, a introduit en France, en 1923, la méthode de Schafer, en la faisant tester par les hommes du rang puis adopter dans le décret de 1927 comme procédé à enseigner et appliquer partout en France, copiant en cela les pays anglo-saxons. En fait, Cot privilégie cette méthode pour des raisons pédagogiques : constatant que les asphyxies au gaz sont de plus en plus nombreuses dans les appartements parisiens21, il doit enseigner en peu de temps un procédé simple à reproduire par les pompiers et gardiens de la paix appelés au secours des victimes22. Par ailleurs, la méthode de Laborde, qui consiste en des tractions rythmées de la langue, est fréquemment utilisée, en complément des deux autres. La fixation du nom et du contenu précis de chacune d’elles fait l’objet de débats et de controverses parmi les autorités médicales et au sein des congrès internationaux de sauvetage, notamment celui qui se tient à Copenhague en 1934. À cette occasion, en effet, le colonel Holger Nielsen présente la méthode qu’il a mise au point pour améliorer celle de Schafer (elle consiste en une compression thoracique avec mouvement des bras) et qui tend à largement s’imposer dans l’enseignement dans les années 1950 en France. Si les autorités valident tel ou tel procédé en raison des résultats d’études comparées, il n’en demeure pas moins que, sur le terrain, les sauveteurs doivent avant tout recourir aux techniques qui leur sont plus familières, pour gagner en efficacité.

  • 23 Docteur Lartigue, « Insuffisance des statistiques relatives aux accidents syncopo-asphyxiques. Modè (…)
  • 24 Pierre Marion et Raymond Deleuze, « Choix d’un procédé de respiration artificielle par manœuvres ex (…)
  • 25 Michel Séclin, Contribution à l’étude des méthodes manuelles de respiration artificielle applicable (…)
  • 26 Vœu adopté à l’unanimité par l’Académie de médecine, le 6 juillet 1954.

7Alors que quinze mille personnes meurent chaque année en France de syncope asphyxique dans les années 195023, la recherche de la meilleure méthode de réanimation doit dépendre tant des caractéristiques physiques et des aptitudes des sauveteurs que du contexte de l’accident. En 1956, Pierre Marion et Raymond Deleuze suggèrent à leurs collègues anesthésistes d’encourager les sauveteurs isolés à recourir au procédé de Silvester, indiquant déjà son rôle dans la stimulation circulatoire : « par de simples compressions dans l’aire cardiaque, il est possible de réaliser de véritables massages indirects du cœur24. » Remise en cause par les découvertes médicales du début des années 195025, qui pointent précisément la supériorité d’un procédé qui agit également sur la circulation sanguine, la méthode de Schafer demeure officiellement recommandée jusqu’en 1978, en dépit du vœu adopté par l’Académie nationale de médecine dès 1954 pour son abrogation26. Le décret de 1927 est alors remplacé par un arrêté qui remet à l’honneur la méthode de Silvester, néanmoins revue, tout en recommandant surtout l’usage du bouche-à-bouche. Entre temps, néanmoins, la création du brevet de moniteur de secourisme en 1964 s’est imposée comme un autre vecteur de standardisation des techniques. »

Si le bouche-à-bouche est une redécouverte, le massage cardiaque externe est une trouvaille ou au moins la normalisation d’un acte qui n’était pas pratiqué jusqu’alors pour lui-même. La réanimation cardiaque relevait exclusivement du domaine des spécialistes, cardiologues et médecins capables d’effectuer un massage cardiaque intra-thoracique : il s’agissait pour ces derniers d’inciser le thorax du malade afin de saisir son cœur et de le palper, lors d’opérations chirurgicales en particulier. Les observations réalisées par les médecins permettent de souligner l’importance de la rapidité d’intervention après l’arrêt cardiaque, afin d’oxygéner le sang. Longtemps, la confusion entre asphyxie et arrêt du cœur persiste : ainsi, les compressions du thorax sont réalisées comme moyens de respiration artificielle plutôt que pour favoriser la circulation50. Pourtant, les frictions et les gestes appliqués lors de la respiration artificielle permettaient de faire un massage cardiaque « sans le savoir ».

  • 51 W. B. Kouwenhoven, J. R. Jude et G. G. Knickerbocker, « Closed-chest cardiac massage », JAMA, 173, (…)
  • 52 Yann Faure, « L’anesthésie française entre reconnaissance et stigmates », Actes de la recherche en (…)
  • 53 Marcel Mauss, « Techniques du corps », Journal de psychologie, vol. 32, 15 mars-15 avril 1936.
  • 54 Pierre-André Delaby, « À propos des appareillages de réanimation », Histoire des sciences médicales(…)

15Comme Safar et Elam pour le bouche-à-bouche, l’ingénieur américain Kouwenhoven est le premier à proposer, en 1960, une analyse de la technique du massage cardiaque externe, rendant possible sa normalisation51. Il réalise vingt réanimations humaines avec succès, obtenues grâce à des massages à la fréquence de soixante par minute, associés au bouche-à-bouche

https://journals.openedition.org/artefact/846

https://fr.wikipedia.org/wiki/Ventilation_artificielle

« 

Les anciennes méthode de ventilation artificielle faisaient fonctionner la cage thoracique comme un soufflet. Elles consistaient à comprimer la poitrine puis à l’étirer, chaque méthode adoptant une position différente (victime plat-dos ou à plat ventre…). Citons à titre d’exemple la méthode Nielsen et la méthode Sylvester.

La méthode Sylvester se faisait en deux temps, la victime étant sur le dos :

  1. tirer les bras au-dessus de la tête de la victime pour faire gonfler sa cage thoracique ;
  2. ramener les avant-bras de la victime sur sa poitrine et appuyer pour la comprimer.

Cette méthode a été abondamment illustrée, notamment dans des dessins humoristiques. Pour la méthode Nielsen, où la victime était à plat-ventre, la tête tournée sur le côté et posée sur les deux mains croisées. Elle consistait en deux temps :

  1. tirer les coudes de la victime vers le haut pour faire se gonfler la poitrine ;
  2. appuyer sur le dos pour la comprimer.

Il existait même des machines effectuant ces manœuvres, par exemple un brancard à bascule sur lequel était sanglée la victime, les balancements provoquant un appui sur la poitrine (machine du docteur Cot, brancard d’Ève).

Ces méthodes ont été totalement abandonnées en raison de leur faible efficacité, du risque d’aggravation des traumatismes et l’impossibilité de mettre en œuvre d’autres gestes.

Cependant, ce principe de thorax-soufflet est néanmoins retenu dans les formations qui montrent la réanimation cardiopulmonaire sans bouche-à-bouche.

La méthode la plus étrange de réanimation était sans doute la fumigation rectale : on recommandait au XVIIIe siècle de souffler de la fumée de tabac dans le rectum des noyés [1

J’ai repensé à ça suite aux évolutions de préconisations pour la Covid-19. Lesquelles m’ont fait penser aux formations de secouriste que j’ai suivies. Tout d’abord plusieurs soirées dans la salle de « perm » du lycée Darnet vers 1963 conduisant à un diplôme de la Protection civile. On ne m’y avait pas enseigné le massage cardiaque, mais on nous avait cité le bouche à bouche (sans pratique). 2 ans plus tard, j’ai découvert le massage cardiaque par le médecin qui accompagnait les pompiers. Je faisais alors sur mon cousin la méthode de Sylvester ou de Shaefer. Ensuite quand j’ai suivi les cours de SST, à chaque révision annuelle (merci ! on devrait faire ça pour le bac !), il y avait modification des consignes, en particulier suite à la guerre du Golf.

Je n’arrive pas à trouver sur la Toile une photo des transformateurs électriques de ma jeunesse avec la plaque représentant la méthode de respiration artificielle préconisée à l’époque.

Si quelqu’un a, merci.

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